Perles célèbres

Perles Célèbres · Trésors de l’Histoire

Les Perles Célèbres de l’Histoire

De Cléopâtre à Elizabeth Taylor — les perles légendaires qui ont fasciné les rois, conquis les reines et traversé les siècles.

Histoire
2 000 ans de récits
Géographie
6 continents touchés
Propriétaires
Rois & Empereurs
Ventes
Records aux enchères
Patrimoine
Collections mondiales

Des Gemmes qui ont Fait l’Histoire

Certaines perles ont été tellement extraordinaires qu’elles ont acquis des noms propres, des histoires et une légende qui dépassent leur simple valeur gémmologique. Elles ont appartenu à des reines, déclenché des paris insensés, traversé les frontières et les siècles, passant de main en main comme des reliques.

Ayant particulièrement ébloui leurs contemporains des XVIIè et XVIIIè siècles, certaines perles peuvent susciter des récits divergents — preuve de leur puissance imaginaire. Leurs histoires nous racontent autant sur les hommes qui les ont convoytées que sur la nature elle-même.

Des bancs de nacre du Panama aux appartements privés d’Elizabeth Taylor, ces perles légendaires ont tissé un fil d’or à travers l’histoire de l’humanité. Les voici réunies, pour la première fois, dans un grand récit.

Les Perles de Cléopâtre

Les perles les plus célèbres de l’Antiquité sont certainement celles qui ornaient les boucles d’oreilles de la reine d’Égypte. Leur histoire est à la fois un récit de luxe absolu, de démesure royale et d’un pari considéré comme l’un des plus extravagants de l’Histoire.

Les perles de Cléopâtre

◆ Les perles légendaires de Cléopâtre — le pari le plus célèbre de l’Antiquité

Le pari avec Antoine

Cléopâtre avait fait avec Marc Antoine le pari de dépenser plus de dix millions de sesterces en un seul repas. Pour remporter ce défi insensé, elle détacha l’une des perles de ses boucles d’oreilles, l’y dissolvit dans un verre de vinaigre et l’avala.

« Lucius Plaucus, juge du pari, l’empêcha de faire subir le même sort à la seconde, qui, plus tard, fut sciée pour faire deux pendants d’oreille à la Vénus du Panthéon. »

Source historique — Pline l’Ancien, Histoire Naturelle

Une fortune dissoute

Dix millions de sesterces : une somme colossale représentant plusieurs dizaines de millions d’euros actuels. Cette perle était vraisemblablement une perle naturelle de la mer Rouge ou du golfe Persique, dont les exemplaires les plus fins égaux les plus belles perles Akoya.

Le geste de Cléopâtre reste dans l’Histoire comme l’expression ultime du luxe et du pouvoir féminin : dissoudre une fortune pour remporter un pari face à l’homme le plus puissant de Rome.

La seconde perle devint un ornement du Panthéon romain. Son destin séparé de la première fait de ces deux gemmes un symbole de séparation tragique, écho de leur propriétaire elle-même.

Perles Royales de la Renaissance

Du XVIè au XVIIIè siècle, les perles les plus exceptionnelles circulaient entre les cours royales européennes comme des monnaies diplomatiques, des dots somptueuses, ou des trophées de guerre. Chacune porta en elle les ambitions et les destins de ceux qui la détenaient.

XVIè siècle
Le Collier de Catherine de Médicis

Le collier de perles offert par Catherine de Médicis à sa bru Marie Stuart, reine d’Écosse et de France, fut l’un des joyaux les plus convoytés d’Europe. Après l’exécution de Marie Stuart, Élisabeth Ière d’Angleterre se l’attribua pour la somme de 12 000 écus. Un prix dérisoire pour un trésor royal.

12 000 écus — 1587
XVIè — XXè siècle
La Pelegrina de Philippe II

Acquise par Philippe II d’Espagne, cette perle poire exceptionnelle traversa les siècles sous plusieurs noms. Elle devint la propriété de Napoléon III, fut repolisée en 1912 à 203,84 grains, avant d’être acquise par Liz Taylor — et légèrement endommagée par son chien. Sa notoriété donna son nom à d’autres grandes perles.

203,84 grains — perle poire
XVIè siècle
La Régente

Perle de 302,68 grains, vendue à Genève le 12 mai 1988, présentée comme étant la Régente. Voisine de la Hortense dans le collier de Marie de Médicis, elle fut vendue en 1887 par la IIIe République au prince Youssoupoff. Sa certification a toujours suscité des débats parmi les historiens.

302,68 grains

La Pelegrina & La Peregrina

Deux perles, deux noms très proches, deux destins extraordinaires. La confusion entre ces deux gemmes est historique — elle témoigne de leur puissance légendaire et de la difficulté à authentifier les grandes perles à travers les siècles.

I
La Pelegrina
L’Incomparable
  • Poids203,84 grains (repolicée 1912)
  • FormePerle poire
  • OriginePhilippe II d’Espagne
  • PropriétairesPhilippe II, Napoléon III, Liz Taylor
  • IncidentEndommagée par le chien de Liz Taylor

Sa notoriété fut telle qu’elle donna son nom à la perle de même grosseur de Charles II d’Espagne et à celle de 337 grains acquise par Napoléon Ièr.

II
La Peregrina
La Pèlerine
  • Poids55,95 carats
  • FormePerle poire
  • OriginePanama, XVIè siècle
  • DécouvreurUn esclave africain affranchi
  • VenteSotheby’s, 1969 — Richard Burton

Appartenant aux rois d’Espagne pendant deux siècles, elle fut offerte à Marie Tudor d’Angleterre par son futur époux Philippe II. Richard Burton l’acheta à Sotheby’s pour en faire cadeau à Elizabeth Taylor.

Trésors des Cours Royales

Certaines perles célèbres ont connu des destins plus discrets mais non moins fascinants. Perdues, volées, disparués ou trouvant refuge dans des collections privées, elles continuent d’alimenter les rêves des historiens et des collectors.

XIV
France — 1669
La Reine des Perles de Louis XIV

La Reine des Perles, pesant 109 grains, fut achetée en 1669 par Louis XIV lors de la grande période d’acquisitions du Roi-Soleil. Conservée au Garde Meuble royal, elle disparut en 1792 lors du célèbre vol des bijoux de la Couronne — l’un des crimes les plus audacieux de la Révolution française. Elle n’a jamais été retrouvée.

109 grains Disparue en 1792 Vol Garde Meuble
Inde Moghole
La Perle Noire du Paon de Delhi

La perle noire de 50 carats était suspendue au rubis ornant le trône du Paon de Delhi, chef-d’oeuvre de l’orfèvrerie moghole. Ce trône, fabriqué au XVIIè siècle pour l’empereur Shah Jahan (bâtisseur du Taj Mahal), était considéré comme le siège le plus précieux du monde. La perle en constituait l’un des ornements les plus mystérieux.

50 carats Perle noire Trône du Paon
Marie de Médicis
La Perle Hortense

Voisine de la Régente dans le collier de Marie de Médicis, la perle Hortense fut vendue avec elle en 1887 par la IIIe République. Elle se trouve aujourd’hui dans une collection particulière. Sa taille exceptionnelle et la qualité de sa nacre en faisaient un fléuron des joyaux royaux français, portée lors des grandes cérémonies de la cour.

Collection privée Vendue 1887
XVIIè siècle
La Perle Hope

La perle Hope, perle baroque mesurant 87×42×28 mm et pesant 425 carats (1700 grains), appartenait au célèbre banquier Henry Philip Hope, acquéreur du fameux Diamant bleu. Actuellement surmontée d’une couronne, montée en pendentif, elle est considérée comme l’une des plus grandes perles baroques jam ais connues.

425 carats 87×42×28 mm Henry Philip Hope

Les Grandes Perles du XXè Siècle

Le XXè siècle a vu l’émergence des grandes ventes aux enchères comme nouveau théâtre de la passion pour les perles historiques. Des noms comme Sotheby’s, Christie’s, et des acquéreurs de légende ont écrit les derniers chapitres de ces grandes gemmes.

1969
Elizabeth Taylor & la Peregrina

Richard Burton acheta la Peregrina chez Sotheby’s en 1969 pour l’offrir à Elizabeth Taylor. La star d’Hollywood fit monter la perle dans un collier signé Cartier, entourée de rubis et de diam ants. La perle devint l’un des bijoux les plus photographiés du XXè siècle.

XXè siècle
La Perle d’Asie

La perle d’Asie, perle baroque mesurant 38×25 mm et pesant 130 carats, est actuellement la propriété d’un musée d’Asie de l’Est. Son origine reste discutée mais sa taille exceptionnelle en fait l’un des spécimens les plus remarquables du patrimoine perlier mondial.

XXIè siècle
Les Nouvelles Légendes

Les grandes maisons de vente continues d’établir des records pour les perles exceptionnelles. En 2011, la collection de bijoux d’Elizabeth Taylor, dont la Peregrina, atteignit 156 millions de dollars chez Christie’s New York. Les perles légendaires continuent d’écrire leur histoire.

Ce que vous souhaitez savoir

Quelle est l’histoire des perles de Cléopâtre et du pari avec Antoine ?
Cléopâtre paria avec Marc Antoine qu’elle pouvait offrir un repas valant plus de dix millions de sesterces. Pour le remporter, elle détacha l’une de ses boucles d’oreilles ornées d’une perle naturelle exceptionnelle, la fit dissoudre dans un verre de vinaigre et l’avala. Lucius Plaucus, juge du pari, évit le même sort à la seconde perle, qui fut plus tard sciée pour orner la Vénus du Panthéon romain.
Qui possédait la Pelegrina, et comment a-t-elle été endommagée ?
La Pelegrina fut acquise par Philippe II d’Espagne, passa en possession de Napoléon III, fut repolicée en 1912 (203,84 grains) puis acquise par Elizabeth Taylor. C’est le chien de la star qui en légèrement endommagée la surface — un incident resté célèbre dans les anales de la bijouterie. Taylor la fit restaurer et continua de la porter très fréquemment.
Qu’est-ce que la Peregrina et comment a-t-elle changé de mains au fil des siècles ?
La Peregrina (la Pèlerine) est une perle poire de 55,95 carats découverte au XVIè siècle au Panama par un esclave africain qui obtint sa liberté en récompense. Elle appartint aux rois d’Espagne pendant deux siècles, fut offerte à Marie Tudor d’Angleterre par Philippe II, connut diverses épreuves, et fut finalement achetée par Richard Burton chez Sotheby’s en 1969 pour l’offrir à Elizabeth Taylor.
Pourquoi les grandes perles historiques ont-elles souvent des noms propres ?
Les noms propres étaient attribués aux perles exceptionnelles pour les distinguer dans les inventaires royaux et faciliter leur identification lors des transmissions dynastiques. Ces noms reflètent aussi leur statut quasi mythique : la Peregrina (la Voyageuse), la Pelegrina (l’Incomparable), la Reine des Perles. Un nom propre garantissait leur traçabilité et amplifiait leur prestige — tout comme une oeuvre d’art signe.
Quelles sont les perles célèbres actuellement visibles dans les musées ?
La perle d’Asie (130 carats) est conservée dans un musée d’Asie de l’Est. Des exemples de grandes perles naturelles historiques se trouvent au Musée d’Histoire Naturelle de Londres, au Smithsonian Institution à Washington, et au Musée du Louvre à Paris. La collection d’Elizabeth Taylor, dont la Peregrina, a été entièrement vendue en 2011 chez Christie’s pour 156 millions de dollars.

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