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Émeraude - Information sur les émeraudes - Propriétés du Béryl vert

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Émeraude

Définition de l'émeraude

Béryl vert chromifère.

Signification et histoire de l'émeraude

Émeraude

Étymologie de l'émeraude

Diverses dérivations peuvent avoir donné le terme grec smaragdos, devenu ultérieurement émeraude, emerald, esmeralda, ismurud, Smaragd, smeraldo, et zomorod, l'un des termes arabes anciens.

Tout d'abord, mefek-en-ma ou mefik-ma désignait dans l'Egypte ancienne toutes les pierres vertes (la turquoise du Sinaï est ainsi nommée mafkat) et aurait donné le sanskrit marakat qui, influencé par le nom du monstre Esmarak, serait devenu smarakata, d'où le terme grec.

Ensuite, le vieux terme sanskrit acmagarbha, devenu mahabharata, se serait transformé en marakata d'une part, d'où le terme grec, et en barrakta d'autre part, d'où l'hébreu bareket et le second terme arabe ancien zabargad qui, en réalité, désignait sans doute le péridot (de couleur verte) de l'île de Zabargad en mer Rouge (les émeraudes des croisés offertes à l'Eglise au temps des croisades sont presque toujours des péridots). 

Enfin, les hellénistes considèrent que marmarusso, briller, a donné d'une part marmaros, le marbre, pierre brillante, et d'autre part smaragdos, pierre verte brillante, terme qui se superpose à bêrullos, directement transcrit de l'Orient où il désignait une pierre brillante. Cette redondance rend bien compte de la connaissance prêtée à Théophraste (372-287) et à Pline l'Ancien (23-79) de l'identité du béryl et de l'émeraude.

Histoire de l'émeraude

En réalité, Pline distingue douze sortes d'émeraudes :

- Trois d'entre elles sont de qualité supérieure (celles de Scythie, Autriche, Oural, de Bactriane, Afghanistan, des gîtes de Haute-Egypte).

- Les neuf autres sont associées à des gîtes de cuivre (celles de Chypre, d'Ethiopie, d'Hermès, de Perse, de Thorique en Attique, de Médie, de Chalcédoine, du mont Taygète en Laconie, de Sicile : malachite, chrysocole, turquoise, jaspe vert, smithsonite, marbre vert, etc.). Il y joint le tanos et la chalcosmaragdos (turquoise et malachite parsemée de sulfure de cuivre), et place à part le beryllus importé de l'Inde, cristal pour lequel il signale la forme hexagonale.

Les auteurs du Moyen Age reprennent cette nomenclature. C'est au XVIe siècle seulement que commence à être soupçonnée l'identité du béryl et de l'émeraude, dont des prismes viennent d'être découverts au Nouveau Monde. Il faudra attendre, pour démontrer leur identité, les travaux de N. L.Vauquelin, qui, en 1797, met en évidence une nouvelle « terre », la glucine, dans ces deux minéraux considérés auparavant comme des silicoaluminates de calcium. Le terme béryllium, introduit par l'Allemand Link, a depuis remplacé celui de glucinium. Le terme émeraude s'est alors imposé temporairement pour désigner toute la famille des béryls : « Les pierres précieuses qui se rapportent à cette espèce (émeraude) sont l'émeraude dite du Pérou et le béryl ou aigue-marine » (R. J. Haùy, 1817).

Symboles et vertus de l'émeraude

Ésotérisme lié à l'émeraude

C'est aux pierres de couleur verte qu'il faut attribuer les symboles et les vertus prêtées à l'émeraude. Le vert qui rappelle le renouveau du printemps et l'espoir des récoltes symbolise l'espérance dans les régions semi-arides du pourtour méditerranéen. L'émeraude est donc censé protéger :

- Le mariage,
- Conférer la fertilité,
- Aider aux accouchements,
- Soigner l'épilepsie et les dépressions nerveuses,
- Combattre les poisons,
- Garder en bonne santé,
- Protéger le voyageur,
- Donner l'éloquence à l'orateur,
- Apporter le fortune...

L'émeraude accentue encore chez les anciens Égyptiens ce même symbole d'immortalité que représente déjà le scarabée (souvent sculpté en amazonite). Symbole d'amour, elle était à Rome l'attribut de Vesta et de Vénus.

Symbole d'espoir et de vie éternelle, la couleur verte est choisie comme emblème par l'islam, et l'émeraude orne naturellement les tiares papales. Lors du sacre de Napoléon Ier, le pape Pie VII passa au doigt de l'empereur une chevalière ornée d'une émeraude, seul insigne assurant un lien entre l'empereur et l'Eglise.

Religion liée à l'émeraude

Symbole d'espoir et de vie éternelle, la couleur verte est choisie par l'islam. L'émeraude, bien naturellement, orne tiares papales. Lors du sacre de Napoléon Ier, le pape Pie VII passa au doigt de l'empereur une chevalière ornée d'une émeraude, seul insigne assurant un lien entre l'empereur et l'église.

Propriétés physiques de l'émeraude

Qualité de l'émeraude

Les propriétés optiques et mécaniques de l'émeraude se situent dans la moyenne de celles du béryl. On retiendra également sa fragilité relative due notamment aux inclusions. Cet ensemble de caractéristiques souligne combien seule sa couleur rend l'émeraude recherchée et donc précieuse.

Couleur de l'émeraude

La couleur verte si appréciée de l'émeraude est attribuée à une substitution partielle (moins de 1,5 %) des ions aluminium de la structure cristalline béryl par des ions chrome, élément que N. L.Vauquelin y découvrit en 1797. Cependant, placé dans les mêmes conditions, l'ion vanadium trivalent, mis en évidence par K. M. Goldschmidt en 1919, peut aussi contribuer à cette couleur : tel est le cas de certaines émeraudes brésiliennes, essentiellement vanadifères (puisqu'elles ne contiennent que quelques dix-millièmes de chrome). La présence de chrome a été choisie comme critère objectif pour définir l'émeraude, afin de la différencier des aigues-marines verdâtres, dont la couleur, plus froide que celle de l'émeraude, est due à l'ion fer. Comme les bandes d'absorption lumineuse dans le visible sont pratiquement identiques pour les émeraudes chromifères et vanadifères, et que le chrome est un satellite du vanadium, il n'y a pas lieu de modifier la définition. Le ton de l'émeraude est évidemment influencé par la présence d'autres éléments à l'état de traces dans sa structure cristalline (fer, alcalins...) : aucune émeraude ne ressemble exactement à une autre.

Le chrome se manifeste par des lignes d'absorption (vers 680 nm*) plus ou moins visibles au spectroscope à main. La présence quasi constante de traces de fer dans toutes les émeraudes éteint leur fluorescence potentielle ; seuls de rares échantillons, particulièrement purs, provenant de Colombie, ont une légère fluorescence rouge. Les émeraudes synthétiques, en revanche, exhibent le plus souvent une fluorescence rouge assez marquée sous la lumière noire.

Dans le cristal d'émeraude, la couleur est généralement répartie selon des zones de croissance, parallèlement à l'allongement du prisme. Il arrive ainsi qu'un cœur cristallin pratiquement incolore soit entouré par une zone colorée. Dans ce cas extrême, le lapidaire devra obligatoirement se servir du pourtour du prisme pour constituer la culasse de la pierre taillée, la table étant alors parallèle à l'axe de symétrie 6 du cristal.

Dualité de l'émeraude

Un dichroïsme est perceptible dans l'émeraude, dont le rayon ordinaire porte un vert-jaune chaud et le rayon extraordinaire un vert-bleu plus froid. Ainsi, selon la position de la table par rapport à la direction de l'axe optique du cristal, la pierre paraîtra plus chaude ou plus froide. Les Latins préfèrent généralement les premières et les Anglo-Saxons les secondes. Le lapidaire ne fait cependant un tel choix que dans la mesure où les dimensions du prisme brut le permettent. Il cherche en effet le meilleur rendement en masse, si bien qu'un prisme allongé sera toujours taillé dans le sens bleu, un prisme court dans le sens jaune.

En première approximation, un négociant ne désigne d'ailleurs une émeraude que par cette sous-nuance et demande à son client s'il désire une émeraude bleue ou une émeraude jaune.

Il est fréquent que les émeraudes bleues soient taillées à degrés dans une forme rectangulaire aux angles coupés (taille émeraude classique), ce qui renforce encore la nature calme et paisible de la pierre et que les émeraudes jaunes soient taillées à facettes (souvent en forme de coussin), ce qui accentue leur chaleur.

Gisements d'émeraude

L'émeraude est un minéral assez peu fréquent, connu en divers lieux dans des schistes à biotite au voisinage d'intrusions hyperacides sources de béryllium, et à proximité de roches ultrabasiques (en particulier de serpentines), sources du nécessaire apport de chrome sans lequel la couleur verte ne pourrait apparaître : Autriche, Egypte, Oural, Zimbabwe, Transvaal, Brésil, Australie, etc.

Les émeraudes de Colombie, localisées dans un réseau de veines de calcite, associées à divers minéraux (dolomite, ankérite, fluorite, quartz, albite, pyrite et parisite), se rencontrent en revanche dans des conditions uniques. Il est vrai que la couverture végétale très dense et le relief difficile de ces régions ne facilitent pas les observations sur le terrain. La parisite, carbonate de terres rares, constitue un bon guide de prospection ; la puissance des filonnets, qui recoupent des calcaires noirs charbonneux riches en fossiles et des schistes, ne dépasse guère quelques centimètres, mais leur longueur peut atteindre la centaine de mètres.

Aucune altération hydrothermale, aucun métamorphisme régional n'ont été mis en évidence. Les pegmatites, connues dans la région, ne semblent pas avoir de relation visible avec les minéralisations en émeraude. Cependant, l'association émeraude-parisite-fluorite-albite laisse pressentir une origine profonde : l'existence d'intrusions granitiques fait supposer que des solutions hydrothermales sont vecteurs de ces minéraux. Aussi les lapidaires distinguent-ils d'une manière empirique, mais judicieuse, les émeraudes de micas et lesémeraudes de calcaires, caractérisées par leurs inclusions.

Formation de l'émeraude

Comme tout minéral, l'émeraude « piège » en effet durant sa formation d'une part des cristallites déjà formées autour d'elle, constituant sa paragenèse (du grec para, à côté de, et genesis, naissance), d'autre part des fractions du milieu ambiant (lacunes de cristallisation) ; elle peut de plus, tant que le filon est vivant (actif), réparer des fêlures subies in situ en assemblant leurs deux lèvres par cristallisation (givres de guérison). Les émeraudes de micas contiennent ainsi du mica, des trémolites-actinotes, des niobotantalates, etc., et des givres de guérison à eau et anhydride carbonique, tandis que les émeraudes de calcaires comportent de la pyrite, de la calcite, de la parisite, etc., et des givres de guérison à anhydride carbonique, saumure et sels alcalins...

Présents dans toutes les émeraudes, les givres de guérison évoquent une plantation en germination et sont fréquemment nommés « jardins de l'émeraude ». Les émeraudes trop riches en inclusions, tout juste translucides, sont taillées en cabochon pour laisser la lumière jouer au mieux de leur couleur.

Émeraude d'Égypte

 Situés à une centaine de kilomètres à l'est de l'île de Philae, sur le haut Nil, à proximité de la mer Rouge, dans les massifs du djebel Zabara et du djebel Sikait, ces gisements abandonnés dès le début de notre ère au moins, retrouvés en 1816 par l'explorateur français Frédéric Cailliaud, ne recèlent que des émeraudes de qualité médiocre : une remise en valeur tentée vers 1899 a échoué.

Émeraude des pharaons

Ce site a probablement été exploité par les pharaons, mais aussi, vraisemblablement, par les Indiens, dont une légende raconte comment Sesha, roi des serpents, avala la bile du démon Vala, fut attaqué par Garura, roi des oiseaux, et rejeta cette bile non loin de la mer, là où, depuis, se trouvent les émeraudes.

Émeraude d'Autriche

Montagne des verts joyaux ou émeraudes des Scythes

 Sous l'Empire romain, déjà, des expéditions furent entreprises pour découvrir ce que les Celtes nommaient « la montagne des verts joyaux », qui pourrait être le gîte des « émeraudes des Scythes » de Pline. Situé à 2 100 m d'altitude, à 70 km au sud-ouest de Salzbourg, près du ravin de Legbach, ce gîte fut pratiquement la seule source d'émeraudes pour l'Occident chrétien jusqu'à la conquête de l'Amérique du Sud. Exploité au Moyen Age, sous l'autorité de l'archevêque de Salzbourg, puis au XVIIe siècle sous celle du duc de Bavière, il fut donné en concession, au XIXe siècle, au joaillier viennois Samuel Goldsmith, à la mort duquel, en 1871, il fut presque abandonné. Quelques travaux eurent lieu de 1896 à 1913, puis de 1932 à 1939. Il est encore visité par des collectionneurs.

Émeraude de l'Oural

Emeraude de Russie

La véritable découverte d'émeraudes en Russie, àTakowaja, à 45 km au nord-est d'Ekaterinbourg, ne date que de 1830. C'est un charbonnier, Maxime Kochevnikov, qui les aurait trouvées entre les racines d'un arbre arraché par la tempête. Prévenu, Kokavine, directeur des ateliers lapidaires impériaux d'Ekaterinbourg, entreprit des recherches et, dès 1832, une émeraude taillée dans un cristal provenant de ce gisement, et pesant 101,25 carats, put être présentée à la tsarine. Une variété de chrysobéryl, l'alexandrite, fut extraite de ce même gisement, le jour de la majorité du tsarévitch Alexandre. Exploités d'abord en carrières, puis en mines souterraines, les gîtes de l'Oural ont produit, en un siècle, plus de 16 t de cristaux, souvent de très bonne qualité.

Les émeraudes de Russie dont de nombreux auteurs font état (Haûy en 1817, par exemple), pourraient être quelques cristaux ramassés en Oural çà et là, sans que ces trouvailles aient été suivies de recherches (comme ce fut le cas pour le diamant avant la Seconde Guerre mondiale).

Émeraude d'Inde et du Pakistan

Aucun gisement d'émeraude n'était connu autrefois dans le sous-continent indien. Elle était cependant travaillée par les lapidaires locaux depuis longtemps ; peut-être provenait-elle des gîtes d'Afghanistan, la Bactriane de l'Antiquité ? La Turquie exporta en Inde de grandes quantités d'émeraudes colombiennes, si bien que de vieux lapidaires indiens situent encore en Turquie les gisements d'émeraudes qu'ils travaillent...

Émeraude d'Inde

Le premier indice, associé à un schiste à biotite, fut découvert en 1943, à Kaliguman, dans la région d'Udaipur (Rajasthan) ; de petites exploitations existent depuis 1945 à Bubani, Gumgurha, depuis 1947 à Rajgarh, etc.

Émeraude du Pakistan

Au Pakistan, la mine de Mingaora, découverte à partir d'échantillons trouvés dans le lit de la Swat, est exploitée depuis 1958. D'autres indices sont connus dans la région de Chitral et près de la frontière afghane. Les cristaux y sont limpides, de belle couleur, mais petits.

Émeraude d'Afrique du Sud

Le continent africain est devenu, depuis 1925 et surtout vers 1950, un grand producteur d'émeraudes de bonne qualité. Parmi ses pays, on compte l'Afrique du Sud.

Émeraude du Transvaal

Découvertes en 1927 au nord-est du Transvaal, dans la région de Leysdorp, les émeraudes sud-africaines ont été exploitées depuis d'une manière sporadique. Seules les mines de Gravelotte et de Germania Hills sont aujourd'hui en activité et fournissent des pierres de qualité moyenne, distribuées par la Compagnie des émeraudes de Gravelotte et la Compagnie des émeraudes Cobra (du nom d'une des collines Germania). Ces dernières comportent souvent de nombreuses inclusions noires et dorées de colombotantalite qui leur donnent un aspect très particulier.

Émeraude du Zimbabwe

Le gisement de Sandawana, découvert en 1956, à 120 km au sud-ouest de Fort Victoria, est le plus intéressant de tous les gîtes rhodésiens, tant par son importance que par la qualité de ses émeraudes, très vives et d'un ton très chaud, mais de petites dimensions. Aussi, les pierres taillées ne dépassent guère 3 carats. Souvent riches en inclusions aciculaires de trémolite, ces émeraudes peuvent alors s'égriser facilement et sont parfois difficiles à sertir.

Émeraude du Nigeria

Dès 1984, des émeraudes ont été signalées dans la région de Jos au nord du Nigeria, qui seraient plutôt des aigues-marines vertes.

Émeraude de Tanzanie

Depuis 1969, l'émeraude a été rencontrée, associée à l'alexandrite près du lac Manyara, au sud des sources chaudes de Moji Moto, dans des conditions de gisement remarquablement identiques à celles d'Oural. Taillée, elle est indifférenciable de l'émeraude d'Oural.

Émeraude de Zambie

Découverte en 1931, étudiée en 1962 et en 1973, la mine de Miku se situe sur la rivière du même nom, à 48 km à l'ouest de Ndola. En exploitation depuis 1978, elle produit des cristaux d'émeraude bien développés, atteignant parfois 130 carats, propres et de belle couleur. La Zambie est devenue l'un des plus grands producteurs d'émeraudes.

Émeraude du Mozambique

Dans la région de Morrua, à 200 km au sud-est de Nampula, des émeraudes gemmes, quoique givreuses, ont été décelées vers 1972 au contact d'une intrusion pegmatique dans des schistes.

Émeraude de Madagascar

Les gîtes d'Ambodibonary et d'Ambodibakoly, situés à 300 km au sud d'Antananarivo, près de Fianarantsou, ont été mis en évidence vers 1982. Les émeraudes ressemblent à celles de Zambie dont Madagascar est géologiquement proche. La production des émeraudes malgaches se développe en dépit des difficultés internes du pays.

Émeraude d'Australie

Deux petits gisements mis en évidence par des prospections pour la cassitérite ont été exploités d'une manière artisanale : celui d'Emmaville (Nouvelle-Galles du Sud) en 1890, et celui de Poona (Ouest australien) en 1909. Le gîte de Pilbara, à 100 km au sud de Port Hedland (Ouest australien) est exploité depuis 1950. Une usine d'émeraudes synthétiques utilise abusivement le nom de Poona.

Émeraude du Brésil

Confution avec les tourmalines vertes

Dès la conquête, les Portugais parlèrent d'émeraudes du Brésil, mais c'étaient en réalité des tourmalines vertes. Longtemps appliquée aux tourmalines, la dénomination émeraudes du Brésil, a ensuite contribué à déprécier les véritables émeraudes brésiliennes.

Vrais émeraudes découvertes à partir de 1913

Les premières vraies émeraudes ont été rencontrées en 1913, près de Bom Jésus das Meiras (aujourd'hui Brumado), dans l'État de Bahia, dans la serra das Éguas, au lieu-dit Pirajâ. Cette zone, siège aujourd'hui de l'un des plus gros gîtes de magnésite du monde, n'a jamais fait l'objet de recherches pour les émeraudes, dont les quelques échantillons connus ne sont, pour l'instant, que des spécimens de collectionneurs.

C'est à partir de 1962, au nord de l'État de Bahia, sur les rives du rio Sào Francisco, que furent exploitées les émeraudes de Salininha, et c'est à cette occasion qu'elles furent reconnues comme telles, malgré leur faible teneur en chrome (0,03 %) par rapport à leur teneur en vanadium (0,15 %). D'ailleurs la mauvaise qualité des gemmes ne les favorisa guère, 0,3 % seulement des cristaux étant utilisable.

Depuis 1965, la région de Carnaiba, à 30 km au sud-ouest de Campo Formoso, dans le même État, livre quelques beaux cristaux souvent associés à de la molybdénite : la découverte a provoqué une véritable ruée des garimpeiros (petits prospecteurs) dans la serra de Jacobina, mais la qualité des pierres extraites reste médiocre.

En 1981, un nouveau gisement très important fut fortuitement découvert lors de travaux de terrassement à Santa Terezinha, dans l'État de Goiâs, occasionnant là encore une véritable ruée vers le bambouro (trésor de pierres précieuses en langue brésilienne). N'a-t-on pas dit que les enfants du village alimentaient leurs frondes avec des cristaux d'émeraudes ? Les émeraudes taillées sont petites (2 à 3 carats), mais de belle qualité, malgré des inclusions* abondantes de talc, de chromite, et surtout de pyrite.

Un autre indice a abouti à une exploitation près de Belo Horizonte, au lieu-dit Itabira, lequel est prolongé par le gîte de Nova Era. Un gisement où l'émeraude est associée à la phénacite a été rencontré près de Campo Formoso (Socotô), dans l'État de Bahia, et un autre à Tauâ dans l'État de Cearâ.

Le Brésil est devenu le premier producteur mondial d'émeraudes, du moins en poids.

Émeraude de Colombie

Les plus célèbres et les plus riches gisements d'émeraudes du monde étaient exploités bien avant l'arrivée des Espagnols.

La Colombie est le producteur mondial le plus important en valeur.

La conquête de l'émeraude

Au début de la conquête, les émeraudes fournies par l'explorateur Pedro Arias de Âvila (1440-1531) étaient censées provenir du Pérou. L'emplacement exact des gisements fut caché aux envahisseurs, qui le découvrirent soit par la force, soit fortuitement. Le frère Reginaldo de Pedraza, confondant dureté et ténacité, engageait les soldats à vérifier l'authenticité des émeraudes en les testant avec un marteau, auquel elles devaient résister : dans sa folie destructrice, la soldatesque espagnole fut encouragée par les prêtres indigènes, qui préféraient de beaucoup voir leurs émeraudes sacrées détruites plutôt que volées par les envahisseurs.

ÉmeraudeDécouverte en 1545, la mine de Chivor fut exploitée intensivement jusqu'en 1672, date à laquelle elle fut abandonnée au profit de Muzo, trouvée par hasard en 1594. La végétation luxuriante effaça alors toute trace des travaux entrepris à Chivor, que Francisco Restrepo redécouvrit en 1904, et où l'extraction reprit en 1911. Pendant la guerre de l'Indépendance (1819), l'exploitation des mines de Muzo fut confiée à un ami de Simon Bolivar, José Ignacio Paris.

En 1839, les premiers échantillons d'un carbonate de terres rares, nommé parisite en son honneur, y furent extraits.

En 1849, après une courte nationalisation, les mines furent confiées à des intérêts privés. En 1866, elles furent considérées comme propriété de la nation.

En 1961, la Banco de la Repûblica créa une nouvelle compagnie, la Empressa de Esmeraldas, qui contrôla et exploita toutes les mines d'émeraudes sous l'autorité du gouvernement. Mais un très grand nombre d'exploitations clandestines subsistent, et un grand désordre règne dans cette région livrée aux milices armées privées.

En 1975, l'exploitation s'accélère encore.

Dès 1977, à Muzo, 20 000 mineurs et plus de 30 bulldozers travaillent à un rythme effréné, ce qui risque d'épuiser le gisement à très court terme. Les exploitants profitent d'une situation qui leur est favorable, sans se préoccuper de l'avenir, car la peur d'un changement de politique, la précarité de leur position les incitent à une exploitation intensive.

Vers 1980-1981, la production de la mine de Chivor est telle qu'elle devient la plus forte du monde, mais son activité a bien décliné depuis. L'utilisation d'engins et l'abattage hydraulique entraînent un grand nombre de pierres dans la vallée du rio Itoco : ces déblais, riches en émeraudes, sont exploités par des contrebandiers de l'émeraude, les guaqueros, successeurs des pilleurs de tombes, dont plus de 20 000 vivent ainsi dans des conditions misérables au bord du fleuve, en recherchant par des moyens de fortune la pierre qui, peut-être, les rendra riches. La zone minéralisée forme un arc de cercle au nord-est de Bogota, de Gachalâ, à 60 km à l'est, jusqu'à Muzo et Coscuez, à 100 km au nord. Toute cette région, parcourue de toutes sortes d'aventuriers, est particulièrement dangereuse : en 1973, plus de 900 guaqueros furent tués lors d'un conflit à propos de primes, et les mines durent être fermées provisoirement.

Les filons de calcite, de couleur blanche, tranchent sur la masse sombre des calcaires noirs, ce qui guide les exploitants. Les cristaux obtenus sont parmi les meilleurs du monde, tant en dimension qu'en couleur. Il en existe évidemment de toutes sortes, et ce n'est pas la provenance colombienne d'une émeraude qui peut nécessairement en assurer la qualité.

Certains cristaux des mines de Muzo et de Peha Blanca rappellent, par leur aspect, le broyeur de canne à sucre ou de minerais, dit trapiche, utilisé en Amérique du Sud, d'où leur nom d'émeraude trapiche. Ces pierres, souvent nuageuses. résultat d'un phénomène de croissance particulier, sont constituées d'un prisme central hexagonal entouré de six prismes trapézoïdaux, cimentés entre eux par des zones carbonées à albite. Taillées en cabochons, ces émeraudes présentent six branches noires issues d'un hexagone ou d'un point central, ce qui fait penser à une étoile. Toutefois, nombre d'entre elles sont taillées en 7 pierres de petites dimensions, pesant souvent moins d'un carat* et utilisées dans des entourages de joaillerie.

Émeraude d'Afghanistan

 Dans les années 1970, de remarquables cristaux ont été rencontrés dans la vallée du Pandjchir au nord de Kaboul. Ces émeraudes se trouvent dans des filons quartzo-albitiques traversant des formations calcaires et schisteuses siluro-dévoniennes. Leur aspect rappelle beaucoup celui des émeraudes colombiennes. Malgré leur accès facile, ces gisements sont peu étudiés en raison de la situation troublée de ce pays.

Meen et Tushingam dans leur ouvrage sur le trésor de la Couronne d'Iran en rattachaient les émeraudes à celles extraites en Colombie en raison de la présence d'inclusions trois phases, caractéristiques des gisements colombiens. Ces inclusions sont aussi présentes dans les émeraudes afghanes : s'agirait-il des émeraudes de Bactriane, dont parlaient Théophraste et Pline ?

En 1985, une exceptionnelle découverte d'un cristal de 190,5 carats se produisit à Buzmal, région située à quelques kilomètres de la piste qui, par le col d'Anjuman, permet de rejoindre le nord de l'Afghanistan. Jusqu'à ce jour il n'y a eu aucune recherche pour localiser d'anciens travaux qui accréditeraient cette origine pour les émeraudes du Trésor de Téhéran, issu des pillages de Nader Chah en 1730 lors de sa conquête de l'Empire moghol.

Émeraudes célèbres

Il n'existe guère d'émeraudes célèbres attestées avant le XVIe siècle, époque à laquelle les conquistadores s'emparèrent du Nouveau Monde. Le Saint-Graal, à la quête duquel partirent les chevaliers du roi Arthur, était censé avoir été taillé dans une unique emeraude. Présenté par la reine de Saba au roi Salomon, utilisé par le Christ lors de la dernière Cène. Transféré par les croisés à Gênes, où douze notables le gardaient, et toujours conservé au trésor de la cathédrale Saint-Laurent, il était déjà considéré comme un verre antique au XVIe siècle, ce que confirmèrent les experts lors du transfert provisoire de cette relique à Paris par Napoléon Ier.

Le cadeau de Charlemagne

Charlemagne aurait donné, au début du IXe siècle, une énorme emeraude à l'abbaye bénédictine de Reichenau, près de Constance, mais c'était en réalité une fluorine verte de 12,9 kg.

La crosse sertie d'une émeraude du pape Alexandre III

Une histoire malicieuse est prêtée à Léonard de Vinci, selon laquelle le pape Alexandre III aurait, à la fin du XVe siècle, fait sertir sur sa crosse une emeraude gravée d'une Vénus callipyge, qu'il pressait sur ses lèvres chaque fois qu'il baisait sa crosse.

Les Émeraudes d'Hernân Cortés puis de Charles Quint

C'est au Nouveau Monde que les Espagnols découvrirent les émeraudes. En 1519, Hernân Cortés reçut en présent du souverain aztèque Moctezuma un bloc de calcaire couvert de cristaux d'émeraudes de plusieurs centimètres de longueur, extraordinaire échantillon que les Aztèques émerveillés par sa beauté avaient conservé en l'état. Devenu propriété de Charles Quint, il fut offert en 1900 au Naturhistorisches Muséum de Vienne par François-Joseph.

Cependant, Cortés avait gardé des pierreries après le sac de Tenochtitlân (actuelle Mexico) en juillet-août 1521, et notamment cinq émeraudes, qu'il fit sculpter par des lapidaires aztèques, l'une en forme de rose, une autre en cor de chasse, une autre en poisson orné d'yeux en or, une autre en cloche dont le battant était une perle noire, et la dernière en forme de coupe munie d'un pied en or, avec quatre chaînettes la reliant à une grosse perle ; la devise en latin « nul homme plus grand ne naquit d'une femme », qui y était gravée se rapportait peut-être au Christ. Lorsque Cortés revint en Espagne en 1527, ces émeraudes furent convoitées par la souveraine Isabelle de Portugal, femme de Charles Quint. Néanmoins, Cortés les destinait à sa seconde épouse, dona Juana de Zûniga, comme cadeau de fiançailles. En 1541, ses précieuses émeraudes ne le quittait plus jamais, et il les perdit lors d'un naufrage devant Alger.

Couronne des Andes

Pillage des temples Incas

En Amérique du Sud aussi les Espagnols pillèrent les temples et leurs nombreuses émeraudes : Francisco Pizarro anéantit l'Empire inca, mettant à mort, le 29 août 1533, l'Inca Atahualpa, malgré la rançon versée (une pièce de 22 pieds sur 17 emplie d'or jusqu'à 7 pieds de haut)

Émeraude, signe de souveraineté

Au temps de sa splendeur, l'Inca (c'est-à-dire le Seigneur) portait l'émeraude en signe de souveraineté, et ses vassaux lui versaient tribut en émeraudes. Selon une tradition du temps de la conquête, les tribus de la vallée de Manta, au Pérou, adoraient « la reine des émeraudes », magnifique cristal « plus gros qu'un œuf d'autruche », à qui elles confiaient ses « filles » — c'est-à-dire d'autres émeraudes ; mais les prêtres cachèrent tout à l'arrivée des Espagnols et rien ne fut jamais retrouvé.

Gonzalo Jiménez de Quesada

Toujours à la recherche d'or et d'émeraudes, les conquistadores conduits par Gonzalo Jiménez de Quesada à travers l'actuelle Colombie s'emparèrent en 1537 d'une petite partie oubliée du trésor du roi Tanja, soit 1815 émeraudes, puis ils marchèrent sur le Bogota. C'était lui l'El Dorado, l'homme d'or décrit par Belalcâzar, second de Pizarro. L'El Dorado accédait au pouvoir après avoir reproduit la carrière du soleil. Noviciat de cinq années dans l'obscurité des temples, puis sortie triomphale, uniquement habillé d'un enduit total de poussière d'or, navigation symbolique sur les eaux du lac Titicaca (identifié avec le « lac de graisse »,Viracocha, dieu créateur et nourricier, en langue quechua du XVIe siècle), enfin plongée dans le lac, où il abandonnait son enduit doré, tandis qu'y étaient jetés en offrande émeraudes et grains d'or. Quesada fondait Santa Fe de Bogota en 1538, marquant la fin de la civilisation chibcha, dont il ne reste que les émouvants souvenirs d'or et d'émeraudes du musée de l'Or de Bogota (Colombie).

Les pilleurs de tombes d'émeraude

La soldatesque espagnole se transforma vite en guaqueros, c'est-à-dire en pilleurs de tombes (du quechua huaca, devenu guaca en créole, désignant le cairn où étaient déposées les offrandes aux défunts, enterrés avec leurs bijoux). Les tombes profanées livrèrent d'immenses quantités d'émeraudes et d'or, si bien que cette région, dite officiellement Nouvelle-Grenade, fut surnommée la Castille d'or. Le site de Chivor était découvert parValenzuela dès 1545 ; en 1555, les mines étaient activement exploitées, à l'aide d'une main-d'œuvre locale si sauvagement traitée que les autorités de la mère patrie elle-même durent intervenir.

Émeraudes dans les cours princières

Les cristaux d'émeraude se répandirent dans les cours princières européennes, et servirent de support à maintes sculptures. En 1642, par exemple, Denis Miseroni, l'un des membres de cette célèbre dynastie de graveurs milanais des XVIe et XVIIe siècles, réalisa, dans un cristal d'émeraude, un flacon à parfum, haut de 10 cm, pesant 2 680 carats, conservé au Kunsthistorisches Muséum de Vienne (Autriche).

Les princes de l'Orient s'intéressèrent immédiatement aux émeraudes de Colombie. Exportées aux Indes par le canal de la Turquie, nombre d'entre elles gagnèrent les trésors des maharajahs. Certains en faisaient des talismans : ainsi le souverain moghol de Delhi possédait une émeraude de 78 carats où était gravée une inscription signifiant « celui qui possède ce talisman jouit de la protection particulière de Dieu ».

Le trésor d'Iran

De nombreuses émeraudes furent pillées lors du sac de Delhi par le souverain perse Nader Chah en 1739, et constituent encore de nos jours le fonds du Trésor d'Iran. Des centaines d'émeraudes de plus de 100 carats s'y trouvent serties sur des bijoux, des armes, divers objets dont l'un des plus extraordinaires est probablement le grand globe terrestre d'un diamètre de 45 cm, haut de 108 cm avec son support, entièrement recouvert de pierres précieuses, où les émeraudes représentent les mers et les fleuves.

Le poignard du Musée de Topkapi à Istanbul

Le poignard du Musée de Topkapi à IstanbulEn Turquie, le trésor du musée de Topkapi, à Istanbul, somme des butins pris essentiellement à l'Egypte par le sultan Selim Ier en 1517, est célèbre pour ses émeraudes, et notamment pour le poignard à la poignée ornée de trois cabochons d'émeraude de 3 à 4 cm de diamètre, actuel emblème du musée, popularisé par un film. Il devait être offert, en 1747, à Nader Chah par le sultan Mahmud Ier, mais suite à l'assassinat de Nader, il revint à Istanbul. Le tsar de Russie possédait évidemment de belles emeraudes, aujourd'hui conservées au Fonds diamantaire de Russie.

Collier de la liberté

Lié à l'indépendance américaine, le collier de la Liberté appartenait en 1777 à une ravissante comtesse polonaise, amie d'un gentilhomme polonais combattant sous La Fayette aux côtés des insurgents américains. Apprenant la prise de Philadelphie par Howe le 26 septembre 1777, alors qu'elle se rendait à un bal masqué, elle fut si inquiète qu'elle se rendit incontinent chez Benjamin Franklin. Rassurée sur le sort du chevalier, elle en fut si heureuse qu'elle détacha sa parure d'émeraudes et la lui offrit disant : «Voici 13 emeraudes carrées et 13 emeraudes en poire, une pour chacune des 13 colonies. Je vous en supplie, acceptez ce bijou au nom de la liberté. » Placé chez des banquiers français, le collier de la Liberté réapparut en 1850 au mont-de-piété, d'où nul ne le dégagea ; il fait actuellement partie de la collection du joaillier Van Cleef et Arpels.

Au nombre des plus gros cristaux d'émeraude se trouveraient ceux du musée de Topkapi, l'un de 3260gr, l'autre de 1310gr, dont la nature est toutefois contestée : ce seraient des verres vénitiens fabriqués à la Renaissance.

Autres émeraudes célèbres

Actuellement, les plus belles emeraudes sont certainement :

- Celle du duc de Devonshire à Londres, prisme hexagonal de 5 cm de diamètre sur 6 cm de hauteur, pesant 1 384 carats, provenant de Muzo (Colombie),
- Celle du musée d'histoire naturelle de New York, dite Patricia en l'honneur de saint Patrick, patron de l'Irlande (île d'émeraude), trouvée en 1921 à Chivor, mesurant 8 cm sur 5,5 cm et pesant 632 carats,
- Celle qui fut donnée par le célèbre joaillier Harry Winston de New York à la Smithsonian Institution de "Washington, cristal provenant de Gachalâ (5 cm de diamètre, 858 carats).
- Un cristal vert sombre de l'Oural, de 2 800 carats, conservé au musée d'histoire naturelle de New York,
- Un cristal de 6 000 carats environ (1,2 kg), trouvé en 1969 à la mine de Très Cruces, le plus gros découvert en Colombie et conservé à la Banco de la Repûblica à Bogota.

Traitements de l'émeraude

Coloriage de l'émeraude

Les emeraudes trop pâles sont parfois enduites sur leur culasse d'un colorant vert. Ce coloriage fut fréquent dans les bijoux du XIXe siècle, notamment en Russie.

Huilage de l'émeraude

Pour éviter les ruptures lors de la taille d'une émeraude givreuse, les lapidaires ont l'habitude de nourrir ce cristal fêlé avec de l'huile incolore (huile de santal, d'amande douce, etc.), ce qui, accessoirement, diminue très sensiblement la visibilité de ces givres. Cette coutume est déjà attestée au Xe siècle par André, évêque de Césarée, qui écrivait : « L'émeraude est nourrie avec de l'huile afin que sa transparence et sa beauté ne puissent se modifier ; cette gemme est l'attribut de Jean l'Évangéliste, car il absolvait les âmes abattues par le péché à l'aide d'une huile divine. » Pratique liée à la taille, l'huilage incolore est admis par la CIBJO.

Toutefois, si l'huile a été introduite à force, sous pression (et non par simple capillarité à pression normale), elle a tendance à s'échapper des givres et dans ce cas l'émeraude redevient laiteuse en quelques semaines.

Teinture de l'émeraude

Les emeraudes pâles comportant des givres ouverts sont parfois trempées dans un bain de teinture verte qui pénètre les givres et renforce leur couleur. Une bonne observation permet de déceler cette fraude, qui se caractérise parfois par un spectre* d'absorption particulier et une vive fluorescence.

Plastification des givres

Depuis 1987, l'huilage traditionnel fait souvent place à un traitement par imprégnation de résine ou de plastique, parfois colorés, qui fragilise l'émeraude et rend difficile un repolissage. Le nettoyage ultérieur de ces emeraudes traitées est particulièrement délicat, voire impossible.

Émeraude synthétique

Procédé par dissolution anhydre

Dès 1848, J-J. Ebelmen, directeur de la manufacture de Sèvres, réussit à obtenir quelques petits cristaux d'émeraude synthétique. Mais, bien que de nombreux travaux se soient succédé, notamment ceux de P. G. Hautefeuille et A. J. Perrey qui obtinrent, en 1888, des cristaux de plus de 2 cm, aucune application commerciale ne vit réellement le jour avant un siècle. À la suite des travaux de Nacken, quelques emeraudes synthétiques fabriquées par dissolution anhydre furent commercialisées en 1938 par la société allemande I. G. Farben, mais la guerre de 1939-1945 écourta cette expérience.

C'est à partir de 1948, à San Francisco, que Carroll Chatham mit définitivement au point une méthode industrielle de cristallisation dans un sel alcalin fondu à sec. Dès 1949, il produisit 50 000 carats* par an, dont un dixième de qualité gemme. Commercialisées d'abord sur le marché américain, plus tard sur le marché européen, les emeraudes synthétiques, eurent du succès et suscitèrent des émules : en 1963, W. Zerfass en Allemagne et Pierre Gilson en France débutèrent une production commerciale basée sur le même principe ; ils furent suivis en 1971-1975 par des industriels japonais : Y. Ariho et K. Kunitomi. Depuis 1985, la Russie et la Chine sont également des producteurs non négligeables. Quelques cristaux ont aussi été fabriqués artisanalement ici et là (Lennix à Cannes par exemple dans la décennie 1980).

Procédé par dissolution hydrothermale

 En 1960, Johann Lechleitner mettait au point un enrobage de cristaux d'aigue-marine prétaillés par du béryl synthétique chromifère déposé par voie hydrothermale, puis une croissance hydrothermale d'émeraude synthétique entre des lames de béryl parallèles, ainsi soudées en « émeraudes synthétiques sandwich ».Vendus sous le nom de Emerita et de Symerald, ces produits n'eurent que peu de succès.

Réétudié par la société américaine Union Carbide (division Linde), spécialiste de la fabrication de quartz synthétique, ce procédé lui permit de commercialiser de l'émeraude synthétique hydrothermale à partir de 1964. La société Linde cessa cette activité en 1978, mais vendit brevet et matériel à la société Regency qui, depuis, fabrique et distribue cette production.

Depuis 1980, de nombreuses émeraudes synthétiques japonaises fabriquées par la firme Kyocera sont commercialisées par CrescentVert et Inamori ; la firme Seiko en fabrique et en distribue aussi.

Divers autres producteurs d'émeraudes synthétiques hydrothermales sont en activité depuis 1982, notamment en Australie (Biron, Pool), en Russie et en Chine.

Mise en évidence des émeraudes synthétiques

Outre leur couleur assez stéréotypée, les émeraudes synthétiques étaient en général moins denses (2,65 -2,71) et moins réfringentes (indices de réfraction ordinaire de 1,562 à 1,586, extraordinaire de 1,559 à 1,580, biréfringence de 0,003 à 0,007) que les émeraudes naturelles, et exhibaient souvent une fluorescence rouge sous la lumière noire. Depuis 1985, les constantes physiques et l'absence de fluorescence des émeraudes synthétiques sont similaires à celles des émeraudes naturelles, mais leurs inclusions et leur texture particulière sont caractéristiques.

Imitations de l'émeraude

L'émeraude a été imitée de tout temps, tout d'abord à l'aide de verres verts. Démocrite de Thrace était déjà célèbre au Ve siècle avant notre ère pour ses imitations d'émeraudes en verre. De nombreuses recettes de fabrication de verre sont publiées à partir du XVIe siècle et ce matériau est encore aujourd'hui fréquemment utilisé en bijouterie fantaisie.

Des assemblages de pierres et d'imitations, appelés doublets, semblent avoir été effectués dès le XVIe siècle. Ce sont notamment des doublets quartz-verre vert-quartz et des doublets grenat-verre vert, jusqu'à la fin du XIXe siècle. Vers 1900,1e doublet formé d'une couronne en cristal de roche, adhérant à l'aide d'une glu verte à une culasse en cristal de roche givré pour imiter les jardins, est plus spécialement employé. Puis de multiples imitations ont été réalisées sur le même principe : doublets spinelle synthétique-glu verte-spinelle synthétique, doublets béryl-glu verte-béryl, doublets béryl-glu verte-tourmaline (commercialisés sous le nom de Smaryl), doublets constitués d'une émeraude très pâle, sciée dans le plan du feuilletis et réassemblée au moyen d'une glu verte.

Du quartz cristal de roche chaud, dont la pointe de culasse est brusquement trempée dans un bain coloré froid, se fêle et les fractures s'emplissent de colorant vert, ce qui fait penser à une émeraude pâle. Ce type de technique de « quartz rubassé vert » est encore aujourd'hui utilisé, mais avec un emplissage de plastique vert.

Divers cristaux synthétiques de couleur verte ont été, avec peu de succès, utilisés comme substituts de l'émeraude, notamment le YAG.

Gemmes d'aspect similaire à l'émeraude

De nombreuses gemmes de couleur verte peuvent évoquer l'émeraude. Les ouvrages publiés au début du siècle mentionnent sous le nom d'« émeraudes de... » d'innombrables pierres vertes. Les pierres fines et ornementales les plus convaincantes sont : les tourmalines chromifères de Tanzanie, les tourmalines vertes diverses, les jades, la chrysoprase, l'hiddénite, la dioptase, le péridot, la tsavorite, le saphir vert, le zircon, le démantoïde, l'apatite.

Livres sur l'émeraude

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