Glossaire de la joaillerie

Les mots de la perle, du diamant, des pierres de couleur et de l’atelier, expliqués comme on vous les dirait au comptoir : ce qu’ils veulent dire, et ce qu’ils changent pour vous.

Rédigé et relu par le gemmologue de la Maison, diplômé du GIAMis à jour le 11 octobre 2026425 termes

A

41 termes

Le plus haut échelon de l’échelle commerciale A, AA, AAA que les négociants emploient pour classer les perles de culture : ronde, lustre miroir, surface presque sans marque, nacre épaisse. Cette échelle n’est pas normalisée : chaque vendeur fixe ses propres seuils, et le « AAA » d’une boutique peut valoir le « AA » d’une autre. Seuls un rapport de laboratoire, comme le grade Hanadama du Pearl Science Laboratory pour l’Akoya, ou les sept facteurs du GIA donnent une référence commune. Devant trois lettres, demandez ce qu’elles recouvrent.

Pour aller plus loin : La qualité d’une perle

Agate

Pierres de couleur

Une calcédoine à bandes concentriques ou parallèles, où les couleurs se succèdent comme les cernes d’un bois. Dureté 6,5 à 7 sur l’échelle de Mohs : elle se porte tous les jours sans crainte. Presque toujours taillée en cabochon, en plaque ou en camée, elle est souvent teintée dans le commerce, ce qui doit être déclaré. Sa valeur tient à la netteté et à la régularité de ses bandes plus qu’à sa rareté.

Agate iris

Pierres de couleur

Une agate dont les bandes sont si fines et si serrées qu’elles diffractent la lumière : taillée en lame mince et regardée par transparence, elle s’allume de couleurs d’arc-en-ciel. Le phénomène n’apparaît qu’en lumière traversante, ce qui la destine aux pendentifs et aux pièces ajourées plutôt qu’aux bagues. Une curiosité de collectionneur, rare dans les belles pièces, au prix pourtant raisonnable.

Aigue marine

Pierres de couleur

Le béryl bleu, de la même famille que l’émeraude, coloré par le fer dans une gamme qui va du bleu très pâle au bleu profond dit « Santa Maria », le plus recherché. Dureté 7,5 à 8, sans clivage : une pierre solide, qui se porte tous les jours, presque toujours limpide, souvent taillée en émeraude ou en ovale. La plupart des aigues-marines sont chauffées pour ôter leur nuance verte, traitement stable et admis. Le Brésil en est la source principale ; c’est la pierre de naissance de mars.

Ajustement de bague

Mesures et certificats

Toute intervention qui adapte une bague au doigt : la remise à taille, qui ajoute ou retire du métal, mais aussi de petites billes de confort soudées à l’intérieur de l’anneau pour une articulation forte et un doigt fin, ou un ressort intérieur sur une bague ancienne qu’on ne veut pas couper. La Maison offre la première remise à taille dans les trente jours. On ajuste après avoir porté la bague quelques jours, à des heures et des températures différentes, jamais sur une seule impression.

Albâtre

Pierres de couleur

Un gypse massif à grain très fin, blanc et translucide quand il est pur, que l’on tourne et sculpte depuis l’Antiquité ; la Toscane, autour de Volterra, en reste le centre. Dureté 2 sur l’échelle de Mohs : l’ongle le raye, l’eau l’attaque. Il n’a donc pas sa place dans un bijou porté, mais règne sur les objets, lampes et coupes. Ne pas le confondre avec l’albâtre calcaire des Anciens, un peu plus dur.

Alexandrite

Pierres de couleur

Le chrysobéryl qui change de couleur : vert à la lumière du jour, rouge framboise à la lumière d’une bougie ou d’une ampoule. Le chrome en est responsable. Découverte dans l’Oural dans les années 1830 et nommée d’après le futur tsar Alexandre II, elle est aujourd’hui parmi les gemmes les plus rares, extraite surtout au Brésil et au Sri Lanka. Dureté 8,5 : elle se porte tous les jours. Sa valeur se juge à la netteté du changement, du vert au rouge, plus qu’à sa taille.

Alliage

Métaux et finitions

Le mélange de l’or pur, trop tendre pour un bijou, avec d’autres métaux qui lui donnent sa tenue et sa couleur : argent et cuivre pour le jaune, cuivre pour le rose, palladium pour le blanc. À 750 ‰, l’alliage représente le quart du métal.

Alliance

Bijoux et fermoirs

L’anneau échangé le jour du mariage, porté à l’annulaire gauche en France. Lisse, en or 750 ‰ ou en platine, ou sertie de diamants sur une partie ou sur tout le tour. On la garde chaque jour sans l’enlever : un profil confortable à l’intérieur et un serti qui n’accroche pas comptent plus que tout. Elle se choisit le plus souvent assortie à la bague de fiançailles, avec laquelle elle se porte côte à côte.

Alliance de mariage

Bijoux et fermoirs

L’anneau échangé pendant la cérémonie, porté ensuite chaque jour de la vie. Sa forme sans début ni fin dit la promesse ; en France, il se porte à l’annulaire gauche, souvent sous la bague de fiançailles. Lisse, en or 750 ‰ ou en platine, il traverse les décennies et se ravive d’un simple polissage ; serti de diamants, il devient une alliance éternité. Le confort compte plus que tout : un intérieur plat ou bombé ne se porte pas de la même manière, et seul l’essai sur le doigt tranche.

Alliance éternité

Bijoux et fermoirs

Une alliance sertie de diamants sur tout son tour, sans début ni fin, en serti rail ou en serti grain. Elle est offerte pour un anniversaire de mariage ou une naissance, et se porte contre l’alliance lisse. Sa beauté a un revers : un anneau pavé en totalité ne se remet pas à taille sans casser le rythme des pierres, et il faut donc choisir sa taille avec le plus grand soin. La demi-éternité, sertie sur la moitié visible, garde la même ligne et se retouche sans difficulté.

Almandin

Pierres de couleur

Le plus répandu des grenats, riche en fer, d’un rouge sombre tirant sur le violet. Dureté 7 à 7,5 : il se porte sans souci au quotidien. Taillé en cabochon creusé pour l’éclaircir ou à facettes dans les pierres claires, il est la matière du grenat de Perpignan, bijou traditionnel du Roussillon monté sur or et paillon. Une pierre de couleur abordable, dont la valeur dépend de sa transparence et de sa clarté.

Amazonite

Pierres de couleur

Un feldspath vert d’eau à bleu-vert, opaque à translucide, souvent parcouru de fines veines blanches. Son nom vient de l’Amazone, où l’on n’en a pourtant jamais trouvé ; les gisements sont au Colorado, en Russie et à Madagascar. Dureté 6 à 6,5, avec un clivage net : elle se porte en pendentif, en boucles ou en perles enfilées plutôt qu’en bague de tous les jours. Une pierre ornementale, à prix doux.

Ambre

Pierres de couleur

Une résine d’arbres fossilisée depuis des dizaines de millions d’années, jaune miel à brun, parfois habitée d’un insecte pris au piège. Chaude au toucher, si légère qu’elle flotte dans l’eau salée, elle se charge d’électricité statique quand on la frotte : son nom grec, êlektron, a donné le mot électricité. Dureté 2 à 2,5 : elle se raye, craint la chaleur et les parfums. À porter avec douceur, en collier ou en pendentif. La Baltique en fournit l’essentiel.

Améthyste

Pierres de couleur

Le quartz violet, du lilas pâle au pourpre profond aux reflets rouges, la plus estimée des variétés de quartz. Dureté 7 : elle se porte tous les jours, en évitant le plein soleil prolongé qui peut la pâlir. Son nom grec, « qui n’est pas ivre », rappelle qu’on la croyait un remède contre l’ivresse. Le Brésil, l’Uruguay et la Zambie en produisent de belles pierres à des prix accessibles ; chauffée, elle devient citrine. Pierre de naissance de février.

Amétrine

Pierres de couleur

Un quartz qui réunit dans un même cristal le violet de l’améthyste et le jaune de la citrine, séparés par une frontière nette. Presque toute la production vient de la mine d’Anahí, en Bolivie. Dureté 7 : elle se porte tous les jours. Le lapidaire la taille pour montrer les deux couleurs de part et d’autre de la table ; sa valeur tient à leur contraste et à la netteté de la limite.

Amorphe

Pierres de couleur

Se dit d’une matière sans structure cristalline, dont les atomes ne sont pas rangés en réseau : le verre, l’opale, l’ambre ou le jais. Faute de réseau, ces matières n’ont ni clivage ni pléochroïsme, et se cassent en surfaces courbes, dites conchoïdales. Pour vous, cela signifie surtout une pierre plus tendre et plus sensible aux chocs et à la chaleur que les gemmes cristallisées.

Amphibole

Pierres de couleur

Une grande famille de silicates de magnésium, de calcium et de fer, aux cristaux allongés ou fibreux. Deux d’entre eux comptent en joaillerie : la néphrite, l’un des deux jades, faite d’amphiboles enchevêtrées si serrées qu’elle est presque incassable ; et la crocidolite, dont les fibres remplacées par du quartz donnent l’œil de tigre. Le mot vient du grec « ambigu », tant ces minéraux se ressemblent.

Andalousite

Pierres de couleur

Un silicate d’aluminium au pléochroïsme rare : la même pierre passe du vert olive au brun roux et au rose selon l’angle de vue, et une taille bien orientée montre ces couleurs à la fois. Dureté 7 à 7,5 : elle se porte au quotidien. Nommée d’après l’Andalousie, extraite surtout au Brésil et au Sri Lanka, elle reste méconnue et donc abordable. Sa variété chiastolite, opaque, dessine une croix noire en coupe.

Anneau

Bijoux et fermoirs

Le cercle de métal qui entoure le doigt, et la partie d’une bague qui porte sa monture. C’est l’anneau que l’on mesure pour la taille, tour intérieur en millimètres, et lui que l’atelier ouvre pour une remise à taille. Sa largeur change la sensation au doigt : un anneau large se porte une demi-taille au-dessus. Porté seul, il devient alliance ou jonc, la forme la plus ancienne du bijou.

La tradition associe une matière à chaque année de mariage, et les gemmes marquent les grandes étapes. En France : les noces de perle pour 30 ans, de rubis pour 35, d’émeraude pour 40, d’or pour 50, de diamant pour 60, de platine pour 70. La liste anglo-saxonne diffère un peu : rubis à 40 ans, saphir à 45, émeraude à 55, diamant aussi pour les 10 ans. Une occasion de choisir un bijou qui a un sens, rang de perles ou bague à pierre de couleur.

Apatite

Pierres de couleur

Un phosphate de calcium qui offre des bleus néon, des verts et des jaunes d’une transparence lumineuse, et parfois un effet œil-de-chat. Avec une dureté de 5 sur l’échelle de Mohs, elle se raye à la poussière et n’est pas faite pour une bague de tous les jours : on la réserve aux pendentifs et aux boucles d’oreilles, loin des chocs. Sa nuance bleu-vert la plus vive est parfois vendue sous le nom de la tourmaline Paraïba, qu’elle imite sans en avoir la dureté ni la rareté.

Aragonite

Perles

Une forme cristallisée du carbonate de calcium, celle-là même que l’huître dépose pour faire sa nacre : des milliers de plaquettes microscopiques, empilées comme des briques et liées par la conchioline. C’est cet empilement qui diffracte la lumière et donne à la perle son lustre et son orient. Comme minéral isolé, l’aragonite est tendre et n’entre pas en joaillerie ; dans la perle, elle fait tout.

Argent

Métaux et finitions

Le métal blanc et brillant, de symbole Ag, le plus abordable des métaux précieux. En bijouterie, il est allié à 925 ‰, l’« argent sterling », le cuivre lui donnant la tenue que l’argent pur n’a pas. Il noircit au contact du soufre de l’air et de la peau : ce ternissement part au chiffon, mais revient. Plus tendre que l’or, il se raye et se déforme davantage ; c’est pourquoi la joaillerie de perles et de diamants lui préfère l’or 750 ‰ et le platine, qui ne ternissent pas.

Argent 925

Métaux et finitions

L’argent de bijouterie, dit sterling : 925 ‰ d’argent pur allié à 75 ‰ de cuivre, qui lui donne sa tenue. En France, il porte le poinçon à la tête de Minerve. Blanc et lumineux, il est moins dur et moins précieux que l’or ou le platine, et il noircit à l’air et au soufre : un chiffon doux lui rend son éclat. C’est le métal des bijoux d’argent et le support du vermeil ; la joaillerie de perles et de diamants lui préfère l’or 750 ‰ et le platine.

La mine de diamants de la région du Kimberley, dans le nord-ouest de l’Australie, exploitée de 1983 à sa fermeture en 2020. Elle fut longtemps la première mine du monde en volume, mais sa renommée tient à une part infime de sa production : les diamants roses et rouges, dont elle fournissait l’essentiel de l’offre mondiale. Depuis la fermeture, aucun gisement ne les remplace, et un rose d’Argyle certifié se négocie comme une pièce de collection.

L’étape de la taille qui donne au brut sa silhouette ronde, en usant un diamant contre un autre sur un tour : seul le diamant peut entamer le diamant. On l’appelle aussi débrutage. C’est elle qui dessine le rondiste ; un rondiste régulier et bien centré est la première condition d’une coupe Excellent.

Asscher

Tailles et formes

Un diamant Asscher se reconnaît d’en haut : un carré presque octogonal, une petite table, et des facettes qui descendent en marches concentriques vers le centre, comme un escalier vu du ciel. Il brille moins qu’un brillant, mais avec une profondeur et un calme qui font sa signature Art déco. Il se monte souvent seul, en serti clos ou à quatre griffes sur les angles, et exige une pierre nette, car il cache peu.

L’accord entre les perles d’un même bijou, rang, paire de boucles ou parure : même taille ou dégradé régulier, même forme, même couleur et même nuance, même lustre, même qualité de surface. C’est le septième facteur de valeur du GIA et, pour un collier, l’un des plus coûteux, car il faut trier des milliers de perles pour en assortir quelques dizaines, davantage encore pour un double rang ou une paire de Tahiti. Un rang bien assorti se lit d’un coup d’œil : le regard glisse sans s’arrêter sur aucune perle.

Pour aller plus loin : La qualité d’une perle

Assurance (valeur)

Mesures et certificats

La valeur à laquelle un bijou est déclaré à son assureur, en général sa valeur de remplacement à neuf, celle qu’il faudrait débourser pour refaire la même pièce aujourd’hui. Elle s’appuie sur la facture, le certificat d’authenticité de la Maison et, pour un diamant de 0,30 ct et plus, sur le rapport GIA, qui décrivent le bijou pierre par pierre. Les cours des métaux et des gemmes bougent : on fait actualiser cette valeur de temps en temps, et l’on conserve photos et documents hors du coffre.

Astérisme

Pierres de couleur

L’étoile de lumière à six branches, parfois quatre ou douze, qui court à la surface d’un cabochon quand on le tourne sous une lumière ponctuelle. Elle naît de fines aiguilles de rutile orientées selon trois directions dans le cristal, et n’apparaît qu’en cabochon, l’axe bien centré. Le saphir et le rubis étoilés en sont les exemples classiques ; le diopside noir donne quatre branches. On juge une étoile à sa netteté, à son centrage et à la couleur du fond ; elle est plus belle au soleil qu’en lumière diffuse.

Atelier de joaillerie

Bijoux et fermoirs

L’endroit où un bijou prend corps, et où se succèdent des métiers distincts : le dessinateur, le joaillier qui monte le métal, le sertisseur qui fixe les pierres, le polisseur qui donne l’éclat final. Une même pièce passe par plusieurs mains avant le contrôle et le poinçonnage. C’est aussi là que reviennent les bijoux pour une remise à taille, un rhodiage ou une vérification des griffes : un atelier n’est pas seulement un lieu de création, c’est celui qui entretient un bijou toute sa vie.

Aurore boréale (effet)

Pierres de couleur

Un revêtement irisé déposé sur des cristaux de verre taillés, mis au point par Swarovski dans les années 1950 et rendu célèbre par Christian Dior : la surface décompose la lumière en reflets pastel changeants. Il s’agit d’un traitement de surface propre à la bijouterie fantaisie, absent de la joaillerie. Par image, le mot désigne parfois l’irisation naturelle d’une perle ou d’une opale, qui, elle, vient de la matière et ne s’use pas.

La perle des mers du Sud élevée dans les eaux du nord-ouest australien, dans la grande huître à lèvres argentées Pinctada maxima. Blanche à reflet argenté, parfois légèrement rosé, elle est, avec sa cousine dorée des Philippines, la plus grande des perles de culture et la plus épaisse en nacre, ce qui lui vaut un lustre doux, presque satiné, très différent du miroir de l’Akoya. Sa taille et ses années d’élevage en font la plus coûteuse des perles blanches ; une seule, en pendentif, suffit à habiller.

Authentification

Mesures et certificats

L’examen qui établit ce qu’est réellement une gemme ou une perle : naturelle, de culture ou synthétique, traitée ou non, et parfois son origine géographique. Un laboratoire y répond par des mesures optiques et spectrales, sans donner d’avis sur la beauté ni le prix. C’est ce que garantit un rapport de laboratoire, et ce que le certificat de la Maison, établi par un gemmologue diplômé du GIA, atteste pour chaque bijou. L’authentification protège l’acheteur, l’assureur et, le jour venu, l’héritier.

Aventurescence

Pierres de couleur

Un scintillement métallique qui vient de l’intérieur de la pierre : de fines paillettes incluses, mica vert dans l’aventurine, hématite ou cuivre dans la pierre de soleil, cuivre dans le verre aventuriné, renvoient chacune un éclat. L’effet se voit mieux en cabochon ou en perle qu’à facettes. Il varie d’une pierre à l’autre : choisissez à l’œil, en la faisant tourner sous la lumière.

Aventurine

Pierres de couleur

Un quartz le plus souvent vert, opaque à translucide, semé de paillettes de mica qui le font scintiller quand on le tourne. Dureté 7 : elle se porte tous les jours, en cabochon, en perles ou en objets. Elle doit son nom au verre aventuriné de Murano, imitation née par hasard, « à l’aventure », avant que la pierre naturelle ne lui emprunte son nom. Ne confondez pas les deux : le verre est plus brillant, plus uniforme et moins dur.

Axe optique

Pierres de couleur

Dans un cristal, la direction selon laquelle la lumière traverse sans se dédoubler. Corindon, béryl, quartz et tourmaline en ont un ; topaze, péridot et chrysobéryl en ont deux. Cela compte pour vous : la couleur d’un rubis ou d’un saphir change selon l’axe, et le lapidaire oriente la table par rapport à cet axe pour montrer la teinte la plus pure. C’est aussi ce qui explique le pléochroïsme et permet d’identifier une pierre au polariscope.

Azurite

Pierres de couleur

Un carbonate de cuivre d’un bleu profond, presque toujours mêlé de malachite verte dans la même pierre. Dureté 3,5 à 4 : elle se raye facilement, craint l’eau et la chaleur, et ne convient qu’aux pendentifs, broches et boucles d’oreilles, jamais à une bague de tous les jours. Pilée, elle fut le bleu des peintres du Moyen Âge à la Renaissance. Sa valeur tient à l’intensité du bleu et au dessin de ses zones.

B

24 termes

Bague

Bijoux et fermoirs

Un anneau porté au doigt, avec ou sans chaton pour recevoir une pierre ou une perle. Le plus ancien des bijoux et le plus exposé : la main frappe, frotte, se lave, et une bague vit ce que ne vit aucun collier. Le choix du métal, du serti et de la hauteur de monture décide donc de son confort et de sa longévité. Elle se mesure au tour de doigt en millimètres ; une bague bien ajustée passe l’articulation avec un léger effort et tourne à peine.

Bague de fiançailles

Bijoux et fermoirs

La bague offerte pour la demande, portée à l’annulaire gauche, où les Romains croyaient qu’une veine menait droit au cœur. Le diamant solitaire en est le modèle depuis le XVᵉ siècle, mais une perle, un saphir ou une trilogie racontent aussi bien l’histoire. Elle se porte tous les jours, souvent pendant des décennies : un serti solide, une monture pas trop haute et un diamant accompagné de son rapport GIA à partir de 0,30 ct sont les trois choses à regarder avant le reste.

Bague diamant

Bijoux et fermoirs

Toute bague dont le diamant fait le sujet : solitaire, halo, trilogie, pavage ou rivière selon le serti. Elle se monte en or 750 ‰ ou en platine, l’or blanc et le platine laissant à la pierre sa blancheur. Le choix se fait dans l’ordre des 4 C, la coupe d’abord ; à partir de 0,30 ct, la pierre est accompagnée de son rapport GIA.

Bague homme

Bijoux et fermoirs

Une bague pensée pour la main masculine : anneau plus large, dessin plus sobre, métal plus présent que la pierre. La chevalière, l’alliance plate ou bombée et le jonc serti d’une perle de Tahiti grise en sont les formes classiques. L’or 750 ‰ ou le platine résistent aux poignées de main et aux outils ; une finition brossée ou martelée cache les rayures mieux qu’un poli miroir. Les tailles vont souvent au-delà de 60, et la largeur de l’anneau demande une demi-taille de plus.

Baguette (taille)

Tailles et formes

Une petite taille rectangulaire à degrés, sans pointe, utilisée en accompagnement ou alignée en rail. Nette et architecturale, elle souligne une ligne plutôt qu’elle ne scintille.

Baguier

Mesures et certificats

L’outil qui mesure le tour de doigt, en anneaux gradués ou en réglette à imprimer. En France, la taille d’une bague est son tour intérieur en millimètres : une 52 fait 52 mm de circonférence. Mesurer en fin de journée, quand le doigt est le plus large.

Pour aller plus loin : Le baguier

Une perle de forme libre et irrégulière : aucune ne ressemble à une autre. Ses creux accrochent la lumière et donnent souvent un lustre très vif. C’est la perle de caractère, à prix plus doux que la ronde.

Bélière

Bijoux et fermoirs

L’anneau ou l’étrier par lequel un pendentif se suspend à sa chaîne. Fixe ou articulée, lisse ou striée, elle fait partie du dessin du pendentif et décide de sa tenue sur la chaîne.

Béryl

Pierres de couleur

Un silicate de béryllium et d’aluminium, incolore quand il est pur, dont les traces de métaux font une famille de gemmes : l’émeraude par le chrome, l’aigue-marine par le fer, la morganite par le manganèse, l’héliodore jaune, la goshénite incolore. Dureté 7,5 à 8, cristaux hexagonaux, sans clivage marqué : tous se portent au quotidien, l’émeraude exceptée, que ses inclusions rendent plus fragile. Une même famille, des prix sans commune mesure.

Bezel

Tailles et formes

L’une des huit grandes facettes en losange de la couronne d’un brillant, entre la table et le rondiste. La nomenclature française distingue les quatre bezels des quatre coins, de même forme mais placés en alternance. Ce sont elles qui renvoient les larges éclairs de lumière blanche ; leur angle décide du partage entre brillance et feux. À ne pas confondre avec le serti clos, dit bezel setting en anglais.

Bijou

Bijoux et fermoirs

Un objet d’ornement que l’on porte sur soi : bague, collier, bracelet, boucles d’oreilles, broche. Le mot couvre tout, du bijou fantaisie au joyau ; la joaillerie en désigne la part faite d’or ou de platine et de gemmes. Un bijou se choisit pour ce qu’il dit et pour ce qu’il dure : les matières précieuses se réparent, se polissent et se transmettent, là où les alliages fantaisie ternissent.

Biwa

Perles

Le plus grand lac du Japon, près de Kyoto, et le berceau de la perle d’eau douce de culture : c’est là que, dans les années 1920, on obtint les premières perles de moule sans nucléus, greffées avec un simple fragment de manteau. Ses perles allongées, au lustre soyeux et aux teintes ivoire, rose ou lavande, firent la réputation du nom au point qu’on l’a appliqué, à tort, à toutes les perles d’eau douce. La pollution du lac a presque éteint la production à la fin du XXᵉ siècle.

Une perle qui s’est formée contre la paroi intérieure de la coquille et non dans les chairs du mollusque : elle reste soudée à la nacre du coquillage, comme une cloque, d’où son nom anglais. Naturelle, elle est un accident de croissance ; provoquée par le perliculteur, qui colle un demi-noyau sous le manteau, elle donne la mabé. Sciée avec son socle de coquille, elle offre une grande surface bombée pour un prix contenu, mais son dos plat la réserve aux pendentifs, aux bagues et aux boucles d’oreilles.

Bombé

Bijoux et fermoirs

Un profil convexe, en dôme, qui donne du volume à une bague ou à une boucle d’oreille sans en alourdir le poids, l’intérieur étant évidé. La bague bombée, lisse ou pavée de diamants, est un classique des années 1950 revenu au goût du jour ; elle habille la main d’un seul geste. Ce dessin galbé ne s’accroche pas et se porte facilement tous les jours ; son poli demande à être ravivé de temps en temps.

Boucle d'oreille

Bijoux et fermoirs

Le bijou de l’oreille, porté depuis l’Antiquité et décliné en quatre familles : la puce, collée au lobe ; la créole, en anneau ; le pendant, qui se balance ; la dormeuse, fermée par une charnière. Une perle d’Akoya ou de Tahiti y prend toute sa lumière, près du visage, et se porte jour et nuit. Le système de fermeture compte autant que le dessin : poussette pour la légèreté, alpa ou dormeuse pour la sécurité d’une pièce de valeur.

Bracelet

Bijoux et fermoirs

Le bijou du poignet, souple ou rigide : chaîne, jonc, manchette, rivière de diamants ou rang de perles. Il vit près des tables et des claviers, et c’est le bijou qui s’accroche le plus : un fermoir sûr, une chaîne de sécurité et des perles enfilées sur soie nouée entre chaque perle lui assurent une longue vie. La bonne longueur laisse passer un doigt entre le bracelet et le poignet, ni plus ni moins.

Un rang court de perles nouées, fermé au poignet par un fermoir. C’est le bijou de perles le plus exposé : le poignet frotte sur le bureau et la table, et la nacre, tendre, s’use plus vite qu’au cou. On le choisit donc avec une nacre épaisse, Akoya, Tahiti ou mers du Sud, et un fermoir sûr, à boîte ou à sécurité. Le mettre en dernier et l’ôter en premier, l’essuyer le soir : porté ainsi, il se refait comme un collier, à intervalles plus courts.

Brèche

Pierres de couleur

Une roche faite de fragments anguleux d’une ou de plusieurs pierres, ressoudés par un ciment minéral, souvent d’une autre couleur. Certaines brèches, de jaspe ou de marbre, sont assez dures et assez belles pour être polies en cabochon, en plaque ou en objet. Elles restent des pierres ornementales : chaque morceau est unique, et la valeur se juge à l’œil, au contraste et à la netteté du poli.

Brillance

Diamants

La lumière blanche qu’un diamant renvoie vers l’œil, celle qui lui donne son éclat au premier regard. Elle dépend presque entièrement de la coupe : entrée par la table, la lumière doit rebondir sur les facettes de la culasse et ressortir par la couronne. Une culasse trop profonde ou trop plate la laisse fuir par le fond. C’est pourquoi une coupe Excellent, à couleur et pureté égales, fait un diamant visiblement plus vif.

Brillant (taille)

Tailles et formes

La taille ronde de référence, 57 facettes calculées pour renvoyer le maximum de lumière, mise au point par Marcel Tolkowsky en 1919. C’est la taille qui fait le plus scintiller un diamant et celle de la plupart des solitaires.

Brillanter

Diamants

La dernière étape de la taille d’un brillant : après la mise en croix et la mise en huit, le diamantaire pose les quarante petites facettes restantes, huit étoiles autour de la table et trente-deux halefis le long du rondiste. C’est le brillantage qui donne au diamant son scintillement ; il demande la main la plus sûre, chaque facette devant rejoindre exactement ses voisines.

Broche

Bijoux et fermoirs

Un bijou qui s’épingle sur un vêtement, un revers, un chapeau ou un chignon, tenu par une aiguille et un fermoir à rouleau ou à crochet. Longtemps le premier bijou de la garde-robe, elle revient sur les vestes masculines comme sur les robes du soir, en or ajouré, en perles ou en diamants. On vérifie que l’aiguille est droite et que le fermoir tourne franchement ; une broche lourde se pique dans une étoffe qui la supporte, ou se double d’une chaînette de sécurité.

C

45 termes

Cabochon

Tailles et formes

Une pierre polie en dôme, sans facettes, le dos plat ou légèrement bombé. C’est la taille la plus ancienne et celle des pierres opaques ou translucides, lapis, turquoise, jade, opale, comme des pierres à effet : l’étoile d’un saphir ou l’œil de chat d’un chrysobéryl n’apparaissent qu’en cabochon, correctement orienté. Sur une pierre transparente, le cabochon donne une couleur profonde et douce plutôt que du scintillement.

Calcédoine

Pierres de couleur

Un quartz à cristaux si fins qu’on ne les distingue pas, formant une masse translucide et cireuse. Dureté 6,5 à 7 : elle se porte tous les jours. Ses variétés se distinguent par la couleur et le dessin : cornaline orange-rouge, chrysoprase vert pomme, héliotrope vert taché de rouge, onyx noir, agate rubanée. La calcédoine bleue pâle, sans dessin, est recherchée en cabochon et en perles. Elle est souvent teintée, ce qui doit être dit.

Calibre

Mesures et certificats

L’instrument qui mesure une pierre ou un anneau : jauge à coulisse au dixième de millimètre pour le diamètre d’un diamant, plaque percée de trous croissants pour l’estimer sans balance, triboulet gradué pour un anneau. Par extension, le calibre d’une pierre est sa dimension : des pierres « calibrées » ont toutes exactement la même, ce qu’exigent le pavage et le serti rail.

Calibrer

Tailles et formes

Tailler ou retailler des petites pierres à des dimensions rigoureusement identiques, au dixième de millimètre, pour qu’elles s’alignent sans jour dans un pavage, un serti rail ou un serti invisible. Le lapidaire les trie ensuite par couleur et par pureté, afin que l’œil ne distingue aucune pierre de sa voisine. Un travail invisible quand il est bien fait, et qui explique une part du prix d’un bijou entièrement pavé.

Camée

Bijoux et fermoirs

Un portrait ou une scène sculptés en relief dans une pierre ou un coquillage à couches de couleurs différentes, le motif clair se détachant sur le fond sombre. L’agate et la sardoine donnent les camées de pierre, le coquillage ceux des ateliers de Torre del Greco, en Italie. C’est l’inverse de l’intaille, gravée en creux. Monté en broche, en bague ou en pendentif, le camée de coquille est tendre et se raye : on le nettoie à sec et on le range à l’abri des autres bijoux.

Carat

Mesures et certificats

L’unité de poids des gemmes : 1 carat = 0,20 g, divisé en 100 points. Un diamant de 0,10 ct se dit « dix points ». Pour un rond brillant, 0,50 ct fait environ 5,1 mm et 1 ct environ 6,5 mm. Ne pas confondre avec le carat de l’or, qui mesure une pureté.

Pour aller plus loin : Les 4 C du diamant

Carat total

Mesures et certificats

Le poids cumulé de toutes les pierres d’un bijou, pierre principale et accompagnement compris. Un « 1 carat total » sur un pavage n’a pas la valeur d’un solitaire de 1 carat : dix petites pierres coûtent bien moins qu’une seule grande.

Carbonado

Diamants

Un diamant noir naturel formé d’une multitude de microcristaux soudés, opaque et poreux, que l’on trouve au Brésil et en Centrafrique. Trop dur et trop irrégulier pour être taillé en facettes nettes, il a longtemps servi d’abrasif. Sa formation reste discutée, certains géologues lui prêtant une origine extraterrestre. Les diamants noirs de joaillerie sont d’autres pierres : des diamants à inclusions sombres, ou traités pour noircir.

Carborundum

Mesures et certificats

Le nom industriel du carbure de silicium, un abrasif synthétique d’une dureté de 9 à 9,5 sur l’échelle de Mohs, juste sous le diamant. Les lapidaires et les polisseurs l’utilisent en poudres, meules et papiers pour dégrossir les métaux et tailler les pierres qu’il dépasse en dureté. Le même composé existe, rarissime, à l’état naturel sous le nom de moissanite ; sa version cultivée en laboratoire est aujourd’hui une pierre à part entière, à ne pas confondre avec le diamant.

Ceylan

Pierres de couleur

L’ancien nom du Sri Lanka, source historique des saphirs bleus de joaillerie depuis l’Antiquité. Le saphir de Ceylan est réputé pour un bleu lumineux, jamais sombre, qui garde sa lumière le soir.

Voir aussiSaphirBirmanie
Pour aller plus loin : Le saphir

Chaîne

Bijoux et fermoirs

Une suite de maillons articulés, portée seule au cou ou au poignet, ou pour suspendre un pendentif. Le dessin de la maille fait sa personnalité : forçat pour la discrétion, vénitienne pour la tenue, gourmette pour le caractère, jaseron pour la finesse. Une chaîne se juge à la régularité de ses maillons et à la propreté de ses soudures, invisibles à l’œil ; sa solidité tient d’abord au fermoir et à la bélière. L’or 750 ‰ ne ternit pas et un polissage lui rend son éclat.

Chaîne de sécurité

Bijoux et fermoirs

Une chaînette fine, fixée de part et d’autre du fermoir d’un bracelet ou reliant une broche au vêtement, qui retient le bijou si le fermoir s’ouvre. Elle ne remplace pas un bon fermoir, elle lui donne une seconde chance : le bracelet pend au poignet au lieu de tomber. Sur une pièce lourde ou pavée, un jonc articulé ou un bracelet de perles, elle est l’assurance la plus simple et la moins chère qui soit. L’atelier l’ajoute sur presque tous les bracelets, y compris anciens.

Chaîne maille gourmette

Bijoux et fermoirs

Une chaîne de cou dont les maillons, tordus et aplatis, reposent à plat et brillent comme un ruban continu. Fine, elle porte une perle ou un pendentif ; large et lourde, elle se porte seule, sur la peau ou sur un col, et c’est la chaîne masculine la plus demandée. Sa surface plate prend bien la lumière et se raye aussi bien, ce qu’un polissage corrige. On la choisit pleine plutôt que creuse, et l’on vérifie que le fermoir est de la même force que la maille.

Champlevé

Métaux et finitions

Une technique d’émaillage où le joaillier creuse d’abord des alvéoles dans l’épaisseur du métal, puis les remplit d’émail cuit au four et polit l’ensemble à fleur de surface. Les cloisons qui séparent les couleurs sont donc taillées dans la masse, contrairement au cloisonné, dont elles sont rapportées et soudées. L’émail champlevé, célèbre à Limoges dès le Moyen Âge, donne des aplats de couleur profonds et durables ; comme tout émail, il craint les chocs plus que l’usure.

Changement de couleur

Pierres de couleur

La faculté d’une pierre à montrer une couleur nettement différente selon la source de lumière : verte au jour, rouge sous une lampe à incandescence ou une bougie pour l’alexandrite, la référence ; bleue puis pourpre pour certains saphirs et grenats. L’effet vient de la façon dont la pierre absorbe la lumière du jour, riche en bleu, et celle d’une flamme, riche en rouge. Ne pas le confondre avec le pléochroïsme, qui dépend de l’angle. La valeur se juge à la franchise du changement.

Chaton

Sertis

La tête d’une bague : la partie montée sur l’anneau qui reçoit et retient la pierre ou la perle, par des griffes, un ruban clos ou des grains. Par extension, le mot désigne l’ensemble formé par le serti et sa pierre. Sa hauteur décide du confort et de la lumière : un chaton bas se glisse sous un gant et ne s’accroche à rien, un chaton haut laisse la lumière traverser un diamant de toutes parts. C’est lui que l’atelier vérifie en priorité à chaque nettoyage.

Chatoyance

Pierres de couleur

Une bande de lumière fine et mobile qui traverse un cabochon, comme la pupille d’un chat, née de fines inclusions parallèles qui réfléchissent la lumière. Le chrysobéryl œil-de-chat en est la référence ; l’œil de tigre, certaines tourmalines et quelques saphirs la montrent aussi. La bande doit être nette, centrée et se déplacer quand la pierre tourne : c’est ce que l’on regarde, avant la couleur.

Chauffe (saphir, rubis)

Pierres de couleur

Le traitement le plus ancien et le plus courant du corindon : chauffer la pierre à haute température pour aviver sa couleur, dissoudre le voile de soie qui la troublait et améliorer sa transparence. La chauffe est stable, définitive et admise par tous les laboratoires, à condition d’être déclarée ; le rapport GIA indique indications of heating ou no indications of heating. Une pierre non chauffée, de même beauté, est plus rare et vaut nettement plus. La chauffe seule n’ajoute aucune matière, contrairement au remplissage au verre.

Chevalière

Bijoux et fermoirs

Une bague massive à plateau plat, rond, ovale ou carré, faite pour recevoir une gravure : armoiries, initiales, monogramme, ou une pierre dure gravée en intaille qui servait autrefois de sceau. Longtemps masculine, elle se porte aujourd’hui par tous, à l’auriculaire ou à l’annulaire, en or jaune surtout. Sa masse d’or la rend lourde et durable ; son plateau se raye avec le temps et se repolit, et la gravure profonde, elle, survit aux années.

Chevron

Pierres de couleur

Dans une pierre, une zone de couleur en forme de V : les améthystes de certains gisements montrent ainsi des chevrons violets et blancs, très prisés en cabochon et en sphère. Dans un bijou, le mot désigne une bague ou une alliance dont l’anneau dessine une pointe en V sur le dessus du doigt, qui l’allonge visuellement et s’emboîte volontiers contre une bague à pierre. Deux sens, une même forme.

Chrysobéryl

Pierres de couleur

Un oxyde de béryllium et d’aluminium, dureté 8,5, l’une des pierres les plus dures après le corindon : rien n’empêche de le porter tous les jours. Sa variété jaune-vert, limpide, est abordable et méconnue ; ses deux autres visages sont célèbres, l’alexandrite qui change de couleur et l’œil de chat, ou cymophane, dont la ligne de lumière court sur le cabochon. Son nom grec dit « béryl d’or », bien qu’il ne soit pas un béryl.

Chrysoprase

Pierres de couleur

Une calcédoine d’un vert pomme lumineux, coloré par des traces de nickel, la plus recherchée des calcédoines. Translucide, elle se taille en cabochon et en perles, et sa dureté de 6,5 à 7 sur l’échelle de Mohs autorise un port quotidien. Les plus belles viennent d’Australie ; l’Art nouveau l’a beaucoup aimée. Sa couleur peut pâlir sous une chaleur ou un soleil prolongés : on l’écarte des vitrines brûlantes et on la nettoie à l’eau tiède, jamais aux ultrasons.

CIBJO

Mesures et certificats

La Confédération internationale de la bijouterie, joaillerie, orfèvrerie, des diamants, perles et pierres, fondée en 1926 et sise aujourd’hui en Suisse. Elle publie les « Blue Books », la nomenclature de référence du métier : c’est elle qui fixe qu’une perle de culture doit être nommée ainsi, qu’un traitement se déclare, qu’un synthétique ne peut se dire « naturel ». Un vocabulaire commun, et donc une garantie pour l’acheteur, où qu’il achète.

Citrine

Pierres de couleur

Le quartz jaune, du jaune citron au brun-orangé dit « madère », coloré par le fer. Dureté 7 : elle se porte au quotidien. La citrine naturelle est rare ; la plupart des pierres du commerce sont des améthystes chauffées, traitement stable et admis qui donne des tons plus orangés. Peu coûteuse même en grande taille, elle permet une pierre de couleur généreuse. Pierre de naissance de novembre avec la topaze.

Repère GIA FL · IF · VVS1-2 · VS1-2 · SI1-2 · I1-3

Le mot anglais du troisième C, tel qu’il figure sur un rapport GIA. Il décrit ce que le gemmologue trouve à la loupe ×10 : rien pour FL et IF, des inclusions difficiles à voir pour VVS et VS, faciles pour SI, visibles à l’œil nu pour I. Le rapport en dresse le plan, une carte de la pierre qui permet de la reconnaître. En joaillerie, VS assure une pierre nette à l’œil sans payer un grade que seul le laboratoire distingue.

Clivage

Pierres de couleur

Le plan selon lequel un cristal se fend net, comme le bois suivant son fil. Le diamant clive parfaitement, ce qui permet au diamantaire de le débiter d’un coup, mais rend un choc sur le rondiste dangereux ; la topaze, la kunzite et la tanzanite clivent aussi. Corindon, quartz, béryl et grenat n’ont pas de clivage marqué : à dureté égale, ils tiennent mieux les coups. Une donnée à connaître pour une bague de tous les jours.

Cloisonné

Métaux et finitions

Une technique de décor où de fines lamelles de métal, soudées de champ sur une plaque, dessinent des cellules que l’on remplit d’émail cuit au four ou, dans l’orfèvrerie ancienne, de grenats et de verres taillés à la mesure. Les cloisons restent visibles comme un trait d’or entre les couleurs, ce qui le distingue du champlevé, creusé dans la masse. Byzance et les tombes mérovingiennes en ont laissé les chefs-d’œuvre ; en bijou moderne, il demande un port doux, l’émail craignant les chocs.

Clôture

Tailles et formes

Dans le vocabulaire des lapidaires, les petites facettes triangulaires qui bordent le feuilletis sur la couronne d’une pierre de couleur taillée en brillant ou en taille mixte. Elles correspondent aux halefis du diamant. Fines et nombreuses, elles adoucissent le contour de la pierre et multiplient les éclats de lumière au bord de la table.

La protéine que le mollusque sécrète en même temps que l’aragonite et qui sert de ciment entre les minuscules plaquettes de la nacre. Brune et souple, elle ne représente qu’une faible part de la matière, mais donne à la perle sa cohésion et sa légère élasticité. Trop présente, elle se voit : une perle dont une couche de conchioline affleure paraît terne ou tachée. Elle se dessèche si la perle vit enfermée au chaud ; porter ses perles et les ranger à l’abri de la chaleur les conserve.

Corail

Pierres de couleur

Le squelette calcaire d’un minuscule animal marin, poli en perles, en cabochons ou en branches. Le corail rouge de Méditerranée, Corallium rubrum, est l’espèce noble, du rose pâle « peau d’ange » au rouge profond ; sa pêche est strictement encadrée. Tendre, autour de 3,5 sur l’échelle de Mohs, il se raye et craint les acides, les parfums et la chaleur : on l’enfile pour le porter, on l’essuie après, et on ne le nettoie jamais aux ultrasons. Les couleurs uniformes et les branches épaisses sont les plus rares.

Cornaline

Pierres de couleur

La calcédoine orange à rouge brun, colorée par des oxydes de fer, translucide et chaude. Dureté 6,5 à 7 : elle se porte tous les jours. Gravée en intaille et en sceau depuis l’Égypte et Rome, elle reste la matière classique de la chevalière et du camée. Beaucoup de cornalines sont des calcédoines teintées puis chauffées ; la pierre naturelle montre des nuances et non un ton uni. Une pierre de caractère à prix doux.

Repère GIA D à Z

L’échelle du GIA va de D, incolore absolu, à Z, teinté jaune. D à F sont « incolores », G à J « presque incolores » : à l’œil nu, et surtout une fois sertis, un G ne se distingue pas d’un D. La nuance ne se voit qu’en comparaison côte à côte, sur fond blanc, par un expert.

Pour aller plus loin : Les 4 C du diamant

Coupe

Diamants
Repère GIA Excellent · Very good · Good · Fair · Poor

La qualité d’exécution de la taille : proportions, symétrie, poli. C’est elle qui fait la brillance, bien plus que la couleur ou la pureté. Une coupe Excellent renvoie presque toute la lumière entrée par le dessus ; une mauvaise coupe éteint un diamant pur.

Pour aller plus loin : Les 4 C du diamant

Couronne (taille)

Tailles et formes

Sur un brillant rond, la couronne compte 33 facettes : la table, huit étoiles, huit grandes facettes en losange et seize halefis le long du rondiste. Sa hauteur et son angle, mesurés par le GIA, entrent dans le grade de coupe. C’est la partie du diamant que l’on voit une fois serti ; une couronne bien proportionnée offre à la fois les larges éclairs blancs et les feux colorés.

Cristal de roche

Pierres de couleur

Le quartz pur, transparent et incolore. Les Grecs le prenaient pour de la glace figée, d’où son nom, krystallos. Dureté 7 : il se porte tous les jours, en pendentif, en perles ou en boule. En joaillerie, il sert de pierre claire à peu de frais, en taille brillante ou en cabochon, et ses inclusions de rutile doré ou de tourmaline noire en font des pièces recherchées. Ne pas le confondre avec le « cristal » de verrerie, qui est un verre au plomb.

Cubic Zirconia

Pierres de couleur

Un oxyde de zirconium cristallisé en laboratoire, incolore, très brillant, produit en quantité depuis les années 1970 : l’imitation de diamant la plus courante. Il s’en distingue par sa dureté, 8 à 8,5 contre 10, qui le laisse se rayer et se ternir avec les années, par un poids nettement plus élevé à taille égale et par un feu plus coloré. Au testeur thermique, il ne conduit pas la chaleur comme le diamant. Il n’a rien à voir avec le zircon, pierre naturelle.

Culasse

Tailles et formes

La partie inférieure d’une pierre taillée, sous le rondiste, qui renvoie la lumière vers le haut. Trop profonde ou trop plate, elle laisse fuir la lumière : la coupe se juge d’abord là.

Cut (taille)

Diamants
Repère GIA Excellent · Very good · Good · Fair · Poor

Le mot anglais du quatrième C, noté sur un rapport GIA pour les brillants ronds : il juge la taille, non la forme. Proportions, symétrie et poli entrent dans une note unique, d’Excellent à Poor. C’est le seul des 4 C qui dépende de la main de l’homme, et celui qui fait le plus pour la lumière d’un diamant. Nous ne retenons que la coupe Excellent.

D

23 termes

Débruter

Diamants

Dégrossir un diamant brut en le frottant contre un autre diamant, pour lui donner sa forme avant les facettes. Sur un brillant rond, l’opération se fait sur un tour à débruter et dessine le rondiste ; sur les tailles fantaisie, elle fixe le contour. Un débrutage soigné évite les rondistes rugueux ou trop épais, qui coûtent en poids et en lumière.

Degré

Tailles et formes

Une facette allongée, taillée parallèlement au bord de la pierre et disposée en gradins : c’est le principe des tailles « à degrés », émeraude, baguette, Asscher. Peu de facettes, larges et plates, qui font moins scintiller qu’un brillant mais montrent la couleur et la clarté de la pierre comme à travers une fenêtre. Ces tailles réclament donc une pierre propre à l’œil : toute inclusion s’y voit.

Démantoïde

Pierres de couleur

Le grenat vert, de la famille andradite, coloré par le chrome, dont la dispersion dépasse celle du diamant : il jette des feux que n’a aucun autre grenat. Découvert dans l’Oural au XIXᵉ siècle, il s’y reconnaît à ses inclusions de fibres soyeuses en « queue de cheval », signature d’origine qui ajoute à sa valeur au lieu de la diminuer. Dureté 6,5 à 7 : à porter avec un peu de soin en bague. Rare en grande taille, c’est le plus précieux des grenats.

Demi-taille

Mesures et certificats

Un demi-millimètre de tour de doigt entre deux tailles françaises : une 52,5 entre la 52 et la 53. Sur un anneau fin, la différence se sent à peine ; sur une alliance large, un jonc ou une bague à monture haute, elle fait toute la différence entre une bague qui tourne et une bague qui marque. L’atelier ajuste au demi-millimètre près lors d’une remise à taille, et c’est souvent la solution quand une bague passe l’articulation avec trop d’effort ou glisse au moindre froid.

Densité

Mesures et certificats

Le poids d’une gemme rapporté à celui du même volume d’eau : 3,52 pour le diamant, 4,00 pour le saphir et le rubis, 2,65 pour le quartz. Chaque minéral a la sienne, et une simple pesée dans l’air puis dans l’eau suffit souvent au gemmologue pour l’identifier. Elle explique aussi qu’à poids égal les pierres n’ont pas la même taille : un saphir de 1 ct paraît plus petit qu’un diamant de 1 ct. Pour les métaux, elle distingue au premier soupesé le platine, très dense, d’un or blanc.

Dentelle

Tailles et formes

Chez les lapidaires, les petites facettes triangulaires qui entourent la table d’une pierre de couleur, l’équivalent des étoiles du diamant. Elles adoucissent le passage de la table aux grandes facettes de la couronne et ajoutent de petits éclats au centre de la pierre. On les trouve sur les tailles brillant et mixtes des saphirs, des rubis et des pierres fines.

Diadème

Bijoux et fermoirs

Le bijou de tête, un bandeau ou une couronne ouverte, posé sur la chevelure pour un mariage ou un grand soir. Héritier des cours royales, il se fait aujourd’hui plus léger : une ligne de perles, un croissant de diamants, un rameau de fleurs d’or. Il se fixe par des épingles ou une monture souple qui épouse le crâne, et se conserve dans son écrin, à plat ; c’est souvent la pièce d’une parure que l’on transmet. Certains diadèmes se démontent en collier ou en broche.

Diamant

Diamants

Du carbone pur cristallisé sous une pression immense, à plus de cent kilomètres de profondeur, et remonté par les volcans. Dureté 10, la plus haute de tous les minéraux : rien ne le raye, hormis un autre diamant. Sa transparence et sa dispersion de la lumière, inégalées, font ses feux. Il se juge par les 4 C ; une trace d’azote le teinte de jaune, le bore, très rare, le teinte de bleu.

Pour aller plus loin : Le diamant

Un diamant extrait de la mine australienne d’Argyle, fermée en 2020. Le nom évoque avant tout ses roses, du rose tendre au rouge pourpre, si rares que la mine en réservait chaque année une poignée à une vente sur invitation, l’Argyle Pink Tender. Elle produisait aussi des bruns chaleureux, baptisés champagne et cognac, bien plus accessibles. Un rose d’Argyle se reconnaît à son certificat d’origine et à l’inscription gravée sur son rondiste ; sa valeur n’a cessé de monter depuis la fin de l’extraction.

Le nom français du diamant lab-grown : un diamant qui a poussé dans une chambre de croissance, en quelques semaines, au lieu de milliards d’années dans le manteau terrestre. Chimiquement et physiquement, c’est un diamant, noté selon les mêmes 4 C. Il s’en distingue par son origine, que seul un laboratoire établit, et par son abondance : on en produit autant qu’on en veut. Ni sa provenance ni sa valeur ne sont celles du naturel.

Un diamant dont on peut retracer le parcours, de la mine à l’atelier, et dont l’extraction n’a financé aucun conflit ni bafoué les droits de ceux qui l’ont extrait. Le Processus de Kimberley en est le socle ; il ne couvre que les bruts et les conflits armés, et ne dit rien des conditions de travail ni de l’environnement. Un diamant éthique va donc plus loin : une chaîne de garanties écrites d’un maillon à l’autre.

Un diamant fabriqué en quelques semaines dans un réacteur, par dépôt de vapeur de carbone (CVD) ou par haute pression et haute température (HPHT). Même carbone, même dureté, mêmes feux que le naturel : seul un laboratoire, par spectroscopie, fait la différence. Ce qui lui manque, c’est la rareté : il se produit à volonté, et sa valeur s’en ressent. Le rapport de laboratoire doit toujours porter la mention laboratory-grown.

Un diamant dont l’extraction et la vente n’ont financé aucune guerre civile ni aucun groupe armé. La garantie s’appuie sur le Processus de Kimberley pour le brut, puis sur une chaîne d’engagements écrits que se transmettent tailleurs, négociants et joailliers à chaque facture. C’est le minimum que l’on doit attendre d’un diamant ; le diamant éthique y ajoute le respect des mineurs et de l’environnement.

Un diamant taillé avant le brillant moderne, le plus souvent entre le XVIIIᵉ siècle et 1919 : rond ou coussin, avec une petite table, une couronne haute et une colette ouverte que l’on voit comme un point au centre. On le reconnaît aussi à ses facettes légèrement irrégulières, taillées à la main. Sa lumière est moins vive, plus chaude que celle d’un brillant. Recherché dans les bijoux anciens et remonté dans des créations neuves, il a son propre marché, où l’on juge le charme avant les proportions.

Dichroïsme

Pierres de couleur

La propriété d’une pierre à un seul axe optique de montrer deux couleurs selon la direction où on la regarde : le rubis passe du rouge pourpré au rouge orangé, l’aigue-marine du bleu au presque incolore, la tourmaline d’un vert profond à un vert clair. Le lapidaire oriente la taille pour présenter la meilleure teinte par la table. Au dichroscope, ce dédoublement sert à identifier la pierre : un verre ou un grenat, non dichroïques, sont aussitôt démasqués.

Dichromie

Pierres de couleur

Le fait, pour un cristal, de porter deux couleurs distinctes côte à côte, séparées par une frontière nette : l’amétrine, à la fois violette et jaune, la tourmaline « melon d’eau », rose au cœur et verte au bord, certains saphirs bleus et jaunes. Ces zones naissent de changements survenus pendant la croissance. À la différence du dichroïsme, les deux couleurs se voient en même temps, sous n’importe quel angle. Une pierre bicolore bien taillée met la frontière en scène.

Diopside

Pierres de couleur

Un silicate de calcium et de magnésium dont deux variétés se portent : le diopside chrome, d’un vert profond proche de l’émeraude, extrait en Sibérie et abordable ; et le diopside étoilé noir, qui montre en cabochon une étoile à quatre branches. Dureté 5,5 à 6, avec un clivage : une pierre pour boucles d’oreilles et pendentifs plutôt que pour une bague de tous les jours. Sa couleur s’assombrit en grande taille : les petites pierres sont les plus vives.

Dop

Diamants

Le petit support qui tient un diamant pendant sa taille, monté sur un bras dont l’angle se règle facette par facette. Autrefois une coupelle de plomb et d’étain où l’on noyait la pierre ; aujourd’hui une pince mécanique. Le diamantaire y fixe la pierre, l’approche de la meule, contrôle à la loupe, tourne, recommence : chaque facette naît d’un réglage du dop.

Deux rangs de perles portés ensemble sur un même fermoir, le plus souvent de longueurs légèrement différentes pour que l’un suive l’autre sans le croiser. Il double la présence des perles à l’encolure et convient à un décolleté ouvert comme à un col rond. Son exigence est celle de l’assortiment : deux fois plus de perles à réunir de même lustre et de même couleur, ce qui explique qu’il vaille plus que deux rangs séparés. Certains fermoirs permettent de dissocier les rangs et de les porter seuls.

Doublet

Pierres de couleur

Une pierre assemblée : deux morceaux collés l’un sur l’autre, par exemple une fine lame d’opale sur un dos de pierre sombre, ou une couronne de grenat sur un pavillon de verre coloré. Avec trois couches, on parle de triplet. L’assemblage donne un bel aspect à peu de frais mais n’est pas une gemme entière : la loi et la CIBJO imposent de le déclarer. Il craint l’eau et les solvants qui attaquent la colle ; à la loupe, on voit le plan de joint sur le rondiste.

Dur (poli)

Tailles et formes

Se dit du poli d’une pierre porté à son plus haut degré : une surface parfaitement lisse, sans stries ni traces de meule visibles à la loupe ×10, que le GIA note « Excellent » pour un diamant. Un poli dur renvoie la lumière entièrement au lieu de la diffuser, et fait la différence entre une pierre qui brille et une pierre qui scintille. Il ne s’use pas sur le diamant ; sur les pierres plus tendres, l’atelier le ravive.

Dure (pierre)

Pierres de couleur

L’expression désigne les pierres ornementales, le plus souvent opaques, assez dures pour prendre un beau poli et être sculptées : lapis-lazuli, malachite, jade, onyx, jaspe, agate. Elles se taillent en cabochon, en plaque, en perles ou en objets, rarement à facettes. La tradition florentine des « pietre dure » en fait des marqueteries. Leur dureté varie de 5 à 7 sur l’échelle de Mohs : la plupart se portent au quotidien, les plus tendres, comme la malachite, avec précaution.

E

17 termes

Ébaucher

Tailles et formes

Donner à la pierre brute sa forme générale, avant la mise à facettes : le lapidaire retire la matière inutile à la scie et à la meule et décide de l’orientation qui gardera le plus de poids et la meilleure couleur. Sur le diamant, on parle de débrutage pour l’arrondi du rondiste. C’est l’étape où se joue le rendement du brut ; les facettes viennent ensuite, puis le poli.

Écaille

Pierres de couleur

La carapace de la tortue imbriquée, brun doré marbré, que l’on chauffait et moulait pour des peignes, des montures et des bijoux jusqu’au XXᵉ siècle. L’espèce est protégée par la convention CITES depuis 1977 : le commerce de l’écaille neuve est interdit, seuls les objets anciens circulent avec justificatif. La bijouterie la remplace par des résines qui imitent ses marbrures, plus légères et sans reflet de corne.

Écailleux

Pierres de couleur

Se dit de la cassure d’un minéral qui se détache en petites écailles ou en esquilles au lieu de se rompre en surfaces lisses. La néphrite et la jadéite cassent ainsi, à cause de leurs fibres et de leurs grains enchevêtrés : c’est précisément ce qui les rend si tenaces et si difficiles à briser. À l’inverse, le quartz et le verre cassent en coquilles lisses, dites conchoïdales. Un repère d’identification pour le gemmologue, pas un défaut.

Écrin

Bijoux et fermoirs

La boîte qui reçoit et protège un bijou, gainée de velours, de cuir ou de soie, avec un logement à sa forme. Elle sert à l’offrir, puis à le ranger : un écrin garde chaque pièce séparée des autres, ce qui évite qu’un diamant ne raye une perle ou un or poli. Pour un collier de perles, préférez un écrin à plat qui n’étire pas le fil. Il fait partie du bijou : on le garde avec le certificat.

Égrisée

Diamants

La poudre de diamant, tirée des bruts sans valeur de joaillerie ou produite en laboratoire, mélangée d’huile et étalée sur la meule du diamantaire. Le diamant étant le plus dur des corps connus, seul le diamant peut le tailler et le polir. C’est aussi elle qui, sur les outils du lapidaire, façonne les saphirs et les rubis.

Émeraude (taille)

Tailles et formes

Une taille rectangulaire à degrés, aux facettes larges et parallèles. Moins de scintillement, plus de clarté : elle montre l’intérieur de la pierre et demande une pureté élevée. Élégante et graphique, sur diamant comme sur émeraude.

Émeraude colombienne

Pierres de couleur

L’émeraude des mines de Muzo, Chivor et Coscuez, dans la cordillère orientale de Colombie, la référence mondiale depuis l’époque précolombienne. Colorée par le chrome et le vanadium, elle a un vert pur, légèrement bleuté, chaud et lumineux ; les inclusions à trois phases, cristal de sel et bulle dans une poche de liquide, signent son origine. La rare texture dite « goutte d’huile » se paie très cher. Comme presque toutes les émeraudes, elle est huilée pour adoucir ses givres, ce que le rapport de laboratoire précise.

Émeri

Pierres de couleur

Une roche faite de corindon en grains mêlé de magnétite, extraite depuis l’Antiquité à Naxos et en Anatolie, et réduite en poudre pour abraser. Dureté 9 du corindon : elle raye tout sauf le diamant, ce qui en fit l’abrasif des lapidaires et des polisseurs avant les poudres synthétiques. Le « papier émeri » et la lime à ongles lui doivent leur nom. Sans usage comme gemme, mais parente directe du saphir et du rubis.

Enfilage

Perles

Le travail d’atelier qui transforme des perles percées en collier ou en bracelet : elles sont alignées dans l’ordre choisi, toutes égales ou en dégradé, passées sur un fil de soie ou un fil technique et, pour un rang de qualité, nouées une à une. Le fermoir est fixé par une boucle protégée d’une fine spirale de métal, la cannetille, qui évite l’usure du fil. Un bon enfilage se juge à ses nœuds réguliers, à l’absence de fil visible et à la souplesse du rang sur la peau.

Quelques gestes suffisent, parce que la nacre est tendre, entre 2,5 et 4,5 sur l’échelle de Mohs, et sensible aux acides. Mettre ses perles en dernier, après le parfum, la laque et la crème, et les ôter en premier ; les essuyer avec un linge doux, sans savon ni produit ; ni bac à ultrasons, ni piscine, ni bain de mer. Les ranger à plat, loin des bijoux qui les rayeraient, et les porter : la peau leur fait du bien. Ré-enfiler dès que le fil se voit.

Pour aller plus loin : Entretenir ses perles

La cellule du manteau de l’huître qui sécrète la nacre. Lors de la greffe, le perliculteur prélève un petit fragment de manteau sur une huître donneuse et le glisse, avec le nucléus, dans la gonade d’une huître receveuse. Ces cellules se multiplient, forment le sac perlier autour du noyau et déposent la nacre, couche après couche, pendant des mois ou des années. C’est la qualité de ce greffon, autant que celle de l’huître, qui décide de la couleur et du lustre de la perle à venir.

Estimation

Mesures et certificats

L’avis d’un professionnel sur la valeur d’un bijou, qui dépend d’abord de la question posée : valeur de remplacement à neuf pour une assurance, valeur de revente sur le marché de l’occasion, valeur de partage pour une succession. Ces trois chiffres diffèrent beaucoup pour un même bijou, et aucun ne se confond avec le prix d’achat. Une estimation sérieuse décrit la pièce, ses métaux poinçonnés, ses pierres et leurs certificats, et date son avis, car les cours changent.

Étoile

Tailles et formes

L’une des huit petites facettes triangulaires qui entourent la table d’un brillant, pointes tournées vers le rondiste. Posées en dernier, au brillantage, elles brisent la lumière en éclats courts et vifs. Leur longueur, mesurée par le GIA, fait partie des proportions qui décident du grade de coupe : trop courtes ou trop longues, elles ternissent le contour de la table.

Étoilé (effet)

Pierres de couleur

Une étoile de lumière à six branches, parfois douze, qui glisse à la surface d’un cabochon quand on le tourne. Elle naît de fines aiguilles de rutile croisées à l’intérieur de la pierre ; le saphir et le rubis étoilés en sont les exemples classiques. On juge une étoile à la netteté et à la régularité de ses branches, et à leur point de rencontre bien centré. Le nom savant est astérisme.

Expertise gemmologique

Mesures et certificats

L’examen d’une gemme ou d’une perle par un gemmologue, à la loupe, au réfractomètre, au spectroscope et au microscope, pour dire ce qu’elle est : nature, origine naturelle ou synthétique, traitements, parfois provenance, et pour le diamant ses 4 C. Elle ne donne pas de prix, c’est le rôle de l’estimation, et pour les pierres de couleur elle ne note pas la beauté, seulement l’identité. Nos gemmologues sont diplômés du GIA, et leur expertise fonde le certificat qui accompagne chaque bijou.

Eye-clean

Pierres de couleur

« Propre à l’œil » : se dit d’une pierre dont on ne voit aucune inclusion à l’œil nu, à distance normale de lecture, quoi que révèle la loupe. C’est le seuil qui compte pour un bijou porté. Pour le diamant, il correspond en général aux grades VS et au-dessus, parfois SI1 ; pour les pierres de couleur, que le GIA ne note pas en pureté, c’est le critère d’usage, sauf pour l’émeraude, dont le jardin est admis. Au-delà, on paie une rareté que seul un laboratoire distingue.

F

23 termes

Facette

Tailles et formes

Le nombre et l’arrangement des facettes distinguent les tailles : 57 pour le brillant, 58 avec la colette ; 74 pour le Royal Asscher ; un nombre voisin pour la taille émeraude, mais des facettes longues et parallèles qui créent des reflets en miroir plutôt qu’un scintillement. Plus de facettes ne veut pas dire plus de lumière : c’est leur angle qui compte, et une facette mal orientée est une fuite de lumière.

Facetter

Tailles et formes

Tailler sur une pierre ses facettes planes, une à une, en la pressant contre un disque tournant chargé d’abrasif, sous un angle réglé au degré près. Chaque facette est d’abord taillée puis polie sur un disque plus fin. La précision des angles décide de la lumière renvoyée : quelques degrés d’écart sur le pavillon et la pierre se creuse d’une fenêtre. Le diamantaire facette le diamant à la poudre de diamant, le lapidaire les autres pierres.

Faciès

Pierres de couleur

L’allure générale d’un cristal tel que la nature l’a fait pousser : prisme allongé de la tourmaline, octaèdre du diamant, hexagone de l’émeraude. Le faciès dépend des conditions de croissance et guide le lapidaire, qui taille selon la forme du brut pour garder le poids. Le mot désigne aussi l’aspect d’une inclusion, dont la forme aide à reconnaître l’origine naturelle ou synthétique d’une pierre et parfois son pays.

Facture et garantie

Mesures et certificats

La facture est la preuve d’achat d’un bijou : elle en décrit les métaux, les pierres, les perles et le prix, et c’est elle qui ouvre la garantie et sert de base à l’assurance. Elle se conserve avec le certificat d’authenticité et, le cas échéant, le rapport de laboratoire, de préférence ailleurs que dans l’écrin. La Maison garantit ses bijoux un an contre tout vice de fabrication, sur présentation de la facture ; l’usure normale, les chocs et la perte n’en relèvent pas, mais l’atelier les répare.

Repère GIA Faint · Very Light · Light · Fancy Light · Fancy · Fancy Intense · Fancy Vivid · Fancy Dark · Fancy Deep

Un diamant de couleur franche, jaune, rose, bleu, vert ou brun, jugé non plus sur l’échelle D à Z mais sur sa teinte, sa saturation et sa clarté. Le GIA le note de Faint à Fancy Vivid : ici, plus la couleur est intense, plus la pierre est rare et recherchée. Le jaune est le plus courant ; le rose et le bleu comptent parmi les gemmes les plus convoitées au monde.

Fenêtre

Pierres de couleur

Dans une pierre taillée, une zone centrale sans éclat par laquelle on voit à travers, comme par une vitre : le pavillon est trop plat et la lumière s’échappe par le fond au lieu de revenir vers l’œil. Une pierre de couleur « fenêtrée » paraît pâle et vide au centre ; c’est le défaut de taille le plus fréquent et le plus simple à repérer, en la posant sur un texte imprimé. Le mot désigne aussi la facette polie sur un brut pour en examiner l’intérieur.

Fermoir

Bijoux et fermoirs

La pièce qui ouvre et ferme un collier ou un bracelet, et dont dépend tout le reste. Mousqueton ou anneau à ressort pour les chaînes fines, fermoir boîte à languette pour les rangs de perles, bâtonnet pour les mailles larges, fermoir invisible caché dans une perle pour un rang sans interruption. Un bon fermoir se manœuvre d’une main et ne s’ouvre pas seul ; sur une pièce de valeur, un huit de sécurité ou une chaînette le double. Il porte aussi les poinçons et, souvent, la signature.

Fermoir à bâtonnet

Bijoux et fermoirs

Une barrette d’or que l’on passe de biais dans un anneau, et qui se met en travers pour tenir la chaîne : le fermoir en T, simple et visible, qui fait partie du dessin du bijou. Il se manœuvre d’une seule main et convient aux chaînes et aux bracelets à maillons larges, où il devient un ornement. Il tient par le poids de la chaîne, ce qui le rend moins sûr pour un bijou léger ou un rang de perles : on lui préfère alors un mousqueton ou une boîte.

Fermoir boîte

Bijoux et fermoirs

Le fermoir classique du collier de perles : une languette d’or repliée sur elle-même se glisse dans une petite boîte et s’y bloque par sa propre élasticité, avec un déclic net. Souvent doublé d’un huit de sécurité, il est sûr, plat et s’intègre au dessin du bijou, rond, ovale ou orné d’une perle ou d’un pavage. Son ressort se fatigue avec les années et se resserre en quelques minutes à l’atelier ; on ne force jamais une languette qui ne rentre pas.

Fermoir de sécurité

Bijoux et fermoirs

Un second verrou qui double le fermoir principal d’un collier ou d’un bracelet de valeur : le huit de sécurité, petite boucle articulée qui se rabat sur la boîte, ou le cliquet caché d’un fermoir invisible. Si la languette lâche, le huit retient le bijou le temps de s’en apercevoir. On le ferme chaque fois, même pressé ; un huit qui reste ouvert ne sert à rien. Sur une rivière de diamants, la règle est simple : un fermoir, un huit, et parfois une chaînette en plus.

Fermoir invisible

Bijoux et fermoirs

Un fermoir caché dans le bijou lui-même, le plus souvent dans une perle du rang, percée et fendue pour recevoir un mécanisme à vis ou à clip. Le collier se referme sans interruption, ni métal ni ornement, et se porte dans tous les sens : le fermoir devient une perle parmi les autres. Il se manœuvre à deux mains, avec un peu d’habitude, et son mécanisme, plus fin qu’un mousqueton, demande une vérification de temps en temps.

Fermoir papillon

Bijoux et fermoirs

Le petit fermoir de puce d’oreille à deux ailes repliées, que l’on pousse sur la tige derrière le lobe et qui tient par friction : c’est la poussette la plus répandue, dite aussi belge. Léger, facile, il convient aux puces de tous les jours ; ses ailes se desserrent avec le temps et se resserrent d’une légère pression. Pour une perle ou un diamant de valeur, on lui préfère un fermoir alpa, qui se verrouille et ne glisse pas quand on retire un pull.

Le feu d’un diamant, c’est sa capacité à décomposer la lumière blanche en éclairs colorés, comme un prisme, grâce à sa forte dispersion. Il se voit surtout en lumière ponctuelle, à la bougie ou sous un spot, quand la brillance domine en plein jour. Le GIA l’évalue sur les brillants ronds, avec la brillance et le scintillement, pour établir le grade de coupe. Une couronne haute favorise le feu, une table large la brillance : la coupe Excellent tient l’équilibre.

Feuilletis

Tailles et formes

L’arête qui fait le tour d’une pierre de couleur à sa plus grande largeur, entre la couronne et la culasse : c’est le rondiste, mais ce dernier mot est réservé au diamant. C’est sur le feuilletis que les griffes ou le serti clos prennent appui. Il doit être régulier, ni tranchant, car il s’écaillerait au sertissage, ni trop épais, car il alourdirait la pierre sans profit.

Feux

Diamants

Les éclairs colorés, rouge, bleu, vert, que lance un diamant quand la lumière blanche se sépare en traversant ses facettes, comme dans un prisme. On dit aussi la dispersion, ou le feu. Elle est plus forte dans le diamant que dans presque toute autre gemme, mais seule une bonne coupe la fait paraître : une couronne trop plate donne une pierre brillante et sans feux. L’opale les montre autrement, par un jeu de couleurs interne.

Le fil traditionnel de l’enfilage des perles : plusieurs brins de soie tordus, souples, qui donnent au rang son tombé naturel et se nouent proprement entre chaque perle. La soie a une vie : elle s’allonge, absorbe les parfums et la sueur, se salit dans le trou des perles et finit par s’user. Un rang porté souvent se refait donc régulièrement, avant que le fil ne cède. Certains ateliers préfèrent aujourd’hui un fil synthétique plus résistant ; la soie reste le choix classique pour sa souplesse et sa discrétion.

Filigrane

Métaux et finitions

Un décor fait de fils d’or ou d’argent très fins, torsadés, courbés et soudés entre eux pour former des volutes et des dentelles ajourées. Connu des Étrusques et des Byzantins, il reste vivant dans l’orfèvrerie méditerranéenne et revient en haute joaillerie pour ses effets de transparence. Un bijou en filigrane est léger et aérien, mais ses fils se déforment sous un choc : il se range à plat, dans son écrin, et ne se nettoie pas à la brosse.

Fine

Pierres de couleur

En France, un mot au sens précis depuis le décret de 2002 qui a banni « semi-précieuse » : « pierre fine » désigne toute gemme naturelle autre que le diamant, le rubis, le saphir et l’émeraude, les quatre pierres précieuses. L’ancien terme était trompeur : une tourmaline Paraïba ou un spinelle valent plus que bien des saphirs. « Perle fine » ne dit rien de la qualité : c’est le nom réservé à la perle naturelle, née sans intervention humaine, par opposition à la perle de culture.

Fluorescence

Diamants
Repère GIA None · Faint · Medium · Strong · Very strong

La réaction d’un diamant aux ultraviolets, le plus souvent une lueur bleue. Sans fluorescence, la pierre reste neutre sous toute lumière ; une fluorescence forte peut la rendre laiteuse au soleil. Nous ne retenons que des diamants sans fluorescence.

Pour aller plus loin : Les 4 C du diamant

Fluorite

Pierres de couleur

Le fluorure de calcium, cristallisé en cubes, dans presque toutes les couleurs, souvent en bandes violettes, vertes et bleues dans la même pierre. Elle a donné son nom à la fluorescence, qu’elle montre souvent sous les ultraviolets. Dureté 4 et clivage parfait : elle se raye et s’éclate au moindre choc, ce qui la réserve aux pendentifs, aux perles et aux objets, jamais à une bague de tous les jours. Une pierre de collectionneur, à prix modeste.

Forçat (maille)

Bijoux et fermoirs

La maille la plus simple et la plus répandue : des anneaux ronds ou ovales, identiques, passés l’un dans l’autre à angle droit. Solide, souple, discrète, elle porte un pendentif sans lui disputer le regard et se répare aisément, maillon par maillon. Son nom rappelle les chaînes des bagnards ; son usage est celui de tous les jours. Une forçat fine se choisit pour une perle solitaire, une forçat ronde plus lourde pour se porter seule.

Fossile (ambre)

Pierres de couleur

Une matière organique conservée et durcie par le temps géologique. L’ambre est une résine fossile : la sève d’arbres disparus, polymérisée pendant des dizaines de millions d’années jusqu’à devenir une pierre organique. Il enferme parfois un insecte, une plume ou une feuille, saisis vivants ; ces inclusions, loin d’être des défauts, font les pièces les plus recherchées. Le jais, bois fossile, et l’ivoire de mammouth relèvent de la même logique.

G

18 termes

Garantie de fabrication

Mesures et certificats

L’engagement du fabricant sur ce qu’il a fait lui-même : une soudure, un serti, un fermoir, un enfilage qui lâcherait sans choc ni usure anormale. La Maison garantit ses bijoux un an contre tout vice de fabrication ; s’y ajoute la première remise à taille d’une bague, offerte dans les trente jours. La garantie ne couvre pas ce que la vie inflige à un bijou, un choc, une rayure, un rhodiage qui s’estompe, une perle qui perd son lustre faute de soins, mais l’atelier sait remédier à chacun.

Gemmologie

Pierres de couleur

La science des gemmes : identifier une pierre, distinguer naturel, synthétique et imitation, détecter les traitements, estimer l’origine. Elle repose sur des mesures physiques, indice de réfraction, densité, pléochroïsme, spectre, et sur l’examen des inclusions au microscope. Structurée au XXᵉ siècle, notamment avec la fondation du GIA en 1931, elle est le socle des rapports de laboratoire. Nos gemmologues sont diplômés du GIA : c’est ce regard qui garantit ce que nous vous vendons.

Givre

Pierres de couleur

Une fêlure interne à une pierre, refermée ou non, qui apparaît à la loupe comme une plume, un voile ou un éclat de glace : c’est le sens du mot. Le givre est une inclusion : il compte dans le grade de pureté et, s’il affleure la surface, fragilise la pierre au serti. Dans l’émeraude, les givres forment le jardin, admis et même attendu ; on les adoucit à l’huile. Ailleurs, un givre invisible à l’œil nu ne gêne ni la beauté ni la solidité.

Glochidia

Perles

La larve microscopique des moules d’eau douce, celles qui donnent les perles de Chine et du lac Biwa. Libérée par la femelle, elle s’accroche quelques semaines aux branchies ou aux nageoires d’un poisson hôte avant de retomber au fond et de devenir une jeune moule. Sans poisson, pas de moule, et sans moule, pas de perle : les fermes élèvent donc leurs poissons hôtes avec leurs coquillages. Le mot vient du grec glochis, la pointe de flèche, à cause de ses petits crochets.

Gonade

Perles

La glande reproductrice de l’huître perlière, logée au cœur de sa chair. C’est là que le greffeur dépose le nucléus et le greffon de manteau : l’organe est riche en réserves et assez vaste pour accueillir une bille de plusieurs millimètres sans blesser l’animal. La poche perlière qui s’y forme enveloppe le noyau et dépose la nacre. La perle de culture de mer naît donc dans la gonade ; celle d’eau douce, elle, se forme dans le manteau.

Goshénite

Pierres de couleur

Le béryl pur, incolore, celui que rien ne colore : ni chrome, ni fer, ni manganèse. Nommée d’après Goshen, dans le Massachusetts, elle est limpide, dureté 7,5 à 8, et se porte tous les jours. Peu demandée, donc peu chère, elle servit autrefois d’imitation du diamant et de verre de lunettes. Sa lumière est douce, sans les feux du diamant ; elle intéresse surtout les collectionneurs et les amateurs de la famille des béryls au complet.

Gourmette

Bijoux et fermoirs

Un bracelet à maille gourmette, souvent barré d’une plaque d’or où se grave un prénom ou une date : c’est le bracelet de naissance par excellence, offert par un parrain ou une marraine, puis celui de l’homme, en version large. Elle se prête à la gravure et à la transmission. Le fermoir, mousqueton ou bâtonnet, doit être à la mesure de la maille, et une gourmette d’enfant s’achète un peu longue, quitte à retirer un maillon pour l’ajuster au poignet.

Gourmette (maille)

Bijoux et fermoirs

Une maille dont chaque anneau est légèrement tordu puis aplati, de sorte que la chaîne repose à plat sur la peau et brille d’un seul tenant, comme un ruban. Née dans les gourmettes de bracelet, elle est devenue la maille masculine par excellence, du bracelet d’identité à la chaîne de cou épaisse ; en version fine, elle habille aussi un poignet féminin. Robuste, elle supporte le port quotidien ; sa surface plate accroche les rayures, qu’un polissage efface.

Une forme symétrique en poire, naturelle chez la perle comme chez la pierre. Recherchée pour les pendants d’oreilles et les pendentifs, où elle allonge la ligne et suit le mouvement.

Grain

Mesures et certificats

Une ancienne unité de poids, le quart d’un carat, soit 0,05 g, encore employée pour les perles fines et dans les inventaires de pierres anciennes : un diamant « de quatre grains » pèse 1 ct. Elle vient du grain de blé de la balance des orfèvres. Le mot désigne aussi, en sertissage, la bille de métal qui retient une pierre : rien à voir.

Granulation

Métaux et finitions

Un décor fait de minuscules billes d’or, posées et soudées une à une sur le métal pour dessiner des motifs et des reliefs. Les orfèvres étrusques en furent les maîtres inégalés, et il fallut attendre le XIXᵉ siècle, avec Castellani, pour retrouver le secret d’une soudure invisible. Un bijou granulé a une surface vibrante, qui attrape la lumière en mille points ; il demande un port soigné, chaque grain étant un petit relief exposé.

Gravure (personnalisation)

Mesures et certificats

Un prénom, une date, quelques mots gravés à l’intérieur d’une alliance, sur le plateau d’une chevalière ou la plaque d’une gourmette : ce qui fait d’un bijou le vôtre. Elle se fait à la main, au burin, pour un tracé vivant, ou au laser pour une finesse extrême sur un anneau étroit. On grave après la mise à taille, jamais avant, car une remise à taille coupe l’anneau et peut effacer une lettre ; sur une alliance éternité, pavée tout le tour, la place manque souvent.

Pour aller plus loin : La gravure

Gravure laser

Mesures et certificats

Une inscription tracée par un faisceau laser, si fine qu’elle ne se lit qu’à la loupe. Sur un diamant, les laboratoires gravent ainsi le numéro du rapport sur le rondiste : la pierre porte son identité, que l’on retrouve sur le certificat et que l’on vérifie à la loupe ×10, sans que rien n’en paraisse à l’œil ni n’affecte le grade. Sur l’or, le laser grave un message, une date ou un motif à l’intérieur d’un anneau, plus net qu’une gravure à la main sur les surfaces fines.

Greffe

Perles

Le geste chirurgical qui lance la perle : un greffon de manteau d’une huître donneuse, glissé avec le nucléus dans la gonade d’une huître receveuse. Le greffon décide de la couleur et de la qualité de la nacre à venir. Une greffe se fait en une minute et engage deux ans d’élevage.

Grenat

Pierres de couleur

Non pas une pierre mais une famille de silicates aux cristaux cubiques, qui se mêlent entre eux et couvrent toutes les couleurs sauf le bleu franc : almandin et pyrope rouges, rhodolite framboise, spessartite orange, grossulaire du miel au vert, tsavorite vert vif, démantoïde vert aux feux vifs. Dureté 6,5 à 7,5, sans clivage : les grenats se portent tous les jours et ne sont presque jamais traités. Pierre de naissance de janvier, du rouge courant au vert de très haute valeur.

Grossulaire

Pierres de couleur

Le grenat de calcium et d’aluminium, nommé d’après la groseille à maquereau, Ribes grossularia, pour sa variété verte pâle. Il se décline du jaune miel à l’orange de la hessonite, colorée par le fer, et au vert intense de la tsavorite, colorée par le vanadium et le chrome. Dureté 6,5 à 7,5 : il se porte au quotidien. L’hessonite se reconnaît à son aspect intérieur trouble, comme du sirop ; la tsavorite, limpide, est la plus recherchée et la plus chère de la famille.

Guilloché

Métaux et finitions

Un décor gravé à la machine, dit tour à guillocher, qui trace sur le métal des motifs géométriques d’une régularité parfaite : rayons, ondes, grains d’orge, écailles. Sous une couche d’émail translucide, le guillochage prend une profondeur lumineuse que Fabergé a rendue célèbre. En bijouterie, on le trouve sur les médaillons, les boîtiers de montre et les manchettes ; ses fines stries cachent bien les rayures du port, mais un polissage trop appuyé finit par les effacer.

H

12 termes

Halefis

Tailles et formes

Les petites facettes allongées qui bordent le rondiste d’un brillant, seize sur la couronne et seize sur la culasse. Posées au brillantage, ce sont elles qui multiplient les éclats et donnent au diamant son scintillement quand la main bouge. Leur longueur sur la culasse, mesurée par le GIA, pèse dans le grade de coupe. En anglais, girdle facets.

Halo

Bijoux et fermoirs

Un cercle de petits diamants serti au ras de la pierre centrale, qui l’entoure comme une auréole et la fait paraître plus grande et plus brillante. Le halo, très aimé des années 1920 et revenu au premier plan, permet d’offrir une pierre modeste avec une présence de grande pierre ; il protège aussi le rondiste de la gemme centrale. Il se dessine rond, ovale ou coussin, suivant la taille de la pierre, et se pose au grain ou en micro-griffes.

Haute joaillerie

Bijoux et fermoirs

Le sommet de la joaillerie : des pièces uniques ou de très petites séries, dessinées et fabriquées à la main dans l’atelier d’une Maison, autour de gemmes d’exception choisies pour elles. Chaque création mobilise des mois de travail entre le dessinateur, le joaillier, le sertisseur et le polisseur. Le mot appartient au vocabulaire des grandes Maisons de la place Vendôme et ne garantit rien par lui-même : ce sont la pierre, le dessin et l’exécution qui en font la valeur.

Hauteur de monture

Mesures et certificats

La distance entre le doigt et le sommet de la pierre : ce que la bague dépasse de la main. Une monture haute ouvre la pierre à la lumière et laisse passer une alliance dessous, mais s’accroche aux gants, aux mailles et aux cheveux ; une monture basse se fait oublier, protège la pierre et se porte au quotidien, avec une lumière un peu moins traversante. Un même diamant peut se sertir à deux hauteurs très différentes : la question mérite d’être posée avant de commander.

Héliodore

Pierres de couleur

Le béryl jaune à jaune doré, coloré par le fer, dont le nom grec dit « don du soleil ». Dureté 7,5 à 8, limpide et solide : il se porte tous les jours et se taille volontiers en émeraude ou en ovale pour montrer sa clarté. Le Brésil, la Namibie, où il fut nommé en 1910, l’Ukraine et Madagascar en fournissent. Moins connu que l’aigue-marine, il en partage la lumière à un prix plus doux ; les jaunes profonds et saturés sont les plus recherchés.

Héliotrope

Pierres de couleur

Une calcédoine vert sombre semée de points rouges d’oxyde de fer, dite aussi jaspe sanguin ou pierre de sang. Opaque, dureté 6,5 à 7, elle se porte tous les jours et fut de tout temps gravée en intaille et en sceau, puis montée en chevalière et en boutons de manchette. C’est une des pierres de naissance traditionnelles de mars, à côté de l’aigue-marine. Sa valeur se juge à la profondeur du vert et à la netteté des taches rouges.

Hématite

Pierres de couleur

Un oxyde de fer opaque, gris acier à noir, dont le poli prend un éclat de métal. Son nom vient du trait rouge sang qu’elle laisse sur la porcelaine, seule trace de sa couleur profonde. Dense et lourde en main, d’une dureté de 5,5 à 6,5 sur l’échelle de Mohs, elle se taille en perles, en cabochons et en intailles pour des bijoux sobres, souvent masculins. Elle supporte le quotidien mais peut s’ébrécher sous un choc net, et se ternit un peu au contact prolongé de la sueur.

High Pressure, High Temperature : une presse reproduit, en quelques jours, la pression et la chaleur du manteau terrestre. Le procédé sert à faire pousser des diamants de laboratoire et, appliqué à certains diamants naturels bruns, à les rendre incolores. Ce traitement est permanent mais doit être déclaré ; le GIA l’inscrit sur le rapport et grave sur le rondiste la mention HPHT processed. Un diamant naturel jamais traité vaut davantage, à grade égal.

HRD

Mesures et certificats

Le Hoge Raad voor Diamant, « Conseil supérieur du diamant », le laboratoire d’Anvers, capitale historique de la taille du diamant. Né dans les années 1970 pour garantir les diamants passant par la place anversoise, il délivre des rapports de 4 C reconnus en Europe et grave sur demande son numéro sur le rondiste. Avec le GIA et l’IGI, il forme le trio des grands laboratoires du diamant ; ses grades de couleur et de pureté suivent la même échelle, avec parfois de légères différences d’appréciation.

Hue (teinte)

Mesures et certificats

En gemmologie, la teinte pure d’une couleur, celle que l’on nomme : bleu, rouge, vert, et leurs mélanges, un bleu légèrement violacé par exemple. Le GIA décrit la couleur d’une pierre par trois mesures : la teinte, le ton, du clair au sombre, et la saturation, du terne au vif. La teinte seule ne dit rien de la beauté ; c’est la saturation qui fait le prix d’un saphir ou d’un rubis. Deux pierres de même teinte peuvent ainsi valoir dix fois l’une l’autre.

La deuxième étape de l’ébauche d’un brillant. Après la mise en croix, qui pose la table et les quatre premières facettes de la couronne et de la culasse, la mise en huit en ajoute quatre de chaque côté : la pierre a désormais ses huit grandes facettes en haut, ses huit pavillons en bas. Elle fixe les angles définitifs ; le brillantage n’a plus qu’à remplir les intervalles.

I

10 termes

I.D.M.A.

Diamants

L’International Diamond Manufacturers Association, fondée en 1946, qui fédère les associations nationales de tailleurs et de fabricants de diamants. Avec la Fédération mondiale des bourses diamantaires, elle organise le Congrès mondial du diamant et a porté la création du Conseil mondial du diamant, à l’origine du processus de Kimberley contre les diamants de conflit. Vous n’en verrez pas le nom sur un bijou ; il compte en amont, dans les règles que suit le commerce du diamant.

IGI

Mesures et certificats

L’International Gemological Institute, laboratoire fondé à Anvers en 1975 et présent aujourd’hui dans les grandes places diamantaires du monde. Il grade les diamants selon les 4 C, décrit les pierres de couleur et les perles, et s’est fait une place particulière sur les diamants de laboratoire, dont il certifie une large part. Ses rapports sont reconnus par le commerce ; pour les diamants naturels de 0,30 ct et plus, la Maison retient le rapport GIA.

Inclusion

Mesures et certificats

Une marque interne d’une gemme, cristal, nuage ou givre, née pendant sa croissance. Elle fait la pureté et, en gemmologie, signe l’origine naturelle et parfois géographique d’une pierre. Invisible à l’œil, elle ne compte pas au porter.

Indice de réfraction

Mesures et certificats

Le rapport entre la vitesse de la lumière dans le vide et sa vitesse dans la pierre : plus il est élevé, plus la lumière est déviée et renvoyée vers l’œil. Le diamant atteint 2,42, le corindon 1,77 environ, le quartz 1,55. Chaque minéral a le sien, et le réfractomètre du gemmologue le mesure en quelques secondes : c’est le premier test d’identification, celui qui sépare un saphir d’un verre bleu. C’est aussi lui qui explique l’éclat d’un diamant bien taillé.

Intaille

Pierres de couleur

Une pierre dure gravée en creux, à l’inverse du camée sculpté en relief : pressée dans la cire, elle laisse une empreinte en relief, ce qui en fit le sceau des Grecs, des Romains et des rois. Cornaline, agate, onyx, améthyste et cristal de roche s’y prêtent. Montée en chevalière ou en pendentif, l’intaille ancienne est un objet de collection ; l’intaille moderne, gravée aux armes ou aux initiales, reste le bijou personnel par excellence.

Iolite

Pierres de couleur

La cordiérite de qualité gemme, d’un bleu violacé qui rappelle le saphir, au pléochroïsme si marqué qu’elle passe du bleu profond au jaune grisâtre selon l’angle : le lapidaire doit l’orienter avec soin. Dureté 7 à 7,5 : elle se porte au quotidien, en évitant les chocs sur ses plans de clivage. On l’a surnommée « saphir d’eau » et l’on a prêté aux Vikings de s’en servir pour repérer le soleil sous les nuages, hypothèse séduisante mais non prouvée. Une pierre bleue abordable.

Iridescence

Pierres de couleur

Un jeu de couleurs d’arc-en-ciel qui glisse à la surface d’une matière quand on la tourne, né des interférences de la lumière dans des couches ou des lamelles très fines : c’est l’orient d’une perle, le chatoiement de la labradorite, l’éclat de l’agate iris ou d’une fine fissure dans un quartz. L’effet vient de la structure et non d’un pigment : il ne s’use pas et ne se copie qu’imparfaitement. Il se juge en lumière du jour, en faisant bouger la pierre ou la perle.

Iris (effet)

Pierres de couleur

L’apparition de couleurs d’arc-en-ciel dans une pierre par diffraction ou interférence : dans l’agate iris, ce sont ses bandes microscopiques qui décomposent la lumière ; dans le « quartz iris », une fissure interne très fine, où l’air emprisonné fait naître un arc-en-ciel visible en tournant la pierre. Le nom vient d’Iris, messagère des dieux et déesse de l’arc-en-ciel. Ces effets ne se voient que sous un certain angle et en lumière vive ; ils sont naturels, recherchés et sans influence sur la solidité.

Isomorphisme

Pierres de couleur

La propriété de minéraux de composition chimique différente à partager la même structure cristalline, au point de se mélanger dans un même cristal. Les grenats en sont l’exemple : pyrope et almandin, spessartite et grossulaire se substituent l’un à l’autre en toutes proportions, d’où leur continuité de couleurs, du rouge à l’orange et au vert. C’est aussi ce qui permet aux traces de chrome de remplacer l’aluminium du corindon et de faire un rubis. Une notion de gemmologue, qui explique bien des nuances.

Ivoire

Pierres de couleur

La dentine des défenses d’éléphant, blanc crème, à grain fin, longtemps tournée et sculptée pour les bijoux et les objets. Le commerce de l’ivoire d’éléphant est interdit par la convention CITES et par la loi française, à de rares exceptions près pour les antiquités documentées. L’ivoire de mammouth, fossile, reste légal et se reconnaît en coupe à ses lignes croisées plus serrées. La bijouterie contemporaine le remplace par la nacre, l’os ou l’ivoire végétal, la noix de tagua.

J

10 termes

Jade

Pierres de couleur

Deux pierres portent ce nom : la jadéite, un pyroxène, et la néphrite, une amphibole. Toutes deux sont faites de fibres enchevêtrées qu’on ne brise pas, dureté 6 à 7 : elles se portent une vie. La jadéite vert « impérial » de Birmanie, translucide et saturée, atteint des prix de grande gemme ; le jade existe aussi en lavande, blanc et noir. Attention aux traitements : la jadéite « B » est imprégnée de résine, la « C » teintée ; seul le jade « A » est naturel.

Jais

Pierres de couleur

Un bois fossile devenu lignite, noir profond, mat quand il est brut et d’un beau poli velouté une fois travaillé. Léger et tiède au toucher, il se charge d’électricité statique comme l’ambre. Dureté 2,5 à 4 : il se raye et se porte avec soin, en collier, broche ou boucles d’oreilles. Whitby, en Angleterre, en fit la matière du bijou de deuil victorien après 1861. Le vrai jais se distingue du verre noir, plus lourd et froid, et de la résine.

Jardin

Pierres de couleur

Dans une émeraude, l’ensemble des givres, cristaux et inclusions liquides qui forment un paysage intérieur, comme des branchages vus à la loupe. Le jardin est la norme de l’émeraude, non un défaut : le GIA classe cette pierre parmi celles qui en portent toujours, et une émeraude parfaitement limpide éveille plutôt le soupçon d’une synthèse. Il aide à reconnaître l’origine, colombienne, zambienne ou brésilienne. Un jardin discret, qui ne trouble pas la couleur, est le bon compromis ; un jardin trop dense éteint la pierre.

Jaspe

Pierres de couleur

Une roche siliceuse opaque à grain très fin, colorée par des oxydes de fer en rouge brique, ocre, vert ou brun, souvent en veines et en paysages qui lui valent ses noms de variétés : jaspe paysage, jaspe océan, jaspe sanguin. Sa dureté, autour de 6,5 à 7 sur l’échelle de Mohs, en fait une pierre de tous les jours, taillée en cabochon, en perles ou en plaques. Il se nettoie à l’eau tiède et au savon, et sa valeur tient à la netteté et à l’originalité de son dessin.

Joaillerie

Bijoux et fermoirs

L’art de créer des bijoux en métaux précieux, or 750 ‰ ou platine, sertis de gemmes : diamants, saphirs, rubis, émeraudes, perles. Elle se distingue de la bijouterie, où le métal prime et les pierres sont accessoires, et de l’orfèvrerie, tournée vers les objets. Le joaillier dessine et monte ; le sertisseur fixe les pierres ; le polisseur achève. Un bijou de joaillerie se répare, se remet à taille et se transmet : c’est la différence, à l’usage, avec le bijou fantaisie.

Joaillier

Bijoux et fermoirs

L’artisan qui monte les gemmes sur le métal précieux : il dessine, forge, ajuste et soude la monture qui recevra la pierre, avant que le sertisseur ne la fixe et que le polisseur ne lui donne son éclat. Le mot vient de « joyau ». Le bijoutier travaille plutôt le métal seul, l’orfèvre les objets d’argent ; le joaillier, lui, sert la pierre. Une maison de joaillerie réunit ces métiers sous un même poinçon de maître, qui signe et engage chaque pièce sortie de l’atelier.

Jonc

Bijoux et fermoirs

Un anneau rigide et lisse, de section ronde, qui donne son nom au bracelet et à la bague qui en ont la forme. La bague jonc est un anneau bombé, plein, sans chaton en relief, dans lequel une pierre ou une perle peut être sertie en masse ; le bracelet jonc s’enfile par-dessus la main. Sans aspérité, le jonc ne s’accroche à rien et supporte le quotidien mieux que tout autre bijou. Sa masse d’or fait son prix et sa tenue : un jonc plein dure toute une vie.

Jonc (bracelet)

Bijoux et fermoirs

Un bracelet rigide, rond ou ovale, d’un seul tenant ou ouvert par une charnière, qui se glisse par-dessus la main. Plein, en or 750 ‰, il est lourd et durable ; creux, il est plus léger et demande un peu plus de soin aux chocs. Le jonc se porte seul, ou par plusieurs qui s’entrechoquent doucement au poignet. Sa taille se choisit d’après le tour de la main repliée, pas du poignet : un jonc fermé doit passer la main, un jonc ouvert doit tenir sans pincer.

Joyau

Bijoux et fermoirs

Un bijou d’exception, où la rareté des gemmes rejoint la maîtrise de l’atelier. Le mot vient de l’ancien français joiel, la chose qui réjouit, et il a donné « joaillerie ». On le réserve aux pièces qui comptent, diadèmes, parures de cour, grands solitaires, sautoirs de perles fines, celles qui traversent les générations et que l’on assure comme une œuvre. Pour ce qui se porte chaque jour, on dit simplement bijou ; le joyau se garde pour ce qui a une histoire.

Le nom donné dans le commerce aux plus petites perles Akoya, récoltées sur de jeunes huîtres ou après une culture courte, avant que la perle ait atteint le diamètre habituel de l’espèce. Souvent appelées baby Akoya, elles gardent le lustre vif propre à cette perle dans une taille de quelques millimètres. On les monte en rangs légers, en puces discrètes ou en semis sur une monture, là où une grosse perle pèserait. Choisies rondes et lustrées, elles coûtent moins que leurs aînées à qualité égale.

K

7 termes

Karat

Métaux et finitions

La graphie anglo-saxonne du carat de l’or, qui mesure la part d’or pur dans un alliage par vingt-quatrièmes : 24 karats pour l’or pur, 18 karats pour 750 ‰, 14 pour 585 ‰, 9 pour 375 ‰. L’anglais distingue ainsi le karat de l’or du carat de la gemme, qui est un poids de 0,20 g ; le français emploie le même mot pour les deux, ce qui explique bien des confusions. Sur un bijou marqué « 18K », lire donc « or 750 ‰ », rien d’autre.

Keshi

Perles

Une perle née sans nucléus, quand l’huître rejette le noyau mais continue de déposer de la nacre. Entièrement en nacre, de forme libre, au lustre souvent très vif. Le mot vient du japonais « graine de pavot ».

Le nom français du Kimberley Process, l’accord entre États, industrie et organisations qui, depuis 2003, n’autorise le commerce international des diamants bruts qu’entre pays membres, sous certificat d’origine et en colis scellés. Il a coupé la plupart des circuits qui finançaient des guerres civiles en Afrique. Ses limites sont connues : il s’arrête au brut, ne surveille ni le taillé ni les conditions de travail, et sa définition du conflit est étroite.

Le système de certification des diamants bruts en vigueur depuis 2003, né à Kimberley, en Afrique du Sud, pour couper les revenus que les guerres civiles tiraient du diamant. Chaque lot de bruts franchit les frontières scellé, avec un certificat d’État, entre pays membres seulement. Il ne concerne que le brut et les conflits armés : il ne garantit ni les conditions de travail ni l’origine d’une pierre taillée.

La ville portuaire du Japon, sur la mer intérieure de Seto, capitale mondiale du négoce de la perle Akoya depuis le début du XXᵉ siècle. Les récoltes des fermes perlières, baie d’Ago, Ehime, Nagasaki, y convergent pour être triées, assorties et percées, puis vendues aux enchères ou de gré à gré : c’est à Kobé que se décide la qualité d’un rang, lustre, surface et assortiment. Les Akoya sont élevées dans les baies avoisinantes et non dans le port lui-même.

Kunzite

Pierres de couleur

Le spodumène rose à lilas, coloré par le manganèse, découvert en Californie en 1902 et nommé d’après George Frederick Kunz, le gemmologue de Tiffany. Dureté 6,5 à 7 mais deux clivages parfaits, et une couleur qui pâlit sous une forte lumière prolongée : on la dit « pierre du soir », à porter en pendentif ou en boucles d’oreilles plutôt qu’en bague de tous les jours. Ses grands cristaux limpides donnent des pierres de plusieurs carats à prix doux.

Kyanite

Pierres de couleur

Un silicate d’aluminium aux longs cristaux lamellaires, d’un bleu qui peut rivaliser avec le saphir, surtout dans les pierres du Népal. Sa curiosité : une dureté de 4,5 à 5 dans la longueur du cristal, de 6,5 à 7 en travers, unique dans le monde des gemmes, avec un clivage parfait. Elle se taille difficilement et se porte avec soin, en pendentif ou en boucles plutôt qu’en bague. Une pierre bleue de collection au prix accessible, à ne pas confondre avec le saphir ni la tanzanite.

L

12 termes

L’expression anglaise, aujourd’hui la plus courante, pour le diamant fabriqué en laboratoire. Elle a remplacé « synthétique », jugé trompeur, car la pierre n’imite rien : c’est du diamant, obtenu par CVD ou HPHT. Les laboratoires la font figurer en toutes lettres sur leurs rapports et la gravent sur le rondiste. Elle ne se confond ni avec la moissanite ni avec l’oxyde de zirconium, qui ne sont que des imitations.

Labradorite

Pierres de couleur

Un feldspath gris sombre qui s’allume, sous un certain angle, d’éclairs bleus, verts ou dorés : la labradorescence, née de la lumière qui interfère entre de fines lamelles internes. Découverte au Labrador en 1770, elle se taille en cabochon et en plaque, orientée pour que l’éclat apparaisse de face. Dureté 6 à 6,5, avec clivage : une pierre de pendentif et de boucles plutôt que de bague quotidienne. La « spectrolite » de Finlande montre toutes les couleurs ; la pierre de lune est sa cousine blanche.

Laiteux

Pierres de couleur

Se dit d’une pierre dont la transparence est voilée d’un blanc diffus, comme du lait dans l’eau. Chez le diamant, l’aspect laiteux vient d’une multitude d’inclusions microscopiques ou, au soleil, d’une fluorescence très forte : la pierre perd sa netteté et son feu, et se vend moins cher. Nous écartons les diamants fluorescents pour cette raison. Chez le quartz et l’opale, le laiteux est une variété à part entière ; chez le saphir, il signale une pierre de moindre qualité.

Lapidaire

Tailles et formes

L’artisan qui taille et polit les pierres de couleur, du brut à la facette, le diamant relevant d’un métier à part, celui du diamantaire. Le lapidaire lit la pierre avant de la toucher : où est la couleur, où sont les inclusions, comment orienter l’axe optique pour la plus belle teinte et garder le plus de poids. Il choisit ensuite la forme, à facettes ou en cabochon. Le mot désigne aussi, depuis le Moyen Âge, les traités sur les pierres et leurs vertus.

Lapis-lazuli

Pierres de couleur

Une roche d’un bleu outremer profond, faite de lazurite pointée de pyrite dorée et parfois veinée de calcite blanche. Extraite depuis plus de six mille ans dans le Badakhshan afghan, elle fit le bleu des pharaons et, broyée, l’outremer des peintres. Dureté 5 à 5,5 : elle se porte au quotidien en cabochon, en perles ou en plaque, en évitant les chocs et les produits ménagers. Les plus belles pièces sont d’un bleu uni, sans calcite, avec quelques paillettes de pyrite ; les teintures sont fréquentes et se déclarent.

Largeur d’anneau

Mesures et certificats

La largeur du ruban d’or au doigt, de moins de 2 mm pour une alliance fine à 6 ou 8 mm pour un jonc d’homme. Elle change la manière dont la bague se porte : un anneau large couvre plus de peau, glisse moins bien sur l’articulation et serre davantage à la chaleur, si bien qu’on le prend une demi-taille à une taille au-dessus d’un anneau fin. Elle change aussi le confort de deux bagues portées ensemble ; l’intérieur bombé, dit confort, adoucit un anneau large.

Larme (taille)

Tailles et formes

Une taille en goutte allongée, arrondie en bas et effilée en haut, plus étroite et plus étirée que la poire classique. Elle est faite pour pendre : boucles d’oreilles, pendentifs, où sa pointe accueille la bélière et son ventre prend la lumière. Taillée à facettes sur tout son tour, sans table, elle devient briolette. Sur une bague, elle se porte pointe vers l’ongle pour allonger le doigt. Ses pointes fines demandent un serti qui les protège.

Limpidité

Pierres de couleur

La qualité d’une pierre qui laisse passer la lumière sans voile ni trouble : l’eau claire d’un béryl, la transparence d’un saphir. Elle se distingue de la pureté, qui compte les inclusions : une pierre peut être sans inclusion et pourtant laiteuse, ou porter un givre dans une matière parfaitement limpide. Pour une pierre de couleur, la limpidité décide de l’éclat et de la vivacité de la teinte ; on la juge à l’œil, en lumière du jour, en la regardant à travers.

Lustre

Perles
Repère GIA Excellent · Very good · Good · Fair · Poor

La netteté des reflets à la surface d’une perle : un lustre éclatant renvoie les contours d’un visage comme un miroir, un lustre pâle les brouille. Pour le GIA, c’est le premier facteur de valeur d’une perle, avant sa taille. Il dépend de la qualité de la nacre et de la finesse de ses couches.

Pour aller plus loin : Le lustre des perles

Luxe (joaillerie de)

Bijoux et fermoirs

Le segment de la joaillerie qui réunit des matières rares, or 750 ‰, platine, diamants et gemmes certifiées, perles de culture de haute qualité, et un travail d’atelier soigné, sous une marque qui en répond. On le distingue de la bijouterie fantaisie, en métaux non précieux, et de la haute joaillerie, qui ne produit que des pièces uniques. Le luxe se reconnaît moins à son prix qu’à ce qui reste après lui : un bijou que l’on répare, que l’on transmet, et dont chaque matière est nommée.

Un terme de négociant, et non une catégorie du GIA, pour une perle légèrement asymétrique dont la ligne reste harmonieuse : une goutte un peu penchée, un ovale qui s’effile, entre la forme régulière et la baroque franche. Elle plaît en boucles d’oreilles dépareillées et en pendentifs, où sa courbe donne du mouvement sans l’irrégularité d’une baroque. Comme toute forme libre, elle est plus abordable que la ronde à lustre égal ; le tout est de la choisir pour son dessin, et non par défaut.

M

23 termes

Mabé

Perles

Une demi-perle bombée, cultivée contre la paroi intérieure de la coquille plutôt que dans la chair de l’huître. Son dos plat la destine aux boucles d’oreilles et aux pendentifs, où elle offre une grande surface de nacre pour un prix contenu.

Maille

Bijoux et fermoirs

L’unité d’une chaîne, l’anneau ou le maillon dont la répétition fait tout le bijou. Sa forme donne son nom à la chaîne : forçat, vénitienne, gourmette, jaseron, figaro. La qualité d’une maille se juge à la régularité des maillons, à des soudures que l’œil ne voit pas et à une articulation qui ne se coince ni ne se tord. Une maille pleine dure plus qu’une maille creuse, plus légère ; entre deux chaînes de même dessin, le poids en dit long.

Maille figaro

Bijoux et fermoirs

Une maille de la famille gourmette où un maillon long alterne avec deux ou trois maillons courts, dans un rythme régulier qui donne du mouvement à la chaîne. Née en Italie, elle se porte en chaîne de cou ou en bracelet, plutôt sans pendentif, car la bélière glisserait d’un maillon à l’autre. Robuste et plate, elle convient au port quotidien ; on la préfère pleine, et l’on choisit un fermoir mousqueton à la mesure de ses maillons longs.

Maille jaseron

Bijoux et fermoirs

Une chaîne de très petits anneaux ronds, serrés les uns contre les autres, qui coule entre les doigts comme un fil d’or. C’est la maille des chaînes fines et anciennes, celle des médaillons et des montres de gousset, souple et discrète, presque textile au toucher. Sa finesse la rend légère et élégante, mais elle se noue si on la jette au fond d’une boîte : on la range fermée, à plat ou suspendue, et on la démêle avec patience, jamais en tirant.

Maille vénitienne

Bijoux et fermoirs

Une chaîne de petits maillons carrés, articulés à angle droit, qui forme un ruban net et brillant. Plus rigide que la forçat, elle tient droit un pendentif fin.

Malachite

Pierres de couleur

Un carbonate de cuivre opaque, d’un vert profond rayé de bandes claires et sombres qui se dessinent en cercles quand on la taille. Tendre, entre 3,5 et 4 sur l’échelle de Mohs, elle se raye facilement, craint les acides, la chaleur et les ultrasons : on la réserve aux pendentifs, aux boucles d’oreilles et aux bagues portées avec précaution. Les Russes en ont couvert des colonnes entières ; en bijou, sa valeur tient au contraste et à la netteté de ses zones concentriques.

Manchette

Bijoux et fermoirs

Le bracelet large et rigide, ouvert à l’arrière, qui prend le poignet comme un poignet de chemise, d’où son nom. On le porte seul, pour lui-même, en or lisse, martelé, ajouré ou pavé de pierres. Elle se choisit ajustée au tour du poignet et s’enfile de côté, par l’ouverture ; on évite de la plier et de la déplier, car l’or se fatigue à force. Un bijou de soir et d’après-midi, moins fait pour les claviers que pour les mains libres.

Le tissu vivant qui tapisse l’intérieur de la coquille d’une huître et la fabrique, couche après couche. C’est lui qui sécrète la nacre, et c’est un fragment de manteau prélevé sur une huître donneuse que le greffeur insère, avec le nucléus, dans l’huître receveuse : ses cellules formeront le sac perlier. Le choix de la donneuse, pour la couleur et le lustre de sa propre nacre, est l’un des secrets du perliculteur.

Marquise (taille)

Tailles et formes

Une taille allongée aux deux pointes, dite aussi navette. Elle allonge le doigt et paraît plus grande à poids égal. La légende la fait naître à la cour de Louis XV, pour la marquise de Pompadour.

Martelé (finition)

Métaux et finitions

La surface garde l’empreinte du marteau de l’orfèvre : chaque facette accroche la lumière différemment. Une finition vivante, artisanale, que les rayures du temps ne dérangent pas.

Médaillon

Bijoux et fermoirs

Un pendentif plat, rond ou ovale, qui s’ouvre sur une charnière pour abriter un portrait, une mèche, une photographie : le plus intime des bijoux, porté près du cœur au bout d’une chaîne. Il se grave, se guilloche, s’émaille ou se sertit d’une perle. Sa charnière et son fermoir sont ses points fragiles : on l’ouvre du bout de l’ongle, sans forcer, et on le fait vérifier s’il baille. Le mot désigne aussi, par extension, tout pendentif rond à motif en relief.

L’industriel japonais (1858-1954), fils d’un marchand de nouilles de Toba, qui a fait de la perle de culture une réalité commerciale. Il obtient une première demi-perle en 1893, puis des perles rondes au début du XXᵉ siècle grâce au procédé de greffe mis au point par Tokichi Nishikawa et Tatsuhei Mise, dont il acquiert les droits. Ses fermes d’Akoya, sa boutique de Ginza et ses expositions dans le monde entier ont imposé la perle de culture face à la perle fine. Toute perliculture moderne descend de son entreprise.

Mogok

Pierres de couleur

La vallée de Birmanie qui produit les rubis les plus recherchés au monde, exploités depuis au moins le XVᵉ siècle. Dire « Mogok » pour un rubis, c’est dire la plus haute origine.

Voir aussiBirmanieRubis
Pour aller plus loin : Le rubis

Mohs (échelle de)

Mesures et certificats

L’échelle de dureté des minéraux, de 1 (talc) à 10 (diamant), qui dit si une pierre raye ou se laisse rayer. Corindon 9, topaze 8, quartz 7 : au-dessus de 7, une gemme résiste à la poussière du quotidien et se porte tous les jours.

Voir aussiCorindonSaphir

Moïssanite

Pierres de couleur

Un carbure de silicium, repéré en 1893 par le chimiste Henri Moissan dans les fragments d’une météorite d’Arizona, et que l’on ne produit plus aujourd’hui qu’en laboratoire. Dureté 9,25, feux plus vifs que ceux du diamant, dont elle est l’imitation la plus convaincante à l’œil. À la loupe, sa double réfraction dédouble les facettes arrière et la trahit aussitôt ; elle n’a ni la rareté ni la valeur d’un diamant, et doit être vendue sous son nom.

Monture

Bijoux et fermoirs

La partie en métal d’un bijou qui reçoit la pierre ou la perle et la porte au doigt, à l’oreille ou au cou : anneau, tête de bague, chaton, bélière. On la dessine pour la gemme : ouverte pour laisser entrer la lumière dans un diamant, fermée pour asseoir une perle sur une coupelle collée et goupillée. Une monture en or 750 ‰ ou en platine se répare, se polit et se remet à taille toute une vie ; c’est elle qui fait qu’un bijou tient.

Une monture dont le fond est plein : une plaque de métal ferme le dessous de la pierre et ne laisse pas la lumière traverser la culasse. C’était la règle avant le XIXᵉ siècle, souvent avec un paillon glissé sous la gemme pour aviver sa couleur. On la réserve aujourd’hui aux pierres opaques et aux cabochons ; une pierre transparente y perd de sa vie, et l’eau du nettoyage peut y rester piégée.

Morganite

Pierres de couleur

Le béryl rose, cousin de l’émeraude et de l’aigue-marine, coloré par le manganèse et baptisé par le gemmologue George Kunz en hommage au financier J. P. Morgan. Rose pêche à rose saumon, doux et lumineux, il fait de belles bagues de fiançailles contemporaines, surtout sur or rose. Dureté 7,5 à 8 : il se porte tous les jours. La plupart des morganites sont chauffées pour effacer une nuance jaune, un traitement stable et admis, à déclarer.

Mousqueton (fermoir)

Bijoux et fermoirs

Le fermoir à ressort en forme de goutte allongée, qui se pince pour s’ouvrir. Sûr et facile d’une seule main, c’est le fermoir courant des chaînes et des bracelets fins.

N

9 termes

Une perle formée sans aucune main humaine, quand un intrus, parasite ou fragment de tissu plutôt que le grain de sable de la légende, pousse le mollusque à l’enrober de nacre. Entièrement en nacre, presque jamais ronde, elle est d’une extrême rareté depuis que la pêche perlière du golfe Persique s’est éteinte, et se vend aux enchères, au grain, comme un objet de collection. En France, la loi l’appelle « perle fine » ; seule une radiographie en laboratoire la distingue avec certitude d’une perle de culture.

Néphrite (jade)

Pierres de couleur

L’une des deux pierres que l’on peut appeler jade, l’autre étant la jadéite. C’est une amphibole, faite de fibres de trémolite et d’actinote si enchevêtrées qu’elle est presque impossible à casser : la Chine ancienne en sculptait ses objets rituels. Vert épinard, vert tendre ou crème, plus opaque et plus douce que la jadéite, elle vaut aussi moins cher. Dureté 6 à 6,5 : elle se raye plus facilement, mais sa ténacité lui fait traverser les siècles.

Non chauffé

Pierres de couleur

Se dit d’un saphir ou d’un rubis dont la couleur est celle que la terre lui a donnée, sans passage au four. La grande majorité des corindons du marché sont chauffés pour aviver ou éclaircir leur couleur, un traitement stable et accepté ; un beau bleu ou un beau rouge resté intact est donc rare, et se paie. Seul un laboratoire peut l’établir, en observant que la soie et les inclusions sont demeurées intactes : la mention « no indications of heating » figure alors sur le rapport.

La bille que le greffeur introduit dans l’huître pour lancer une perle de culture, et autour de laquelle la nacre va se déposer : l’autre nom du nucléus. Il est tourné dans la coquille épaisse d’une moule d’eau douce, américaine le plus souvent, parce qu’elle se travaille bien et vieillit comme la nacre. Son diamètre décide de la taille de la perle à venir ; l’épaisseur de nacre se mesure à partir de lui. Une perle dont le noyau transparaît sous une nacre trop mince est à écarter.

Nuageux

Pierres de couleur

Se dit d’une gemme dont la transparence est voilée, comme par une brume : une multitude d’inclusions minuscules diffuse la lumière au lieu de la laisser traverser. Chez le diamant, le GIA nomme « nuage » un amas de points fins ; isolé, il ne compte guère, mais un nuage étendu peut ternir toute la pierre. Chez les pierres de couleur, un voile laiteux baisse la valeur, sauf quand il fait l’effet recherché, comme le velouté d’un saphir du Cachemire.

Nucléus

Perles

Le noyau de nacre, taillé dans une coquille de moule du Mississippi, que le greffeur introduit dans l’huître pour déclencher la perle. La perle de culture se forme autour de lui ; son épaisseur de nacre se mesure à partir de lui.

Nué (effet)

Pierres de couleur

Un passage progressif d’une couleur à l’autre au sein d’une même pierre, sans ligne de rupture, comme un dégradé de teinture sur une soie. On le voit dans certains saphirs bicolores, dans des tourmalines et des quartz. Il se distingue de la zone de couleur, franche et rectiligne, et de l’amétrine, qui juxtapose ses deux couleurs. Bien orienté par le lapidaire, il fait des pierres uniques.

Le petit nœud serré que l’enfileur forme sur le fil entre chaque perle d’un rang de valeur. Il a trois vertus : il empêche les perles de frotter l’une contre l’autre et d’abîmer leur nacre ; si le fil casse, une seule perle tombe au lieu de toutes ; et il donne au collier son tombé souple et régulier. Un enfilage sans nœuds se reconnaît aux perles qui s’entrechoquent. Un nœud lâche ou un fil qui apparaît entre deux perles sont le signal du ré-enfilage.

O

20 termes

Onyx

Pierres de couleur

Une calcédoine à bandes droites, noires et blanches, que les graveurs de camées ont toujours aimée pour le contraste de ses couches. L’onyx noir uni de la bijouterie est, dans la quasi-totalité des cas, une agate grise teintée en noir : un traitement ancien, stable et admis, que le vendeur doit indiquer. Dureté 6,5 à 7 et beau poli miroir : il se porte tous les jours, en chevalière, en pendentif ou face à des perles blanches, dans l’esprit Art déco.

Opale

Pierres de couleur

Une silice amorphe gorgée d’eau, la seule gemme qui ne soit pas un cristal. Dans l’opale noble, des sphères de silice rangées en réseau diffractent la lumière : ce sont les jeux de couleurs, différents sur chaque pierre. L’opale noire d’Australie est la plus rare, l’opale de feu du Mexique la plus vive. Dureté 5,5 à 6,5, sensible aux chocs et à la sécheresse : on la porte en pendentif ou en boucles plutôt qu’en bague de tous les jours. Pierre de naissance d’octobre.

Or

Métaux et finitions

Le métal précieux par excellence, jaune chaud, lourd, inaltérable : il ne rouille ni ne ternit, et un bijou d’or retrouvé après deux mille ans brille comme au premier jour. Pur, il est trop tendre pour être porté ; on l’allie donc à d’autres métaux, et le titre dit la part d’or restante : 750 ‰ pour la joaillerie, soit 18 carats. Selon l’alliage, il devient jaune, rose ou blanc sans cesser d’être de l’or. Il se ravive à vie d’un simple polissage.

Or 14 carats

Métaux et finitions

Un alliage à 585 ‰ d’or pur, soit un peu plus de la moitié, le reste en argent, cuivre ou palladium. Plus dur et moins coûteux que l’or 750 ‰, mais d’une couleur moins profonde et davantage sujet, avec le temps, à un léger ternissement selon l’alliage. C’est l’or courant de la bijouterie américaine et nordique ; en France, il porte le poinçon à la coquille Saint-Jacques. La Maison travaille l’or 750 ‰, dont la teinte et la tenue restent la référence de la joaillerie.

Or 18 carats

Métaux et finitions

L’appellation courante de l’or 750 ‰ : 18 parts d’or pur sur 24, alliées à 6 parts d’argent, de cuivre ou de palladium qui lui donnent sa couleur et sa tenue. C’est le titre de la joaillerie en France, garanti par le poinçon à tête d’aigle. Assez pur pour ne jamais ternir, assez dur pour tenir une pierre et un pavage pendant des décennies.

Or 750 ‰ (18 carats)

Métaux et finitions

L’or de la joaillerie : 750 millièmes d’or pur, soit 75 %, alliés à l’argent, au cuivre ou au palladium qui lui donnent sa tenue et sa couleur. Il ne ternit pas et se ravive par un simple polissage. Le carat de l’or mesure une pureté sur 24, pas un poids.

Or 9 carats

Métaux et finitions

Un alliage à 375 ‰ d’or pur : un peu plus du tiers, le reste étant du cuivre, de l’argent ou du zinc. C’est le titre minimal que la loi française autorise à appeler « or » depuis 1994, marqué du poinçon au trèfle. Dur et bon marché, il sert à la bijouterie de série ; sa couleur est plus pâle, et l’alliage majoritaire peut ternir ou marquer les peaux sensibles. Il n’a ni la chaleur ni la valeur de l’or de joaillerie, à 750 ‰.

Or blanc

Métaux et finitions

De l’or pur allié au palladium, qui le blanchit, puis rhodié pour un blanc éclatant. Le rhodiage se refait en atelier tous les quelques années selon le port. Le métal préféré des diamants, dont il ne réchauffe pas la couleur.

Or gris

Métaux et finitions

Le nom français de l’or blanc : de l’or pur allié au palladium ou à l’argent, qui le décolore en un gris clair chaud. Certains joailliers réservent « gris » à cet alliage laissé nu, et « blanc » au même métal une fois rhodié d’un blanc éclatant. Non rhodié, l’or gris a une douceur de teinte qui flatte les perles et les diamants un peu colorés, et il n’a rien à faire renouveler. Rhodié, il gagne en éclat et demande un rhodiage tous les quelques années selon le port.

Or jaune

Métaux et finitions

L’or dans sa couleur naturelle, à peine tempérée par l’argent et le cuivre de l’alliage 750 ‰. Le métal de l’alliance et du bijou classique, qui réchauffe les perles dorées et les peaux hâlées, et fait chanter les saphirs. Il ne ternit pas, ne se rhodie pas : un polissage en atelier lui rend son éclat du premier jour.

Or noir

Métaux et finitions

Non pas un alliage, mais un or 750 ‰ dont la surface a été noircie : le plus souvent par un dépôt de rhodium noir ou de ruthénium, parfois par oxydation. L’effet est profond et contemporain, et souligne l’éclat des diamants ou d’une perle de Tahiti. Comme le rhodiage blanc, ce traitement de surface s’use aux frottements et laisse réapparaître l’or, en particulier sur une bague ; il se refait en atelier. Sous le noir, le métal reste de l’or 750 ‰, poinçonné comme tel.

Or rose

Métaux et finitions

De l’or pur allié à une part plus grande de cuivre, qui lui donne sa teinte rosée. Chaud et discret, il flatte toutes les carnations et réchauffe les perles blanches. Il ne ternit pas.

Or vermeil

Métaux et finitions

Non pas un or, mais de l’argent 925 ‰ recouvert d’une couche d’or ; en France, l’appellation exige au moins cinq microns d’or. Le vermeil donne la teinte et l’éclat de l’or jaune ou rose pour un métal de base moins coûteux, mais la couche s’use aux frottements et laisse paraître l’argent avec les années : une bague en vermeil se redore, un bijou en or 750 ‰ se contente d’un polissage. Il porte le poinçon de l’argent, pas la tête d’aigle.

Ovale (taille)

Tailles et formes

Un brillant étiré en ovale : le même facettage que le rond, la même lumière, dans un contour qui allonge le doigt et paraît plus grand à poids égal. Sa forme moderne date des années 1950. Sans pointe, il se sertit à quatre ou six griffes et ne s’accroche à rien. Le seul point à surveiller est le « nœud papillon », une ombre en travers du centre que révèle une taille approximative.

Overtone

Perles

Le mot anglais, repris par le GIA, pour la nuance translucide qui recouvre la couleur de fond d’une perle : une Akoya blanche à overtone rosé, une Tahiti grise à reflet vert. Le GIA décrit la couleur en trois temps : fond, nuance et orient. La nuance se voit surtout sur les bords de la perle ; l’orient est l’irisation mouvante. Elle compte dans le prix : le rosé de l’Akoya, le vert paon de Tahiti, l’argenté des mers du Sud sont les plus recherchés, et ils sont naturels.

Œil de chat

Pierres de couleur

Le chrysobéryl chatoyant, dit cymophane : un cabochon jaune miel à vert où une ligne de lumière vive glisse d’un bord à l’autre quand on le tourne, comme la pupille d’un chat. L’effet naît d’inclusions fibreuses parallèles ; le lapidaire oriente le cabochon pour que la ligne soit fine, droite et centrée. Dureté 8,5 : il se porte tous les jours. Dit seul, « œil de chat » désigne toujours le chrysobéryl ; pour les autres pierres chatoyantes, on précise le nom de la pierre.

Œil de tigre

Pierres de couleur

Un quartz doré à brun, chatoyant, dont les bandes soyeuses s’allument tour à tour quand on le tourne. Il naît de fibres de crocidolite, une amphibole, remplacées par de la silice qui en garde la trame. Dureté 7, opaque : il se porte tous les jours, en cabochon, en perles, en chevalière ou en boutons de manchette, et vient surtout d’Afrique du Sud. L’œil de faucon est sa version bleue, restée non oxydée. Une pierre masculine par tradition, à prix modeste, dont la valeur tient à la vivacité des bandes.

Œil-de-chat

Pierres de couleur

L’effet de chatoyance en général : une ligne de lumière unique qui traverse un cabochon et se déplace quand on l’incline, produite par des inclusions fibreuses ou creuses toutes parallèles. Il existe dans le quartz, la tourmaline, l’apatite, la pierre de lune, le béryl et même l’opale. L’usage est strict : « œil-de-chat » employé seul revient au chrysobéryl ; pour toute autre pierre, son nom doit précéder, « quartz œil-de-chat ». La qualité se juge à la finesse, à la netteté et au centrage de la ligne.

P

37 termes

Padparadscha

Pierres de couleur

Le saphir rose-orangé, couleur de lotus au couchant, à qui le cinghalais a donné son nom. Le plus rare des saphirs de couleur, principalement du Sri Lanka ; sa nuance doit rester entre le rose et l’orange, sans dominer.

Voir aussiSaphirCeylan
Pour aller plus loin : Le saphir

Paillon

Sertis

Une mince feuille de métal, or, argent ou cuivre, parfois colorée, glissée sous une pierre dans une monture fermée pour en aviver l’éclat ou en corriger la teinte. Usage courant dans les bijoux anciens, sous les diamants taille rose comme sous les pierres pâles. En joaillerie moderne, la pierre se monte à jour, et un paillon sous une gemme à facettes signale plutôt une pierre que l’on a voulu faire paraître meilleure.

Palladium

Métaux et finitions

Un métal blanc de la famille du platine, plus léger que lui et naturellement clair. En joaillerie, il sert surtout à blanchir l’or : allié à l’or pur, il donne un or blanc dont la teinte reste douce sans nickel, ce qui convient aux peaux sensibles. Il existe aussi en bijoux à 950 ‰, gris clair, légers au doigt, qui n’ont pas besoin de rhodiage. Son cours varie beaucoup, ce qui l’a fait entrer et sortir des ateliers au fil des années.

Paraïba (tourmaline)

Pierres de couleur

Une tourmaline colorée par le cuivre, d’un bleu-vert néon qui semble éclairé de l’intérieur et qu’aucune autre gemme n’imite. Découverte en 1989 dans l’État brésilien de Paraíba, retrouvée ensuite au Mozambique et au Nigeria, elle reste rarissime au-delà d’un carat. Dureté 7 à 7,5 ; sa valeur au carat dépasse celle de bien des saphirs. Le nom « Paraíba » désigne aujourd’hui la couleur et le cuivre, pas seulement l’origine, que seul un laboratoire peut établir.

Parure

Bijoux et fermoirs

Un ensemble de bijoux dessinés pour être portés ensemble : collier, boucles d’oreilles, bracelet, bague, parfois broche ou diadème. La cour du XVIIIᵉ siècle en a fixé la tradition ; la demi-parure, deux pièces, collier et boucles le plus souvent, est sa forme moderne. Une parure de perles se compose de perles assorties, de même lustre, même couleur et même orient, ce qui est plus difficile à réunir qu’il n’y paraît : l’assortiment est l’un des sept facteurs de valeur du GIA.

Le laboratoire indépendant de Tokyo qui délivre le grade Hanadama aux perles Akoya. C’est lui qui examine chaque rang, et non le vendeur : lustre, surface, forme, épaisseur de nacre mesurée par rayons X, et le jeu d’interférences de la nacre, l’« aurora », observé sous une lumière spéciale. Seuls les rangs qui passent l’ensemble des épreuves reçoivent un certificat numéroté, valable pour ce rang précis. C’est la seule référence de laboratoire pour l’Akoya de haute qualité, là où le mot « AAA » n’engage que celui qui l’écrit.

Péridot

Pierres de couleur

L’olivine des gemmologues, d’un vert tirant sur le jaune, l’une des rares pierres qui n’existent qu’en une seule couleur, donnée par le fer qui entre dans sa composition. Les Égyptiens l’extrayaient déjà de l’île de Zabargad, en mer Rouge ; le Pakistan et la Birmanie en donnent aujourd’hui les plus beaux. Dureté 6,5 à 7 : il se porte au quotidien avec un peu de soin. Jamais traité, c’est la pierre de naissance d’août.

Perle

Perles

Une concrétion de nacre qu’un mollusque forme dans ses chairs, couche après couche, autour d’un corps étranger : la seule gemme née d’un être vivant, qui se porte sans taille ni polissage. Les huîtres perlières des mers chaudes donnent l’Akoya, la perle de Tahiti et celle des mers du Sud ; les moules de lac, la perle d’eau douce. Sa valeur se juge sur sept facteurs, dont le lustre avant tout. Tendre et sensible aux acides, elle demande de la douceur ; bien traitée, elle se transmet.

La perle des mers du Sud dans sa version blanche, élevée surtout en Australie dans l’huître à lèvres argentées, forme de Pinctada maxima au bord de manteau gris clair. Son fond blanc porte un reflet argenté, parfois rosé ou légèrement bleuté, qui la distingue du blanc chaud d’une Akoya ; sa nacre épaisse lui donne un lustre doux et profond plutôt que miroir. Naturelle, jamais blanchie ni teintée, elle est la plus grande des perles blanches et flatte les teints clairs comme l’or blanc et le platine.

Une perle aplatie d’un côté, bombée de l’autre, comme un bouton de nacre : l’une des sept formes de perle du GIA. Elle apparaît quand la perle a grandi contre une paroi ou s’est posée dans sa poche de nacre. Son dos plat en fait la perle idéale des boucles d’oreilles et des bagues, où il se colle et se goupille sur la monture sans montrer sa face cachée. De face, rien ne la distingue d’une ronde ; à lustre et à nacre égaux, elle coûte nettement moins.

Une perle dont la naissance a été provoquée par l’homme, le reste étant l’œuvre du mollusque : le greffeur introduit un noyau et un greffon de manteau, puis l’huître dépose sa nacre pendant des mois ou des années, en baie ou en lagon. Elle est en tout point une perle, de même matière que la perle naturelle ; seule la radiographie voit le noyau. Depuis Mikimoto, c’est elle qui compose la quasi-totalité des colliers, Akoya, Tahiti, mers du Sud et eau douce. Les nôtres ne sont jamais teintées.

Une perle d’eau douce japonaise, cultivée en très petite quantité dans le lac Kasumigaura, au nord-est de Tokyo, dans une moule hybride issue de l’espèce du lac Biwa et de sa cousine chinoise. Greffée sur noyau, elle est grande, plus souvent baroque que ronde, avec une surface plissée et des reflets métalliques rose, or ou mauve d’une intensité rare, tous naturels. Chaque récolte se compte en poignées : c’est une perle de collectionneur, montée seule en pendentif ou en bague plutôt qu’en rang, et dont la provenance vaut d’être garantie.

La perle de culture élevée aux Philippines et en Indonésie dans l’huître à lèvres dorées, la variété de Pinctada maxima dont le bord du manteau est jaune d’or. Sa couleur va du champagne au doré profond, le plus recherché, et elle est naturelle : l’huître la donne telle quelle, sans teinture. Grande, à la nacre épaisse et au lustre satiné comme sa sœur blanche d’Australie, elle réchauffe les peaux mates et s’accorde à l’or jaune. Une perle dorée d’un ton profond et uniforme est parmi les plus rares.

L’appellation légale, en France, de la perle naturelle, formée par le mollusque sans intervention humaine ; « fine » ne signifie pas ici « de qualité supérieure ». Avant la perle de culture, tous les colliers en étaient faits, pêchés dans le golfe Persique, à Ceylan ou au Venezuela, et un rang assorti demandait des années. Aujourd’hui, elles passent surtout en vente aux enchères, comme La Peregrina, perle en poire du XVIᵉ siècle. Un rapport de laboratoire fondé sur la radiographie est indispensable pour en garantir la nature.

Une perle symétrique et allongée, plus longue que large, sans la pointe de la goutte : l’une des sept formes du GIA. Fréquente en eau douce et chez Tahiti, elle se monte en rang, où les ovales alignés dessinent une ligne plus souple que les rondes, ou en pendentif, où sa longueur allonge le cou. Régulière, elle n’a pas le prix de la ronde et garde toute la nacre d’une perle bien cultivée. On la préfère franche : une ovale nette vaut mieux qu’une ronde manquée.

Une perle presque ronde, dont l’irrégularité se devine sur un fond blanc et s’oublie au cou ou à l’oreille. Le GIA la nomme near-round et réserve « ronde » à un écart entre les diamètres inférieur à 2 % ; au-delà, la perle est semi-ronde, si belle soit-elle. Comme la rondeur parfaite est rare et fait grimper le prix, la semi-ronde offre le même lustre et la même nacre pour moins : un choix raisonnable pour un rang de tous les jours, pourvu que les perles soient assorties entre elles.

L’élevage de l’huître perlière et la culture de la perle, de la greffe à la récolte, avec des années de soins en lagon ou en baie. Née au Japon avec Mikimoto au début du XXᵉ siècle, elle a fait de la perle un bijou accessible sans rien enlever à sa nature.

Pierre de naissance

Pierres de couleur

La gemme associée au mois de naissance, une tradition fixée par les joailliers américains en 1912 et enrichie depuis. Grenat en janvier, améthyste en février, aigue-marine en mars, diamant en avril, émeraude en mai, perle en juin, rubis en juillet, péridot en août, saphir en septembre, opale ou tourmaline en octobre, topaze ou citrine en novembre, turquoise, tanzanite ou zircon en décembre. Un cadeau qui a du sens, à choisir aussi pour sa dureté : une opale ne se porte pas comme un saphir.

Pierre d’imitation

Pierres de couleur

Une matière qui ressemble à une gemme sans en avoir ni la composition ni les propriétés : verre, oxyde de zirconium ou moissanite pour le diamant, verre coloré pour le saphir ou le rubis, plastique pour l’ambre. Elle se trahit par sa dureté, son éclat, sa densité, et un gemmologue la reconnaît en quelques secondes. Le mot « synthétique » ne s’applique pas : l’imitation n’a du modèle que l’apparence.

Pinctada

Perles

Le genre des huîtres perlières des mers chaudes, dont naissent presque toutes les perles de mer. Trois espèces font la joaillerie : Pinctada fucata, la petite huître japonaise de l’Akoya ; Pinctada margaritifera, l’huître à lèvres noires de Tahiti ; Pinctada maxima, la grande huître à lèvres argentées ou dorées des mers du Sud. La couleur de la lèvre, ce bord du manteau, annonce celle de la perle : c’est là que le greffeur prélève son greffon. La perle d’eau douce, elle, vient d’une moule, hors de ce genre.

Platine

Métaux et finitions

Le métal des pièces qui traversent les générations : 950 millièmes de platine pur, plus dense et plus lourd que l’or, naturellement blanc. Il ne s’use pas, ne se rhodie jamais, et ses griffes tiennent une pierre sans faiblir.

Pléochroïsme

Pierres de couleur

La propriété d’un cristal de montrer des couleurs différentes selon la direction dans laquelle on le regarde. Deux couleurs chez le saphir, le rubis ou la tourmaline, on parle de dichroïsme ; trois chez la tanzanite, l’iolite ou l’andalousite. Le lapidaire oriente la table de la pierre pour que la meilleure couleur regarde le porteur, et le gemmologue s’en sert au dichroscope pour identifier une pierre. Diamant, grenat et spinelle, de structure cubique, n’en ont aucun.

Poinçon

Métaux et finitions

La marque frappée dans le métal qui garantit son titre : en France, la tête d’aigle pour l’or 750 ‰, la tête de chien pour le platine. Le poinçon de maître, en losange, signe l’atelier. Minuscule, il se lit à la loupe à l’intérieur d’un anneau ou sur un fermoir. Les bijoux en or de moins de 3 grammes sont dispensés du poinçon de titre.

Poinçon de maître

Métaux et finitions

La signature de l’atelier, frappée dans le métal à côté du poinçon de titre : en France, un losange qui enferme les initiales du fabricant et un symbole qui lui est propre, déposés auprès de l’administration. Il engage la responsabilité de celui qui a fait ou fait faire le bijou, et permet, des années plus tard, de retrouver son origine. Minuscule, il se lit à la loupe à l’intérieur d’un anneau ou sur un fermoir.

Point

Mesures et certificats

Le centième de carat, soit 0,002 g : le langage du comptoir pour les petites pierres. Un diamant de 0,25 ct se dit « vingt-cinq points », un pavage compte ses pierres « d’un point » ou « de deux points ». Au-delà d’un demi-carat, on parle en carats. Ne pas confondre avec la pointe de la culasse d’une pierre, que l’on appelle la colette.

Points (diamant)

Mesures et certificats

La façon dont un joaillier nomme les diamants de moins d’un demi-carat : en points, chaque point valant un centième de carat. « Trois pierres de dix points » font 0,30 ct au total, « un diamant de cinquante points », 0,50 ct. La mesure est utile pour comparer un pavage à un autre, mais elle ne dit rien de la taille visible : deux pierres de même poids peuvent différer de diamètre selon leur coupe.

Poire (taille)

Tailles et formes

Une taille en goutte, ronde d’un côté, en pointe de l’autre. Portée pointe en haut sur une bague, elle affine la main ; en pendentif ou en pendant d’oreille, elle suit le mouvement.

Poussette belge

Bijoux et fermoirs

La poussette à deux ailettes enroulées, fermée par simple friction sur la tige : le fermoir de puce le plus répandu, léger, discret et facile d’une main. Ses ailes se desserrent avec les années ; une légère pression des doigts leur rend leur prise. Elle convient aux puces du quotidien, mais pour une perle d’Akoya ou un diamant, on lui préfère un fermoir alpa, qui se verrouille et ne s’en va pas avec le col d’un pull. Elle se remplace en quelques minutes à l’atelier.

Précieuse (pierre)

Pierres de couleur

Par tradition, quatre gemmes seulement : le diamant, le rubis, le saphir et l’émeraude. Toutes les autres, de la tourmaline au spinelle, sont des pierres fines, ce qui ne dit rien de leur beauté ni de leur prix : une Paraíba vaut plus qu’un petit saphir. En France, un décret de 2002 encadre ces appellations et interdit le mot « semi-précieuse », trompeur pour l’acheteur. Ce qui fait la valeur d’une pierre reste sa couleur, sa pureté, sa rareté et son origine.

Princesse (taille)

Tailles et formes

Une taille carrée aux angles vifs et aux facettes en éventail, très brillante, plus moderne que le rond. Ses pointes sont fragiles : un serti à quatre griffes en V les protège.

Provenance

Pierres de couleur

L’origine géographique d’une gemme, que les laboratoires établissent d’après ses inclusions et sa chimie. Le GIA ne note pas la qualité d’une pierre de couleur, mais il identifie sa nature, ses traitements et, quand c’est possible, sa provenance. Un saphir de Ceylan, un rubis de Birmanie, une émeraude de Colombie portent des noms qui pèsent sur le prix, parfois du simple au double à beauté égale. La provenance s’ajoute à la couleur, elle ne la remplace pas.

Pureté

Diamants
Repère GIA FL · IF · VVS1-2 · VS1-2 · SI1-2 · I1-3

Le degré d’inclusions et de marques internes, examiné à la loupe ×10. FL et IF sont sans défaut, VVS et VS ont des inclusions invisibles à l’œil nu, SI des inclusions que l’on trouve en cherchant, I des inclusions visibles. VS est le meilleur équilibre : net à l’œil, sans payer la rareté d’un grade que seul un laboratoire distingue.

Pour aller plus loin : Les 4 C du diamant

Q

5 termes

Quadruplet

Pierres de couleur

Une pierre assemblée de quatre éléments collés, rare variante du doublet et du triplet. Le principe reste le même : une lamelle de gemme, souvent d’opale, montée sur un fond sombre et protégée par un dôme transparent, avec une couche supplémentaire de colle ou de verre. On l’achète pour son aspect, à une fraction du prix d’une pierre pleine, et jamais sans que le mot « assemblée » figure sur la facture. À tenir loin de l’eau chaude et des solvants, qui décollent.

Le classement d’une perle selon ses critères de valeur : pour le GIA, taille, forme, couleur, lustre, surface, qualité de la nacre et assortiment. Le commerce résume cela par des lettres, A, AA, AAA, mais sans norme commune, chaque maison plaçant ses seuils où elle l’entend. Deux systèmes font exception : le classement officiel de A à D que la Polynésie française impose à la perle de Tahiti, et le grade Hanadama que le Pearl Science Laboratory de Tokyo délivre à l’Akoya. Devant une lettre, demandez ce qu’elle mesure.

Quartz

Pierres de couleur

La silice cristallisée, le minéral le plus abondant de l’écorce terrestre et l’une des grandes familles de la bijouterie. Incolore, il est cristal de roche ; violet, améthyste ; jaune, citrine ; brun, quartz fumé ; rose, quartz rose. Dureté 7 : il résiste à la poussière du quotidien et se porte tous les jours. Abondant en grandes tailles, il offre des couleurs franches pour un budget doux ; sa valeur tient à l’intensité de sa couleur et à sa limpidité.

Quartz fumé

Pierres de couleur

Un quartz brun clair à brun presque noir, dont la couleur naît d’une irradiation naturelle au fond de la terre ; beaucoup de pierres du commerce sont irradiées en laboratoire pour le même résultat, ce qui doit être dit. Le morion est sa forme la plus sombre, le cairngorm celle des Highlands écossais. Dureté 7, abondant en grandes tailles : on l’aime en bague cocktail ou en pendentif, sur or jaune ou rose, pour un brun chaud et transparent à petit prix.

Quartz rose

Pierres de couleur

Un quartz rose pâle à rose franc, dont la teinte vient de très fines inclusions fibreuses qui le rendent le plus souvent laiteux ; les cristaux transparents sont rares et se facettent, les autres se taillent en cabochon ou en perles. Dureté 7, il se porte tous les jours, mais sa couleur peut pâlir à la lumière vive et prolongée. Pierre de la tendresse dans la tradition, c’est aussi une pierre douce à porter avec des perles.

R

16 termes

Radiant

Tailles et formes

Un diamant radiant se reconnaît à ses angles coupés et à son fond où les facettes se croisent en éclats serrés, quand la taille émeraude, de même contour, montre des degrés parallèles. Il se sertit à quatre griffes sur les angles, ce qui le rend robuste au quotidien. Sur une pierre incolore, il rivalise de lumière avec le brillant ; sur un jaune ou un rose, il renforce la couleur, d’où sa faveur pour les diamants de couleur.

Rang

Perles

Un fil de perles assorties, nouées, fermé par un fermoir : l’unité de base du collier et du bracelet de perles. On dit un collier un rang, deux rangs. Sa longueur lui donne son nom, ras-de-cou, princesse, matinée, opéra ou sautoir, et ses perles peuvent être toutes du même diamètre ou aller en dégradé, les plus grosses au centre. Composer un rang, c’est assortir des dizaines de perles de même lustre, couleur et forme : c’est l’assortiment, septième facteur de valeur du GIA et le plus long à réunir.

Le document d’un laboratoire indépendant, GIA en tête, qui décrit un diamant : poids, dimensions, couleur, pureté, coupe, fluorescence, plan des inclusions, et son numéro, gravé au laser sur le rondiste. Il identifie la pierre, il ne l’estime pas : aucun prix n’y figure. Il diffère du certificat d’authenticité de la Maison, qui décrit le bijou entier. Nos diamants de 0,30 ct et plus sont accompagnés de leur rapport GIA.

La remise à neuf d’un rang de perles : l’atelier coupe l’ancien fil, nettoie les perles, les réenfile sur une soie neuve avec des nœuds frais, vérifie le fermoir et le change s’il fatigue. Le moment est venu quand le fil se voit entre les perles, quand le rang s’est allongé ou quand la soie a jauni, plutôt qu’à date fixe : un collier porté chaque jour se refait plus tôt qu’un collier de soirée. C’est un entretien courant, à faire avant qu’un fil ne cède en pleine rue.

Réfraction (indice de)

Mesures et certificats

La déviation que subit la lumière en entrant dans une gemme, et le nombre qui la mesure. Le gemmologue pose la pierre sur un réfractomètre, lit une valeur, et la compare à celles des minéraux connus : 2,42 pour le diamant, environ 1,77 pour le saphir et le rubis, 1,55 pour le quartz. Certaines pierres donnent deux valeurs, signe d’une double réfraction, ce qui suffit à écarter un verre ou un diamant, qui n’en donnent qu’une. Une mesure simple, sans contact abrasif, qui protège l’acheteur.

Remise à taille

Mesures et certificats

L’opération d’atelier qui agrandit ou réduit un anneau, en ajoutant ou retirant une portion de métal puis en ressoudant et repolissant. Invisible quand elle est bien faite ; les anneaux entièrement pavés ou en platine demandent un soin particulier.

Pour aller plus loin : Le baguier

Rhodiage

Métaux et finitions

Une fine couche de rhodium, métal blanc de la famille du platine, déposée par électrolyse sur l’or blanc pour un éclat parfaitement blanc. Elle s’estompe avec le port ; l’atelier la renouvelle en quelques minutes, c’est un entretien, pas un défaut.

Voir aussiOr blancPlatine

Rhodolite (grenat)

Pierres de couleur

Un grenat entre le pyrope et l’almandin, framboise à lilas, plus clair et plus lumineux que le grenat rouge sombre. Son nom vient du grec « rhodon », la rose ; on l’a nommé en Caroline du Nord à la fin du XIXᵉ siècle, et la Tanzanie, le Sri Lanka et le Mozambique en fournissent aujourd’hui. Dureté 7 à 7,5, jamais traité, sans inclusion visible dans les belles pièces : une pierre honnête, de tous les jours, à prix doux.

Rivière

Bijoux et fermoirs

Un collier ou un bracelet fait d’une seule ligne de diamants sertis bout à bout, chacun dans son chaton articulé, si bien que la lumière coule sans interruption autour du cou ou du poignet, d’où le nom. Née au XVIIIᵉ siècle en pierres dégradées, la rivière moderne aligne des pierres de même calibre ; le bracelet rivière est celui que l’on appelle « bracelet tennis ». Sa valeur tient au nombre et à la qualité des diamants, et sa sécurité au fermoir, doublé d’un huit.

Rondiste

Tailles et formes

L’arête qui fait le tour d’une pierre à sa plus grande largeur, entre la couronne et la culasse. C’est là que les griffes tiennent la pierre, et là que le GIA grave au laser le numéro de son rapport.

Rose (taille)

Tailles et formes

Un diamant taillé en rose se reconnaît à sa base plate et à son dôme de facettes triangulaires, trois, six, douze ou vingt-quatre selon l’époque et la grosseur de la pierre. Sans culasse, il ne renvoie pas la lumière comme un brillant : il la reflète en surface, doucement, ce qui lui va bien le soir. Dans un bijou moderne, on le monte à jour, en serti clos ou à griffes, et on le choisit pour son allure de pierre d’autrefois, en pierre de côté comme en pavage.

Royal Asscher

Tailles et formes

La version renouvelée de la taille Asscher, brevetée en 2001 par la maison d’Amsterdam qui l’avait créée un siècle plus tôt. Elle passe de 58 à 74 facettes et corrige les proportions pour renvoyer plus de lumière, tout en gardant le dessin carré à degrés et les angles coupés de l’originale. Le nom est une marque déposée : seule la Royal Asscher Diamond Company le grave sur ses pierres.

Rubellite

Pierres de couleur

La tourmaline rouge, du rose framboise au rouge rubis, colorée par le manganèse. Le nom se mérite : une rubellite garde son rouge sous toutes les lumières, à la lampe comme au jour, là où une tourmaline rose brunit le soir. Dureté 7 à 7,5 ; les inclusions y sont fréquentes, et une pierre nette et saturée devient vite précieuse. Le Brésil, le Nigeria et le Mozambique en donnent les plus belles.

Rutile

Pierres de couleur

Un oxyde de titane qui vit surtout à l’intérieur des autres pierres, sous forme d’aiguilles si fines que les gemmologues les appellent « soie ». Alignées, elles donnent l’œil de chat ; croisées dans trois directions, l’étoile du saphir étoilé ; dissoutes par la chauffe, elles disparaissent, ce qui trahit un corindon chauffé. En larges aiguilles dorées dans un cristal de roche, le rutile devient lui-même une gemme : le quartz rutile, dit « cheveux de Vénus ».

S

26 termes

Sang de pigeon

Pierres de couleur

La couleur de référence du rubis : un rouge pur, saturé, légèrement bleuté, qui reste vif en lumière faible. Le terme vient des marchands birmans ; les laboratoires le réservent à une plage de couleur précise et rare.

Pour aller plus loin : Le rubis

Saphir

Pierres de couleur

Un corindon, la même famille minérale que le rubis, dans toutes les couleurs sauf le rouge, le bleu en tête. Dureté 9 sur l’échelle de Mohs, juste après le diamant : il se porte tous les jours. La couleur fait l’essentiel de sa valeur ; les plus beaux bleus viennent de Ceylan.

Pour aller plus loin : Le saphir

Saphir Cachemire

Pierres de couleur

Le saphir des hautes vallées du Cachemire, découvert en 1881 à plus de 4 000 m d’altitude et exploité à peine quelques années. Son bleu velouté, légèrement laiteux, vient d’une soie très fine qui adoucit la lumière sans l’éteindre : aucune autre origine ne le reproduit. Les pierres circulent aujourd’hui surtout en vente aux enchères, presque toujours anciennes ; l’origine ne se prouve que par un rapport de laboratoire, et fait le prix.

Saphir étoilé

Pierres de couleur

Un saphir taillé en cabochon où une étoile à six branches se déplace avec la lumière : ce sont des aiguilles de rutile, croisées dans trois directions, qui la dessinent. L’étoile ne se voit bien que sous une source ponctuelle, soleil ou spot, et doit être fine, centrée et complète. Bleu, gris ou noir, le saphir étoilé est le plus souvent non chauffé, la chauffe dissolvant la soie qui fait l’étoile. Dureté 9, il se porte tous les jours.

Saphir Padparadscha

Pierres de couleur

Le saphir dont la couleur hésite entre le rose et l’orange, comme la fleur de lotus qui lui donne son nom cinghalais. Il ne doit pencher franchement ni vers l’un ni vers l’autre : trop rose, c’est un saphir rose ; trop orange, un saphir orange ; et seul un laboratoire tranche. Sa source historique est le Sri Lanka, l’ancien Ceylan ; il est le plus rare des saphirs de couleur. Dureté 9, il se porte tous les jours, mais sa nuance délicate mérite un serti qui la laisse respirer.

Le jeu d’éclairs et d’ombres qui court sur un diamant dès que la main bouge, ou que la lumière change. Il naît des petites facettes posées au brillantage, étoiles et halefis, et du contraste entre zones claires et zones sombres. Le GIA le retient, avec la brillance et le feu, parmi les critères du grade de coupe. Un diamant qui scintille se voit de loin ; c’est ce que l’entourage remarque avant le poids ou la couleur.

De minuscules perles, en dessous de 2 mm environ, longtemps naturelles et pêchées avec les grandes ; les Anglais disent seed pearls. Trop petites pour former un rang, elles étaient cousues en broderie sur les parures du XIXᵉ siècle, ou montées en semis serré sur les broches et les bracelets victoriens. Aujourd’hui, les ateliers les recherchent surtout pour restaurer ces bijoux anciens, où il en manque souvent une. Elles n’ont rien à voir avec le noyau que l’on greffe dans l’huître.

La grille du GIA pour juger une perle, l’équivalent des 4 C du diamant : taille, forme, couleur, lustre, surface, qualité de la nacre et assortiment. Le lustre y pèse le plus, car il naît de la nacre elle-même et fait la beauté d’une perle avant sa grosseur ; la forme ronde et la surface propre viennent ensuite, puis la taille. La couleur relève du goût, la nacre de la durée. Ces sept facteurs sont la seule référence commune, là où les lettres AAA varient d’un vendeur à l’autre.

Pour aller plus loin : La qualité d’une perle

Une variante du serti masse où le sertisseur grave autour de la pierre enfoncée une étoile à plusieurs branches, dont les pointes rabattues retiennent la gemme. Le dessin gravé prolonge l’éclat de la pierre et la fait paraître plus grande ; très en vogue à l’époque victorienne, il revient sur les chevalières, les médaillons et les pendentifs plats. Un serti solide et sans relief, qui protège la pierre et se porte tous les jours.

Un serti où aucun métal n’apparaît entre les pierres : chaque gemme, taillée avec une rainure sous son rondiste, se glisse sur un fin rail d’or caché dessous, et les pierres se touchent bord à bord comme un pavage de couleur pure. Van Cleef & Arpels l’a breveté en 1933 sous le nom de « serti mystérieux ». Il exige des pierres calibrées au centième et un sertisseur d’exception, d’où sa rareté ; une pierre perdue se remplace difficilement, et l’on protège ces bijoux des chocs.

La pierre est enfoncée directement dans l’épaisseur du métal, à fleur de surface, et retenue par le métal rabattu tout autour : ni griffe, ni ruban rapporté. Le bijou reste lisse comme un galet, rien n’accroche, rien ne dépasse ; c’est le serti des chevalières, des joncs et des alliances masculines. Il demande une monture épaisse et une pierre dure, diamant ou saphir de préférence, car la lumière n’entre que par la table.

L’art de fixer une pierre dans le métal sans colle et sans la blesser, par la seule pression du métal rabattu sur elle. C’est un métier à part entière, distinct de celui du joaillier qui fabrique la monture. Chaque serti a son usage : les griffes pour la lumière, le clos pour la sécurité, le grain pour le pavage, le rail pour les lignes de pierres. La qualité du sertissage décide de la tenue d’un bijou pendant des décennies.

L’artisan qui fixe les pierres sur un bijou, après le joaillier qui a façonné la monture et avant le polisseur. Au burin, à l’échoppe et au microscope, il ajuste chaque logement à la pierre, rabat le métal et polit ses griffes ou ses grains sans rayer la gemme. Un pavage de diamants ou une pierre fragile comme l’émeraude se confient aux plus expérimentés : de son geste dépendent la tenue et l’éclat de l’ensemble.

Solitaire

Bijoux et fermoirs

Une bague qui porte une seule pierre, et rien pour la distraire. Le diamant y est tenu par quatre ou six griffes, bien au-dessus de l’anneau, pour recevoir la lumière de tous côtés : c’est la monture Tiffany, imaginée en 1886, qui a fait du solitaire la bague de fiançailles par excellence. Tout se joue dans la pierre ; les 4 C se choisissent ici avec plus de soin que nulle part ailleurs.

Solitaire trilogie

Bijoux et fermoirs

Une bague à trois pierres alignées, la centrale un peu plus grande, que la tradition anglaise lit comme le passé, le présent et l’avenir. Les pierres de côté peuvent reprendre la forme de la centrale ou la contraster : un ovale entre deux poires, un coussin entre deux trillions. Plus large sur le doigt qu’un solitaire, elle se choisit aussi pour un anniversaire de mariage.

Spectroscope

Mesures et certificats

L’instrument du gemmologue qui décompose la lumière traversant une pierre en un arc-en-ciel, et y lit les bandes sombres absorbées par ses éléments colorants. Le chrome d’un rubis, le fer d’un saphir, le manganèse d’une rhodolite laissent chacun une signature. Il permet aussi de démasquer certaines teintures et certains verres, et de séparer un diamant naturel d’un synthétique dans bien des cas. Avec le réfractomètre et la loupe ×10, c’est l’un des trois outils de base de l’identification.

Spinelle

Pierres de couleur

Un oxyde de magnésium et d’aluminium, dureté 8, longtemps pris pour du rubis : le « rubis du Prince Noir » de la couronne d’Angleterre est un spinelle rouge. Rouge, rose vif, bleu cobalt, violet ou gris, il se trouve à Mogok, au Sri Lanka, au Vietnam et en Tanzanie, presque toujours sans aucun traitement. Sa réfraction simple lui donne une couleur très pure, et il se porte tous les jours. Une belle pierre, longtemps sous-estimée, dont le prix rattrape la beauté.

Repère GIA Clean · Lightly spotted · Moderately spotted · Heavily spotted

L’état de la peau de la perle : piqûres, stries, plis laissés par sa croissance. Le GIA classe de « propre » à « fortement marquée ». Une perle est un objet vivant : une surface parfaite est rare et pèse dans le prix, mais de légères marques invisibles au porter ne nuisent ni au lustre ni à la solidité.

Pour aller plus loin : Le lustre des perles

Synthétique (pierre)

Pierres de couleur

Une pierre fabriquée en laboratoire, avec la même composition chimique et la même structure cristalline que sa jumelle naturelle : un rubis synthétique est bien du corindon, pas une imitation. Le procédé Verneuil produit des rubis par fusion depuis 1902 ; diamant, saphir, émeraude et spinelle se synthétisent aussi. Le mot « synthétique » doit figurer sur la facture. Seul un laboratoire, d’après les inclusions et la croissance, distingue une synthèse d’une pierre née dans la terre.

T

25 termes

Table

Tailles et formes

La grande facette plate au sommet d’une pierre taillée, par laquelle entre la lumière. Trop large, elle éteint la pierre ; bien proportionnée, elle laisse jouer les facettes de la couronne.

Taille

Tailles et formes

Le façonnage d’une pierre brute en gemme, par le lapidaire pour les pierres de couleur, le diamantaire pour le diamant ; par extension, la forme qui en résulte. Brillant rond, princesse, émeraude, ovale, marquise, coussin, poire, radiant : chaque taille distribue la lumière à sa façon, le brillant pour le scintillement, les degrés pour la clarté. La qualité d’exécution, que le GIA note de Excellent à Poor pour le diamant rond, fait plus pour la beauté que le poids.

Taille 52

Mesures et certificats

La taille de bague la plus courante en France pour une femme : un tour intérieur de 52 mm, soit un diamètre d’environ 16,5 mm, ce qui correspond à peu près à une 6 américaine. C’est la taille des bagues d’essai et de bien des bagues de fiançailles, mais rien ne remplace la mesure au baguier, en fin de journée, quand le doigt est le plus large. Une bague large se prend une demi-taille au-dessus ; une bague fine, à la taille exacte.

L’ensemble des tailles du diamant d’avant le brillant moderne de 1919 : la rose, la taille de vieille mine, coussin haut à petite table, et la taille ancienne européenne, ronde, à couronne haute et à colette ouverte. Taillées à la main, souvent pour la lumière des bougies, elles brillent par éclairs larges et lents plutôt que par un scintillement fin. Elles ont leur marché et leur charme, et se jugent avec d’autres yeux que le brillant.

Taille de bague

Mesures et certificats

En France, le tour intérieur de l’anneau en millimètres, de 44 à 70 environ ; une 54 correspond à une 6¾ américaine. Le doigt change avec la chaleur et l’heure : une bague doit passer l’articulation avec un léger effort et tenir sans serrer.

Pour aller plus loin : Le baguier

Tanzanite

Pierres de couleur

La variété bleu-violet de la zoïsite, connue depuis 1967 et extraite en un seul lieu au monde, les collines de Mererani, en Tanzanie ; c’est Tiffany & Co. qui lui a donné son nom. Elle est trichroïque, bleu, violet et bordeaux selon l’axe, et presque toujours chauffée pour effacer sa teinte brune d’origine, ce qui est admis et déclaré. Dureté 6 à 7 et un plan de clivage : mieux en pendentif ou en boucles qu’en bague de tous les jours. Pierre de naissance de décembre.

La pierre n’est tenue que par la pression des deux extrémités de l’anneau, ouvert comme une pince, qui la serrent sur deux petites rainures de son rondiste. Elle semble flotter dans le vide et reçoit la lumière de toutes parts. Mis au point dans les années 1970, ce serti exige un alliage trempé et une pierre dure, diamant ou saphir, et il ne se remet pas à taille sans refaire la bague : on choisit son tour de doigt avec grand soin avant de commander.

La capacité d’une perle à rester belle au fil des années : garder son lustre, sa couleur et sa surface intacte. Elle dépend d’abord de l’épaisseur et de la qualité de la nacre, qui protègent le noyau et résistent au frottement ; une nacre mince s’éteint, se pèle ou laisse voir la bille en quelques années. Elle dépend ensuite de ce qu’on lui fait subir : parfums, cosmétiques, sueur, bains de mer. Une nacre épaisse, une couleur naturelle jamais teintée et quelques gestes d’entretien font une perle qui se transmet.

Pour aller plus loin : Entretenir ses perles

Tête de chien

Métaux et finitions

Le poinçon de garantie du platine en France : une tête de chien de profil, frappée sur les bijoux à 950 ‰ de platine pur. Elle apparaît au début du XXᵉ siècle, quand le platine, devenu le métal de la joaillerie de diamants, a reçu son statut de métal précieux. Elle se lit à la loupe à l’intérieur de l’anneau, près du losange du poinçon de maître. L’or 750 ‰ porte la tête d’aigle : deux animaux, deux métaux, aucune confusion possible entre un platine et un or blanc rhodié.

Tête d’aigle

Métaux et finitions

Le poinçon de garantie de l’or 750 ‰ en France : une petite tête d’aigle de profil, frappée par l’administration ou par l’atelier habilité depuis 1838. La trouver à l’intérieur d’un anneau ou sur un fermoir, c’est savoir que le métal contient bien 18 carats d’or, soit trois quarts d’or pur. Les titres inférieurs ont d’autres marques, la coquille pour 585 ‰, le trèfle pour 375 ‰ ; le platine porte la tête de chien. Un aigle et un losange côte à côte disent tout d’un bijou d’or français.

Le serti à six griffes fines qui surélève un diamant au-dessus de l’anneau, introduit par Tiffany & Co. en 1886 pour le solitaire. Avant lui, les pierres étaient enchâssées dans le métal ; en les levant, ce serti laisse la lumière entrer par tous les côtés et fait paraître la pierre plus grande. Devenu le modèle universel de la bague de fiançailles, il a un revers : ses griffes s’accrochent aux mailles et s’usent, et se vérifient à chaque passage en atelier.

Tige (boucle d’oreille)

Bijoux et fermoirs

La fine tige d’or qui traverse le lobe et sur laquelle vient se fermer la poussette ou l’alpa. Elle porte souvent une petite encoche qui retient le fermoir et l’empêche de glisser. Sa longueur et son diamètre décident du confort : trop courte, la poussette pince ; trop longue, la boucle bascule vers l’avant. L’or 750 ‰ et le platine conviennent aux lobes sensibles ; on nettoie la tige à l’alcool de temps en temps, et on remplace celle qui s’est tordue plutôt que de la redresser.

Titre

Métaux et finitions

La proportion de métal précieux pur dans un alliage, exprimée en millièmes : 750 ‰ pour l’or 18 carats, 950 ‰ pour le platine de joaillerie. Le poinçon de titre le garantit.

Toi et moi

Bijoux et fermoirs

Une bague à deux pierres posées face à face sur un anneau qui s’ouvre en spirale, sans jamais se rejoindre. La bague que Napoléon Bonaparte offrit à Joséphine en 1796, un saphir et un diamant, en a fait le symbole des fiançailles à deux voix. On y marie deux gemmes de même taille, ou deux pierres différentes, perle et diamant, saphir et rubis, deux couleurs, deux caractères. Un anneau ouvert se déforme plus facilement qu’un anneau fermé : on le fait vérifier de temps en temps.

Topaze

Pierres de couleur

Un silicate d’aluminium et de fluor, dureté 8 sur l’échelle de Mohs, qui existe incolore, jaune, brun, rose et bleu. La topaze impériale, orangée à reflets roses, venue du Brésil, est la seule rare ; le bleu des bijoux courants est presque toujours obtenu par irradiation puis chauffage d’une pierre incolore, ce qui doit être annoncé. Elle est assez dure pour le quotidien, mais clive net dans un plan : un choc sur l’arête d’une bague peut la fendre, d’où l’intérêt d’un serti clos ou d’un port en pendentif.

Tourmaline

Pierres de couleur

Une famille de silicates de bore qui offre toutes les couleurs, parfois deux dans le même cristal, comme la tourmaline pastèque, rose au cœur et verte au bord. Rubellite pour le rouge, indicolite pour le bleu, verdelite pour le vert, Paraíba pour le bleu néon au cuivre. Dureté 7 à 7,5 et fort pléochroïsme : le lapidaire oriente la taille pour la couleur la plus belle. Le plus souvent non traitée, elle se porte tous les jours. Pierre de naissance d’octobre, avec l’opale.

Traitement (pierre)

Pierres de couleur

Toute intervention qui modifie l’aspect d’une gemme après son extraction : chauffe du saphir et du rubis, huilage de l’émeraude, irradiation de la topaze bleue, teinture de l’onyx, résine dans la turquoise, remplissage de fissures au verre. Certains traitements sont anciens, stables et admis ; d’autres fragilisent la pierre. Tous doivent être déclarés à la vente, et une pierre non traitée vaut nettement plus. Le rapport GIA d’une pierre de couleur indique les traitements décelés : c’est même son premier rôle.

Trapiche (émeraude)

Pierres de couleur

Une émeraude où six rayons sombres partent du centre comme les rais d’une roue : le mot désigne, en espagnol, la roue du moulin à canne à sucre. Le dessin est fixe, fait d’inclusions carbonées piégées entre les secteurs du cristal pendant sa croissance ; il ne bouge pas avec la lumière, à la différence de l’étoile d’un saphir. Presque exclusivement colombienne, taillée en cabochon ou en tranche, c’est une pierre de collection plus qu’une gemme de joaillerie.

Trillion

Tailles et formes

Un triangle de lumière : le trillion, ou trilliant, est un diamant taillé en triangle équilatéral, à facettes de brillant. Ses côtés existent en version droite ou bombée, la seconde mieux adaptée à une pierre centrale. Le plus souvent, on le rencontre par deux, encadrant la pierre principale d’une trilogie, où il prolonge la ligne du doigt. Il se porte aussi seul, pointe en haut, comme un solitaire moderne.

Trilogie

Bijoux et fermoirs

Une bague à trois pierres alignées, la centrale un peu plus grande que ses deux voisines, où la tradition lit le passé, le présent et l’avenir d’un couple. Trois diamants, ou un saphir entre deux diamants, ou une perle escortée de deux brillants : la trilogie donne plus de lumière et de largeur qu’un solitaire de même poids total. Ses trois chatons demandent une monture bien étudiée pour rester bas et confortables ; on vérifie que les pierres latérales ne dépassent pas la centrale.

Triplet

Pierres de couleur

Une pierre assemblée de trois couches collées : le plus souvent une fine lamelle d’opale prise entre un fond sombre, qui avive ses couleurs, et un dôme de quartz ou de verre qui la protège. C’est l’opale la plus abordable et la plus solide au porter, mais ce n’est pas une opale pleine, et la facture doit dire « triplet ». Eau chaude, bains à ultrasons et solvants décollent les couches : un chiffon doux suffit à l’entretenir.

Trois pierres (bague)

Bijoux et fermoirs

Une bague où trois pierres s’alignent sur l’anneau, la centrale un peu plus grosse, les deux autres en écho. On y lit le passé, le présent et l’avenir : c’est la bague d’anniversaire de mariage et de fiançailles par excellence, dite aussi trilogie. Trois diamants, ou un saphir de Ceylan entre deux diamants, sur or blanc ou platine : la composition agrandit la main et donne plus d’éclat qu’un solitaire à poids total égal.

Tsavorite

Pierres de couleur

Le grenat grossulaire vert, coloré par le chrome et le vanadium comme l’émeraude, découvert en 1967 en Tanzanie puis au Kenya, près du parc de Tsavo qui lui a donné son nom. Vert profond, souvent plus net qu’une émeraude, jamais huilé ni chauffé, plus lumineux grâce à un indice de réfraction élevé. Dureté 7 à 7,5 : il se porte tous les jours. Rare au-delà de deux carats, il devient alors une pierre de collection.

Turquoise

Pierres de couleur

Un phosphate d’aluminium et de cuivre, opaque, du bleu ciel au vert d’eau, parfois veiné de la roche mère qui forme sa « matrice ». Le Sinaï et Nichapour, en Iran, la fournissent depuis l’Antiquité ; l’Arizona en est aujourd’hui la grande source, et son nom vient de la Turquie par où elle arrivait en Europe. Dureté 5 à 6, poreuse : elle craint parfums, crèmes et chaleur, et la plupart des pierres du commerce sont stabilisées à la résine, ce qui doit être dit. Pierre de naissance de décembre.

U

3 termes

Unique (pièce)

Bijoux et fermoirs

Un bijou fabriqué en un seul exemplaire, dessiné pour une pierre, une perle ou une personne, et qui ne sera pas reproduit. C’est la règle de la haute joaillerie et de la commande sur mesure, quand une gemme rare ou un souhait particulier commande le dessin. Une pièce unique se reconnaît à son dossier : croquis, choix de la pierre, certificat, poinçon de maître. Elle vaut d’abord par ses matières et son travail ; la rareté du modèle ajoute au plaisir, pas toujours au prix.

Unisexe

Bijoux et fermoirs

Se dit d’un bijou qui se porte indifféremment par un homme ou une femme : anneau lisse, jonc, chaîne forçat, puce de perle de Tahiti, chevalière sobre. La joaillerie contemporaine efface volontiers cette frontière, et la perle grise de Tahiti, longtemps réservée aux colliers féminins, est devenue l’ornement masculin par excellence. Concrètement, un bijou unisexe se décline dans une gamme de tailles plus large, du 48 au 68 pour un anneau, et privilégie les fermoirs qui se manœuvrent d’une seule main.

Uvarovite

Pierres de couleur

Le grenat vert du chrome, d’un vert émeraude franc, nommé au XIXᵉ siècle en l’honneur du comte Ouvarov, en Russie, où l’Oural en donne les plus beaux échantillons. Ses cristaux dépassent rarement quelques millimètres : on le monte presque toujours en plaque de cristaux, une druse, plutôt qu’en pierre facettée. Dureté 6,5 à 7,5, jamais traité, c’est le plus rare des grenats et une curiosité de collectionneur plus qu’une pierre de bague.

V

8 termes

Velours (écrin)

Bijoux et fermoirs

Le tissu à poils courts et serrés qui gaine l’intérieur des écrins de joaillerie. Son mat profond fait ressortir l’éclat des pierres et le lustre des perles, mais il est d’abord une protection : chaque bijou repose sans frotter contre un autre, ce qui évite les rayures sur l’or et sur la nacre. Un rang de perles se range à plat dans son écrin, jamais dans une boîte hermétique : la nacre a besoin de respirer.

Vermeil

Métaux et finitions

De l’argent 925 ‰ recouvert d’une couche d’or, d’au moins cinq microns selon la règle française. Il a longtemps été « l’or des tables », celui des couverts et des surtouts, avant de devenir un métal de bijouterie accessible. Sa teinte est celle de l’or ; sa tenue, celle d’un placage : aux points de frottement, l’argent finit par réapparaître, et il faut le redorer. Un bijou en vermeil porte le poinçon de l’argent, non celui de l’or, ce qui permet de le distinguer d’un bijou en or 750 ‰.

Verre aventuriné

Pierres de couleur

Un verre semé de paillettes de cuivre cristallisé, inventé à Murano au XVIIᵉ siècle, dit-on par hasard, « a ventura » en italien : c’est lui qui a donné son nom à la pierre aventurine, et non l’inverse. Brun doré scintillant, parfois bleu, il se taille en perles et en cabochons. Ce n’est pas une gemme : vendu sous le nom d’aventurine ou de « pierre de soleil », c’est une imitation qui doit être déclarée. Il se reconnaît à ses paillettes trop régulières et à ses bulles.

Vert pomme (chrysoprase)

Pierres de couleur

La couleur qui fait la chrysoprase : un vert clair, franc et lumineux, celui d’une pomme granny ou d’un bourgeon d’avril, dû à des traces de nickel dans la calcédoine. C’est la nuance la plus recherchée, à mi-chemin entre le jaune et le bleu, sans dominer d’aucun côté ; trop pâle, la pierre perd son prix, trop foncée, elle se confond avec la prase ou le jade. Cette couleur se marie à l’or jaune et peut s’affadir sous une chaleur prolongée : on l’écarte des sources de chaleur.

Vintage (bijou)

Bijoux et fermoirs

Un bijou qui a entre vingt et cent ans, à distinguer du bijou ancien, qui en a plus de cent. Art déco, années 1950, joaillerie des années 1970 et 1980 : chaque décennie a ses tailles, ses sertis et ses poinçons, qui aident à le dater. On l’achète pour son style et pour la qualité d’un travail à la main devenu rare ; on le fait vérifier avant de le porter, car griffes, charnières et fermoirs ont vécu. Un diamant de taille ancienne y garde tout son charme.

Vitreux (éclat)

Pierres de couleur

L’éclat d’une surface polie qui renvoie la lumière comme du verre : c’est celui de la plupart des gemmes, du quartz au saphir en passant par la tourmaline et le béryl. Il ne dit rien de la vivacité de la pierre, qui tient à sa taille et à son indice de réfraction ; il la distingue seulement des autres familles d’éclat : adamantin pour le diamant et le zircon, résineux pour l’ambre, nacré pour la perle, soyeux pour l’œil de tigre, cireux pour la turquoise et le jade.

VS (clarté)

Diamants
Repère GIA VS1 · VS2

Very Slightly Included : des inclusions mineures, que le gemmologue trouve à la loupe ×10 avec un peu d’attention, invisibles à l’œil nu. VS1 est plus net que VS2. C’est le grade du meilleur équilibre : une pierre parfaitement propre au porter, sans la rareté des grades VVS, que seul le laboratoire distingue. Le rapport GIA en dresse le plan, ce qui permet d’identifier la pierre.

Repère GIA VVS1 · VVS2

Very, Very Slightly Included : des inclusions si petites qu’un gemmologue expérimenté peine à les trouver à la loupe ×10, un point, un léger nuage. VVS1 est le plus proche de la perfection, juste sous IF. À l’œil, un VVS ne se distingue en rien d’un VS ; sa valeur tient à sa rareté, et à la satisfaction de savoir. C’est le grade des pierres de collection plus que du bijou de tous les jours.

W

2 termes

La « première eau » : l’ancienne façon de dire, en anglais comme en français, la limpidité parfaite d’un diamant, transparent comme l’eau la plus pure. Les marchands classaient les pierres en première, seconde et troisième eau. L’expression a survécu dans la langue courante, « de la première eau », mais les échelles de couleur et de pureté du GIA l’ont remplacée au comptoir.

Repère GIA D à Z

Le mot du commerce pour un diamant sans teinte perceptible, c’est-à-dire les grades D, E et F de l’échelle GIA. Il ne désigne pas un blanc opaque mais une absence de couleur, comme une eau claire. L’ancienne nomenclature française réservait le mot « blanc » au grade H, et « blanc exceptionnel » aux D et E, ce qui explique bien des malentendus. Serti sur or blanc, un G paraît aussi blanc qu’un D.

Y

2 termes

YAG

Pierres de couleur

Le grenat d’yttrium et d’aluminium, un cristal de laboratoire sans équivalent dans la nature, mis au point dans les années 1960 comme imitation du diamant avant que le cubic zirconia ne le remplace. Incolore, dur (8 à 8,5), mais pauvre en feux : il brille sans jamais lancer les éclairs colorés d’un diamant. On le rencontre dans des bijoux de cette époque, et il doit toujours être vendu sous son nom. Un gemmologue le reconnaît en quelques secondes.

Yellow (or jaune)

Métaux et finitions

L’or jaune, dans les catalogues et les rapports en anglais : yellow gold. La norme européenne des couleurs d’or classe ses nuances par numéro, de 1N, jaune pâle, à 3N, jaune franc, le 4N et le 5N basculant vers le rose et le rouge selon la part de cuivre dans l’alliage. Une alliance et une bague d’une nuance différente se voient côte à côte : à demander quand on assortit deux bijoux.

Z

5 termes

Zambie (émeraude)

Pierres de couleur

L’émeraude des mines de la région de Kafubu, en Zambie, dont Kagem est la plus connue. Colorée par le chrome et le fer, elle est d’un vert un peu plus bleuté et plus froid que la colombienne, et souvent plus nette, avec un jardin plus discret. Comme toutes les émeraudes, elle est le plus souvent huilée, ce que le rapport de laboratoire précise. Pour qui veut une émeraude limpide et portable au quotidien, sans payer le nom de la Colombie, c’est une origine à connaître.

Zircon

Pierres de couleur

Un silicate de zirconium naturel, à ne pas confondre avec le cubic zirconia de laboratoire. Ses feux approchent ceux du diamant, dont il fut l’alternative des siècles durant ; sa double réfraction dédouble ses arêtes à la loupe et le trahit. Incolore, bleu ciel après chauffe, miel, brun ou vert ; dureté 6 à 7,5, mais cassant sur les arêtes des facettes : un serti clos le protège. Ses cristaux sont les plus anciens objets datés de la Terre. Pierre de naissance de décembre.

Zirconium

Métaux et finitions

Un métal gris proche du titane, léger et sans nickel, que la joaillerie contemporaine oxyde en surface pour obtenir un noir profond et mat, très résistant aux rayures. On le voit surtout sur des alliances et des bagues d’homme au dessin graphique, seul ou associé à l’or. Il n’est pas un métal précieux : pas de titre, pas de poinçon d’État, et un anneau en zirconium ne se remet pas à taille comme un anneau d’or. À ne pas confondre avec le zircon, la pierre.

Zoïsite

Pierres de couleur

Un silicate de calcium et d’aluminium, dureté 6 à 7, connu des bijoutiers pour une seule de ses variétés : la tanzanite, bleu-violet, extraite en Tanzanie. Sa forme verte, semée de cristaux de rubis et de taches noires de hornblende, est l’anyolite, taillée en objets et en cabochons ; sa forme rose, la thulite. Comme la tanzanite, la zoïsite montre trois couleurs selon l’axe, et son clivage demande un serti qui la protège.

Zone de couleur

Pierres de couleur

Une inégalité de couleur à l’intérieur d’une même pierre, en bandes droites ou en angles, laissée par des couches de croissance différemment colorées. Fréquente chez le saphir, avec ses bandes bleues et incolores, et chez l’améthyste. Le lapidaire oriente la taille pour que la zone colorée se reflète dans toute la pierre et que les bandes restent invisibles par le dessus ; visibles, elles baissent la valeur. L’amétrine est l’exception, où le partage violet et jaune fait tout l’attrait.

0-9

2 termes

4C (les)

Diamants

La grille du GIA pour décrire un diamant, en quatre mots anglais : Carat, le poids ; Color, la couleur de D à Z ; Clarity, la pureté de FL à I3 ; Cut, la coupe d’Excellent à Poor. Tout rapport de laboratoire les reprend dans cet ordre. Ils se lisent ensemble : à poids égal, un diamant en coupe Excellent paraît plus grand et plus vif qu’un diamant mal taillé d’une couleur supérieure.

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Questions fréquentes

Ce que l’on nous demande le plus souvent

Quelle est la différence entre le lustre et l’orient d’une perle ?

Le lustre est la netteté des reflets à la surface de la perle : éclatant, il renvoie les contours d’un visage comme un miroir. L’orient est la couleur de ce reflet, rosée, argentée ou verte, qui semble venir de l’intérieur. Le GIA place le lustre en tête des facteurs de valeur d’une perle.

Que signifient AAA et Gemme pour une perle ?

Ce sont les degrés de notre grille Maison, inspirée des sept facteurs de valeur du GIA. AAA désigne des perles rondes, au lustre éclatant ou très brillant, à la surface parfaite ou presque parfaite et à la nacre très épaisse. Gemme est le sommet de la grille, réservé à la petite part d’une récolte qui réunit tout.

Un diamant de couleur G est-il blanc ?

Oui à l’œil. G est le premier grade de la plage « presque incolore » de l’échelle du GIA, qui va de D à Z. Une fois serti, un G ne se distingue pas d’un D à F : la nuance n’apparaît qu’en comparaison côte à côte, sur fond blanc, par un expert.

Pourquoi choisir une pureté VS plutôt que VVS ?

Parce qu’à l’œil nu les deux sont nets. La différence ne se voit qu’à la loupe ×10, par un gemmologue. VS offre le meilleur équilibre entre pureté visible et prix ; VVS paie la rareté d’un grade que seul un laboratoire distingue.

Que veut dire or 750 ‰ ?

Que l’alliage contient 750 millièmes d’or pur, soit 75 % : c’est l’or 18 carats, le titre de la joaillerie. Le reste, argent, cuivre ou palladium, donne au métal sa tenue et sa couleur, jaune, rose ou blanche.

Comment connaître ma taille de bague ?

En France, la taille est le tour intérieur de l’anneau en millimètres : une 52 fait 52 mm de circonférence. Le plus sûr est de mesurer une bague qui vous va déjà, ou d’utiliser un baguier, en fin de journée quand le doigt est le plus large. La première remise à taille est offerte sous 30 jours.