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Histoire d'un perliculteur

5 mai 2014 1949 Views

Ferme perlièreDes plages somptueuses, un sable blanc immaculé, des cocotiers qui penchent volontiers et un lagon ravi d'une étonnante variation de couleurs... nous sommes au sein de l'un des nombreux atolls de l'archipel des Tuamotu, à environ 360km de Papeete en Polynésie française.

 

Alfred Lau et sa femme, des fermiers perliculteurs, vivent au sein de ce paradis déjà menacé. Cela fait 20 ans qu'ils exploitent leur ferme et en tirent l'essentiel de leur revenu. Avec la participation de leurs deux enfants ainsi que quelques employés, ils mènent rondement leur exploitation perlière : Élevage des huîtres, extraction des perles, tri et assortiment des perles et enfin, conception et montage des bijoux.

 

Toutefois, leur métier, leur façon de vivre sont désormais en péril... Cette famille tout comme bien d'autres fait les frais d'une nouvelle concurrence échappant à tout contrôle.

 

Tous les 3 mois, Alfred va à Papeete confier sa production de perles de Tahiti. Il la cède au GIE Poe Rava Nui, une association composée de 450 fermiers perliculteurs. Cette association a pour rôle la classification des perles, l'expertise et enfin leur commercialisation... Son directeur, Alfred Martin, ne cesse de pester contre la chute des prix sévissant depuis un certain nombre d'années au sein des marchés mondiaux.

 

« Se sont les acheteurs professionnels qui sont coupables de ne pas assez prendre assez en compte le coût de production des perles de Tahiti. ».

 

Ils saisissent de plus en plus d'opportunités de la part de certains producteurs de perles dans le besoin, prêts à céder leur récolte à n'importe quel prix.

 

Pour info, Il faut 1000 Fr CFP au fermier pour parvenir à produire un gr. de perle. Rien que pour l'année 2007, un gr. de perles se monnayait environ à 12.5 euros. (prix grossistes).  Si en plus on ajoute les nombreux intermédiaires, la marge est faible pour les fermiers des atolls, fortement dépendants des aléas naturels de la récolte.

 

Le temps de production prend environ 5 ans. Durant ces années, il faut employer des techniciens spécialisés que l'on nomme les greffeurs. Ces professionnels de la perle ont la difficile tâche d'implanter un noyau au sein de la gonade (Une gonade est un organe destiné à la reproduction. La gonade mâle est le testicule, la gonade femelle est l'ovaire). Finalement, 50 à 60% des huîtres peuvent produire une perle dite « commercialisable ».

 

« Les grossistes et revendeurs ne travaillent pas dans l'intérêt de la profession, affirme Alfred Martin. Dans leur logique, même un petit profit est acceptable ».

 

Ils sont donc capables de céder des stocks de perles à des prix inférieurs à ceux fixés par les groupements d'intérêts économiques locaux.

 

Certains revendeurs refusent toutefois d'endosser cette responsabilité et pointent la surproduction, responsable selon eux de la baisse des prix.

 

« Nous essayons, depuis de nombreuses années, de limiter la production de perles de Tahiti... mais les fermiers perliculteurs n'ont jamais pu s'entendre sur ce point ».

 

Pour expliquer ce phénomène de discorde, précisons que la branche perlière issue de la Polynésie française est composée de :

 

-    Env. 500 fermiers locaux. Se sont des exploitations familiales de petite taille : Part de marché 20%.

-    15 entreprises à gros volume de production : Part de marché 60%.

 

« Ces grosses entreprises en relation avec le gouvernement local, se sont des requins. Ils n'agissent pas dans l'intérêt de notre profession... ils ne pensent qu'à faire du profit sans prendre en compte les problématiques liées à l'environnement ».

 

Données relatives à la Polynésie française.

 

-    259 600 habitants, recensement 2007

-    Monnaie : Franc CFP

-    Chômage : 11,7%, année 2006

-    Perles de Tahiti : Export de 7,7 t. vers le Japon, les États Unis, l'Europe

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