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Spinelle - Définition, étymologie et gisements - Spinelles célèbres

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Spinelle

Sommaire : Définition de la spinelleÉtymologie de la spinellePropriétés physiques de la spinelleGisements de spinellesSpinelles célèbres Spinelle de synthèseRecherche sémantique liée à la spinelle

Définition de la spinelle

Aluminate de magnésium cristallisant dans le système cubique. Sa variété rouge, rubace ou rubicelle, est particulièrement appréciée. L'aluminium et le magnésium sont parfois partiellement remplacés par le fer ou le chrome.

Étymologie de la spinelle 

SpinelleLe terme spinelle, apparu tardivement (XVIIe siècle) comme épithète de rubis, dérive probablement du latin spina, épine, par allusion aux pointes octaédriques qui le différencient du cristal brut de corindon rouge, « rouge oriental » : c'était la « petite épine rouge ». Rubicelle est un diminutif de rubace, lui-même issu du latin ruber, rouge (ne pas confondre « rubace » et « rubasse »). Connu depuis l'Antiquité indienne, le spinelle, qualifié alors de diamant rouge, était attribué à la caste des guerriers. Il provenait des sables diamantifères du fleuve Penner (à l'ouest de Madras) dans la région du Balaghat (« au-delà du Ghats », chaîne de montagne du Sud-Est indien), conquise par Haydar 'Ali en 1780, en l'honneur de qui fut ultérieurement nommée Hyderabad.

Il provenait aussi du Badakhchan, province du nord-est de l'Afghanistan près de la frontière avec le Tadjikistan, comme l'indiquait dès le Xe siècle les voyageurs arabes ; Mohamed ibn Mansur notait au XIIe siècle que le lal-Bedaschan (spinelle rouge) [mot d'origine arabe, lai signifie pierre rouge] s'y rencontrait dans les fractures d'une roche blanche. Marco Polo (1254-1324) parle d'une montagne particulière, le Syghinan (nom qui évoque l'actuelle Shignan), dans la région dénommée Balascia, comme source des rubis balais. Albert le Grand (1200-1280) parlait déjà du ballagius comme pierre femelle de l'escarboucle (actuel rubis).

Ainsi les pierres rouges du Balaghat et du Badakhchan étaient nommées ballagius puis ballas en langage germanique et balais en français, d'où, là encore, opposition entre deux pierres rouges, l'orientale (corindon) et le balais (spinelle). « Il y a sur cette montagne (le mont Ballenée) une pierre nommée aster qui, au commencement de l'automne, brille comme le feu pendant la nuit. Dans la langue du pays elle s'appelle ballen, nom qui signifie roi » (Traité des fleuves, Pseudo-Plutarque, env. 225).

Les spinelles découverts vers 1990 au Tadjikistan sont peut-être ces fameux rubis balais des Anciens, enfin retrouvés.

Dans l'Antiquité romaine, toutes les gemmes rouges étaient confondues sous le nom de carbunculus. Aussi, les vertus prêtées au spinelle rouge étaient celles accordées au rubis, symbole d'ardeur guerrière, talisman contre les blessures, médecine contre les hémorragies.

Propriétés physiques de la spinelle

Les spinelles constituent toute une famille de minéraux ; outre le terme aluminomagnésien, il existe, parfois taillés pour les collectionneurs, des termes aluminoferreux (hercynite), des termes aluminozincifères (gahnite), aluminomanganeux (galaxite), ferroferreux (magnétite), ferromagnésiens, zincifères, manganeux, nickélifères, chromoferreux (chromite) et chromomagnésiens. Cependant, seul le spinelle aluminomagnésien intéresse réellement la joaillerie.

Le spinelle stricto sensu est cubique. Les atomes d'oxygène forment un assemblage cubique compact ; les atomes d'aluminium y occupent la moitié des cavités octaédriques et les atomes de magnésium le huitième des sites tétraédriques. Cela explique la densité élevée de cette gemme (de 3,58 à 3,63), qui se trouve souvent en alluvions. Elle a une bonne résistance à la rayure (H = 8) et son indice de réfraction unique est assez élevé (1,715, pouvant monter parfois à 1,735).

Lorsque le chrome se substitue en faible quantité à l'aluminium, il en résulte une couleur rouge appréciée. Les rayons ultraviolets longs provoquent une fluorescence rouge ; un spectre d'absorption lié au chrome est nettement visible. Lorsque le fer se substitue à l'aluminium et au magnésium, il en résulte des couleurs bleues ; toute fluorescence est inhibée, et un spectre d'absorption caractéristique des ions ferreux et ferriques s'observe nettement. D'autres remplacements peuvent se produire, et ces diverses substitutions modifient l'aspect du minéral dont la gamme de couleurs est assez vaste.

Les spinelles rouge-orangé flamboyant, couleur de coquelicot, étaient autrefois qualifiés de rubis spinelles ; ce sont les rubicelles, qui demeurent les plus appréciées, car leur faible teneur en chrome ajoute, à la mi-journée, une couleur de fluorescence à leur couleur propre (comme les rubis birmans) ; pâles ils deviennent roses. Les spinelles rouges « rabattus » tirant sur le violet, autrefois qualifiés de rubis balais, font penser aux nuances des grenats almandins.

Le spinelle rouge évoque le rubis et les grenats rouges. Il se distingue du grenat pyrope par sa densité plus faible à indice de réfraction égal.

Les spinelles vert sombre sont parfois nommés ceylanites ou chlorospinelles, les noirs pléonastes : ils forment une série continue avec l'hercynite. Les bleus, de teinte toujours peu franche (mauve violacé, bleu-vert), moins appréciés, n'ont pas reçu de nom. Ils peuvent évoquer diverses gemmes bleues.

Le faciès cristallin est constant, essentiellement l'octaèdre (plus rarement le rhombododécaèdre) affecté parfois d'une macle par accolement. Le clivage, rarement observable, est mauvais et la cassure a un éclat gras. La taille habituelle des spinelles est la taille à degrés ; ils se rencontrent surtout dans la joaillerie ancienne.

Gisements de spinelles

Spinelle rougeLe spinelle est l'un des minéraux produits par l'action sous forte pression de roches intrusives riches en aluminium sur des encaissants basiques magnésiens d'origine métamorphique ou sédimentaire (dolomies). Associé au diopside, à la calcite, à la scapolite, à la phlogopite et à des minéraux uranifères, il est abondant dans les pegmatoïdes de Madagascar.

Les spinelles du Sri Lanka, associés au rubis et au saphir, résultent du métamorphisme des cipolins (comme dans le gisement dejegdalek en Afghanistan). Ils sont exploités dans les alluvions du sud-ouest de l'île, où le spinelle sombre ou noir (ceylanite) commun accompagne de beaux spinelles rouges, mauves et violets.

Dans la région du Karakoram (Pakistan), la construction d'une nouvelle voie d'accès dans la vallée du Hunza vers 1980 a permis la découverte de très beaux spinelles et de rubis, dans des marbres métamorphiques associés à des gneiss près des villages de Mutschual et d'Altiabad. La qualité des échantillons, très semblable à celle des minéraux des champs gemmifères de Birmanie (Myanmar), autorise de grands espoirs.

Le spinelle est très abondant dans les calcaires cristallins de la vallée de Mogok en Birmanie (Myanmar), où il accompagne le rubis. Ses beaux cristaux octaédriques, souvent maclés, de toutes couleurs, sont appelés localement anyan nat thwe, c'est-à-dire taillés par les esprits. Les cristaux de rubis, toujours affectés d'une rétromorphose, sont au contraire usés, « sucés ».

Du spinelle se rencontre aussi en Thaïlande dans les alluvions à rubis et saphirs de Chanthaburi ainsi que dans de nombreuses autres localités (Australie, Suède, Inde, etc.).

Les célèbres gisements du Badakhchan (Afghanistan), sur les bords de l'Amou-Daria (Oxus des Anciens), cités par divers auteurs comme étant des mines de rubis ou de spinelles (J.Wood, 1843), seraient pour partie des gisements de grenats, pour partie des gisements de spinelles et rubis ; Kuh-e-Lal est d'ailleurs le nom afghan des gîtes du Badakhchan, situés à Gharan de part et d'autre du Shignan, affluent de l'Amou-Daria ; il est possible que les grands spinelles historiques, comme le Lai de la couronne de Russie, en proviennent.

Le spinelle rouge est souvent un accompagnateur du rubis comme à Luc Yen au Viêt-nam, à Jegdalek en Afghanistan, à Morogoro en Tanzanie, etc.

Les spinelles choisis pour la joaillerie sont le plus souvent exempts d'inclusions. Cependant, les lacunes cristallines octaédriques ne sont pas rares, isolées ou assemblées sur des givres de guérison à remplissage d'anhydride carbonique. Des cristaux de la famille des spinelles et des apatites peuvent avoir été « piégés » dans un spinelle de joaillerie et avoir provoqué quelques éclatements internes les entourant telles des ailes.

Spinelles célébres

Les grandes gemmes rouges historiques sont presque toutes des spinelles, alors désignés sous les noms de rubis spinelle ou de rubis balais.

La couronne d'Angleterre

Spinelle de la Couronne d'AngleterreAu milieu du XIVe siècle, le roi de Castille Pierre Ier le Cruel assassina le roi de Grenade Abu Saïd et s'empara de son trésor, parmi lequel se trouvait le gros spinelle rouge qu'il convoitait. Mais, vaincu par Henri II de Trastamare, il alla chercher à Bordeaux l'appui du duc d'Aquitaine, le Prince Noir, fils d'Edouard III d'Angleterre, ce qui lui permit de gagner la bataille de Nâjera (1367). En reconnaissance, il offrit au Prince Noir son gros spinelle, nommé depuis Rubis du Prince Noir. Passée par héritage aux mains de Richard II, déposé en 1399 et mort captif d'Henri IV en 1400, la pierre orna le casque d'Henri V à la bataille d'Azincourt en 1415. Elle joua là son rôle de talisman protégeant des blessures, car elle lui sauva la vie en déviant le coup que lui porta le duc d'Alençon. Mystérieusement préservé lors de la révolution de Cromwell (1640-1658), le Rubis du Prince Noir, spinelle de forme irrégulière, vaguement carrée, d'un diamètre de 5 cm, poli mais non facetté, fut placé au centre de la couronne de saint Edouard reconstituée pour Charles II en 1661. En 1838, la reine Victoria le fit poser au centre du bandeau antérieur de la couronne impériale, réalisée à son intention, visible aujourd'hui à la Tour de Londres.

Le Tribut du monde (Kharaj-i-Alam) appartenait au souverain musulman de Delhi, lorsque Tamerlan (Timur Lang), le Seigneur de l'heureuse conjonction (Vénus-Jupiter), pilla cette ville en 1398 et emporta à Samarkand ce gros spinelle poli, irrégulier, de 352 carats. En 1502, les Séfévides renversèrent les Timurides et devinrent propriétaires du Tribut du monde. Pour se ménager la bienveillance de son puissant voisin, l'empereur Moghol Salim Djahanghir, le chah 'Abbas lui offrit en 1612 ce talisman de puissance, marquant ainsi une sorte de vassalité symbolique. Salim Djahanghir fit graver sur la pierre le nom de son père Akbar le Grand, son propre nom et la date 1021 (de l'hégire, soit 1611 de notre ère ), ses successeurs y gravèrent leur nom à sa suite jusqu'au pillage de Delhi en 1739 par Nader Chah, qui y fit écrire une longue sentence : « Ceci est le rubis parmi les vingt-cinq mille véritables joyaux du roi des rois, le sultan Seigneur de l'heureuse conjonction [Timur Lang], qui en l'année 1153 fit transporter des joyaux de l'Hindoustan jusqu'ici [Ispahan] ». À partir de ce moment, le Tribut du monde suit les pérégrinations du Kuh-i-Nur (v. diamant). Après l'annexion du Pendjab en 1849, il fut offert à la reine Victoria, et exposé à Londres en 1851 en compagnie de trois autres spinelles avec lesquels il se trouve sur un collier. Ce n'est qu'en 1910 que l'un de ses premiers propriétaires fut identifié : il devint alors en Occident le Timur Ruby. Il se trouve aujourd'hui sur le même collier, exposé dans la salle Indienne de Buckingham Palace.

Un spinelle de 520 carats en forme de galet poli provenant de Birmanie (Myanmar) est exposé au British Muséum ; il fut saisi par les troupes anglaises lors du sac du palais d'Été de l'empereur de Chine, en septembre 1860. Un autre spinelle en forme d'octaèdre poli de 355 carats s'y trouve aussi.

La couronne de France

Lors de son mariage avec le roi de France (Charles VIII en 1491, puis Louis XII en 1499), la duchesse Anne plaça ses joyaux, ainsi que son duché, dans la mouvance de la famille royale. Sa fille Claude légua à son époux François Pr les deux grands spinelles dont elle avait hérité : le Côte de Bretagne, 206 carats, muni de trois bélières afin de le porter en garniture de corsage, et la Fève de Naples, 121 carats, monté sur un bijou en forme de A, et mieux connu sous le nom de A romain. Henri II y ajouta un troisième spinelle de 241 carats, l'Œuf de Naples. Connues sous le nom des « trois rubis de la Couronne », ces pierres seront successivement gagées par Catherine de Médicis auprès du duc de Florence, par Henri III auprès du comte de Vaudémont, du duc de Lorraine puis d'un banquier. Une série de procès s'ensuivit durant le XVII siècle. En 1749, sur ordre de Louis XV, Guay sculpte magnifiquement le Côte de Bretagne, qui est réduit à 105 carats, et placé avec le Diamant bleu sur la décoration de la Toison d'or. En 1757, Y Œuf de Naples et le A romain, sciés et sculptés en colombes, sont placés sur la croix et la plaque de l'ordre du Saint-Esprit. Après le vol du Garde-Meuble national en septembre 1792, les pierres de la décoration de l'ordre du Saint-Esprit ne seront jamais retrouvées. Le Côte de Bretagne sera conservé par son voleur Cadet Guillot à Londres jusqu'en 1796, puis confié à un émigré et offert au futur Louis XVIII, réfugié à Blankerburg. Il est actuellement exposé dans la galerie d'Apollon au Louvre sous le nom de Dragon.

La couronne de Russie

Catherine II commanda pour son sacre une couronne qui serait surmontée du gros spinelle Lai de 414,30 carats, don de l'empereur de Chine, mais la couronne ne fut pas prête et ne servit pour la première fois qu'en 1797 à son fils Paul I™. Elle se trouve actuellement au palais des Armures à Moscou.

Le Trésor d'Iran

C'est là que se trouvent les plus beaux spinelles connus, plusieurs centaines de pierres de plus de 20 carats, dont un certain nombre au-dessus de 100 carats. Les plus importants pesant 500, 414 et 270 carats. Ce dernier est gravé au nom de Salim Djahanghir (1605-1627), empereur Moghol, descendant de Timur Lang.

Lorsque Salim Djahanghir décida de faire graver son nom sur la pierre, en forme de galet poli, sa favorite tenta de s'y opposer, ce qui fit dire à l'empereur que cette pierre le rendrait sans doute plus célèbre que l'empire de ses aïeux...

Spinelle de synthèse

Spinelle synthétique

spinelle synthétiqueLe spinelle synthétique fabriqué par procédé Verneuil a une teneur en magnésium plus forte que celle du spinelle naturel aussi son indice de réfraction est-il plus élevé (de 1,72 à 1,73). Le recuit qu'il subit pour réduire les tensions internes supprime les zones courbes d'accroissement et déforme les bulles de gaz « piégées », qui prennent des formes anguleuses.

Les spinelles synthétiques sont destinés à imiter d'autres gemmes de toutes couleurs sauf rouges (il est très difficile d'obtenir une boule Verneuil de spinelle synthétique rouge). Ils sont donc employés en bijouterie fantaisie en ton incolore (pour du diamant), rose (pour de la kunzite), jaune (pour de la topaze), bleu (pour de l'aigue-marine). Le spinelle synthétique incolore fut également la matière première de doublets destinés à imiter l'émeraude, et parfois d'autres gemmes.

Depuis 1994, du spinelle synthétique très propre, de couleur rouge et de couleur bleue, est fabriqué en Russie, par voies anhydre et hydrothermale. Son aspect est assez convaincant.

Recherche sémantique liée à la spinelle

Spinelle noire
Spinelle inverse
Olivine
Spinelle lithothérapie
Spinelle prix
Spinelle rouge
Spinelle bleu
Spinelle rose