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L'aventure des courtiers en pierres précieuses

7 février 2014 2196 Views

Dans le domaine des pierres précieuses, comme dans d’autres, il est des experts, à l’affût de belle découvertes, qui savent remarquer, parmi des lots importants de pierres tout juste extraites du sol, la pièce exceptionnelle qui ira enrichir tel trésor royal ou, mieux encore, deviendra la pièce de choix d’un musée.

Jean Baptiste Tavernier

Jean-Baptiste TavernierJean Baptiste Tavernier (1605-1698) fut l’un d’eux. Fils d’un marchand de cartes géographiques d’Anvers réfugié en France, il se découvrit à travers la profession de son père un goût passionné pour les voyages. Dès l’âge de 22 ans, il connaissait la plus grande partir de l’Europe. En 1632, il partit pour l’Orient, se joignit à une caravane, arriva à Ispahan et commença à acheter, en perse, des étoffes et des pierres précieuses pour les revendre en France. Il épousa la même année, la fille d’un joaillier et sut estimer les pierres précieuses à leur juste valeur. Il entreprit encore de nombreux voyages en Perse, aux Indes, à Sumatra, etc…, et amassa une immense fortune. En 1668, il vendit à Louis XIV, pour 898 731 livres, des joyaux parmi lesquels le fameux Diamant bleu. Le roi l’anoblit pour services rendus, et, plus particulièrement , pour le remercier des informations rapportées de ses voyages dans un monde peu connu. Vivant sur un grand pied, il se ruina rapidement et dut quitter le France, après la révocation de l’Edit de Nantes.

L’électeur de Brandebourg nomma Jean baptiste Tavernier directeur d’une compagnie commerciale aux Indes ; il accepta et reprit le chemin de l’Asie. Mais il contracta une mauvaise grippe en descendant la Volga et mourut en 1689, à l’âge de 84 ans. Ses récits sur la Perse du chah Abbas II (1633-1667) font toujours autorité ; longtemps considéré comme un simple marchand, il a cependant laissé des documents exceptionnels sur cette région du monde alors presque inconnue des Européens. Il demeure l’un des plus grands experts en pierres précieuses.

Harry Winston

Plus près de nous, Harry Winston (1896-1978) fut surnommé le Tavernier du XXe siècle. Né à New York, il étudia  la joaillerie dès l’âge de 15 ans à Los Angeles où son père tenait un tel commerce. Puis il fonda une petite société à New York, établissant d’excellentes relations avec les banquiers, réussissant à se faire adopter par la très fermée société new-yorkaise. Il fut le négociant en diamants le plus important de son époque et passa sa vie à voyager autour du monde, afin de découvrir des gemmes célèbres ou des diamants bruts dans lesquels il décelait de futures merveilles.

 

Spécialiste des grosses pierres précieuses

Devenu spécialiste des pierres importantes, Winston fit tailler les diamants les plus gros tels le Jonker (125,35 carats) issu avec 12 autres pierres d’un diamant brut de 726,60 carats, le Star of Independence en forme de poire de 75,52 carats, blanc exceptionnel et pur, issu d’un brut de 204,10 carats, ainsi baptisé en 1975 en l’honneur du bicentenaire des Etats Unis et vendu pour 4 000 000 de dollars dès la semaine où la taille fut achevée ;

 

En 1938, fut découvert dans l’Etat de Minas Gerais, au Brésil, un diamant brut de 726,60 carats, nommé Vargas en l’honneur du président du brésil alors en exercice, qu’il acheta en 1939, après bien des péripéties, pour la somme de 600 000 dollars et dans lequel fut taillés 29 pierres, dont l’une de 48,26 carats, l’actuel Vargas, retaillé à 44,17 carats en 1958 pour le rendre pur.


En 1953, ce fut l’achat d’une pierre brute de 154,50 carats en provenance de l’Afrique du Sud, dont Harry Winston tira une poire de 62,05 carats, le Winston, cédé au roi d’Arabie Saoudite qui le lui rendit en 1960 ; il retailla alors le Winston à 61,80 carats pour l’apparier avec le diamant poire de 58,60 carats dit Louis XIV ; ces deux pierres, montées en boucles d’oreilles en 1953 pour Mme Eleanor Loder, furent finalement revendues en 1981 à Genève pour 7 300 000 dollars ;

 

En 1972, il fit tailler l’un des plus gros diamants bruts jamais découverts, de 968,90 carats, en provenance de la mine Dimico en Sierra Leone ; l’Etoile de la Sierra Leone qui en fut tiré était une émeraude de 143,20 carats qui fut réduite à 35,52 carats afin d’obtenir un diamant pur et blanc exceptionnel.


 En 1974, alors qu’il négociait avec Henri Oppenheimer, président du groupe De Beers, l’achat d’un lot de diamants bruts de 24 500 000 dollars, achat de brut jusqu’ici le plus important de l’histoire du diamant de joaillerie, réalisé en moins d’une minute, Winston demanda quelque chose pour adoucir le marché comme c’est d’usage : Oppenheimer sortit alors de sa poche un diamant brut de 180,80 carats et le fit rouler sur la table :  Winston le saisit et dit simplement : « Merci .» Cinq diamants en furent tirés : le plus grand, une taille émeraude de 45,31 carats, fut baptisé pour la circonstance The Deal Sweetener (la sucrerie).

 

Winston acheta aussi des diamants historiques comme la Briolette des Indes (90,38 carats, l’Oeil de l’Idole (70,20 carats) ou le très célèbre Diamant Bleu dit aussi Hope (45,52 carats) dont il devint propriétaire en avril 1949, avec un ensemble de 73 autres joyaux appartenant à Mrs MacLean décédée le 26 avril 1947 ; cet ensemble (dont l’Etoile du Sud de 15,28 carats retaillée ultérieurement à 14,37 carats, le MacLean de 31 carats) lui fut cédé pour un million de dollars. Il offrit le Hope à la Smithsonian Institution de Washington en 1958.

Posted in: Pierres précieuses
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