La perle de culture en eau douce : Entre le meilleur et le pire

Analyse de marché

La perle de culture en eau douce
entre le meilleur et le pire

Plus de quatre mille tonnes par an. En quarante ans, la Chine est passée de 20 tonnes à un volume qui a rayé de la carte la plupart des producteurs marins. Et pourtant, c'est aussi de là que viennent certaines des plus belles perles d'aujourd'hui.

Le défi qui malmène aujourd'hui les fermes d'Australie, de Polynésie, du Japon, d'Indonésie et de Birmanie n'est ni biologique ni climatique : c'est un problème de concurrence. Par son nivellement du prix et de la qualité vers le bas, et par une production excessive, la perle d'eau douce de Chine a redessiné tout le marché.

La ressource

Quatre cents espèces, une poignée exploitées

La moule perlière d'eau douce est très implantée dans les rivières, les fleuves et les lacs de la plupart des zones tempérées de la planète. Plus de quatre cents espèces perlières existent potentiellement — mais seules quelques-unes ont réellement obtenu des résultats économiques remarquables.

Les perles chinoises sont cultivées dans deux moules de la grande famille des Unionidae : Hyriopsis cumingii — l'anglais dit triangle shell mussel, en raison de sa forme — et Cristaria plicata, qui peut atteindre trente centimètres. Des hybrides des deux sont également cultivés. Ce sont des animaux résistants, accoutumés à un climat tempéré aux hivers froids, qui vivent dans des eaux calmes, rarement à plus de 20 °C. La totalité des moules perlières chinoises est issue d'écloseries.

L'expansion

De 20 à 1 500 tonnes

Années 1960

Les premières expériences

Tout commence en Chine, sur une grosse moule d'eau douce très résistante : Hyriopsis cumingii.

1970-80

Écoulées sous pavillon japonais

Les perles produites sont longtemps écoulées au Japon, où elles sont mêlées aux perles d'eau douce japonaises issues des fermes installées autour du lac Biwa.

1981

20 tonnes

La production démarre à l'est de Shanghai, dans une région de lacs et de rivières autour de Wuxi (lac Taihu), Zhuji et Suzhou.

Années 1980

L'indépendance commerciale

Les Chinois cessent de passer par le Japon et vendent eux-mêmes leurs perles. Commence alors une expansion hors de tout contrôle.

1991 → 2000

150, puis 500, puis 900 tonnes

150 tonnes en 1991, 500 en 1995, 900 en 2000. En vingt ans, le volume a été multiplié par quarante-cinq.

2008

1 500 tonnes

Le chiffre record. La production dépasse aujourd'hui les quatre mille tonnes annuelles, dont environ 40 % retenu pour la joaillerie.

Le revers

Ce que le lac Biwa a perdu

Les fermes japonaises du lac Biwa produisaient les perles d'eau douce les plus réputées au monde. Leur production s'est effondrée dans les années 1990 sous l'effet d'une pollution majeure — usines, engrais, insecticides.

Le lac Kasumigaura a pris partiellement le relais, mais l'échelle n'a plus rien à voir avec celle de la Chine. La perle d'eau douce japonaise est devenue une rareté de collectionneur.

Le lac Biwa.
Le lac Biwa.
Les lieux

Où se cultive la perle d'eau douce

Cultivation des perles en Chine.
Cultivation des perles en Chine.
Le lac Kasumigaura.
Le lac Kasumigaura.
Coucher de soleil sur une ferme perlière.
Coucher de soleil sur une ferme perlière.
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Gemperles
Le meilleur

Ne pas confondre volume et qualité

Le nivellement par le bas est une réalité de marché, pas une fatalité de la matière. Une perle d'eau douce est 100 % nacre — sans noyau, donc plus proche d'une perle naturelle qu'une perle nucléée à couche mince. Sur ce point précis, elle a un avantage structurel sur la perle marine.

Ce qui distingue une belle perle d'eau douce d'une perle de commodité, c'est ce qui distingue toujours les perles entre elles : le lustre, la régularité de la forme, l'état de surface et l'homogénéité du rang. Jugez la perle, pas son état civil.

Questions fréquentes

Questions sur la perle d'eau douce

Combien la Chine produit-elle de perles ?

Plus de quatre mille tonnes par an, dont environ 40 % retenu pour la joaillerie. À titre de comparaison, la production a été de 20 tonnes en 1981.

Pourquoi les fermes marines en souffrent-elles ?

Parce que le volume chinois tire les prix et les attentes de qualité vers le bas, alors que les coûts de production d'une perle de Tahiti ou des mers du Sud restent élevés. C'est un effet de ciseau, pas une question de beauté.

Une perle d'eau douce a-t-elle un noyau ?

Traditionnellement non : elle est 100 % nacre, formée autour d'un simple greffon de tissu. Les Chinois pratiquent toutefois aussi la culture nucléée pour obtenir de grosses sphères. Voir les avantages de la perle de Chine.

Qu'est-il arrivé aux perles du lac Biwa ?

Leur production s'est effondrée dans les années 1990 en raison d'une pollution majeure du lac. Le nom « Biwa » est depuis devenu un terme commercial générique, souvent employé à tort pour des perles chinoises.